France de jeunes et Allemagne de vieux !

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C'est la nouvelle thèse à la mode au sein du parti socialiste qui inspire le discours anti-allemand et anti-Merkel. Entre l'Allemagne et la France, on pourrait même dire entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud, les intérêts divergeraient de plus en plus parce que la démographie européenne est coupée en deux. En gros, comme l'a expliqué récemment Arnaud Montebourg devant une assemblée choisie - le dîner du Cercle de la Revue des deux mondes, présidé par Marc Ladreit de Lacharrière, le 25 avril dernier -, un nouveau mur serait en train de s'ériger en Europe, entre les pays jeunes et les pays vieux.

Le divorce croissant que l'on constate entre une Allemagne vieillissante tétanisée par la crainte d'une inflation, qui a besoin de taux d'intérêt élevés et d'une monnaie forte pour ses rentiers, et une France plus jeune et "méditerranéenne", qui a besoin de taux bas et d'une monnaie « faible » pour relever son industrie, serait le nouvel horizon irréconciliable de la politique européenne. Cela va bien plus loin que la critique de l'austérité, réelle en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie, encore largement supposée en France où, à part sur le plan fiscal, on cherche encore quelles mesures dures ont bien pu être prises par François Hollande depuis un an.

Ce nouveau discours, dont les arguments démographiques sont fondés - l'Allemagne elle-même reconnaît que la politique familiale est la seule vraie réussite du modèle français et constitue son principal échec - est intéressant. Mais il est aussi très caricatural et n'est guère opérant, sauf à en conclure un divorce inévitable à terme entre les deux pays, c'est-à-dire l'éclatement de l'euro par la sortie de l'un ou de l'autre des partenaires. Or, ni la France, ni l'Allemagne, qui fêtent cette année le cinquantième anniversaire du traité de l'Élysée, ne le souhaitent. L'avenir est plus constitué de ce qui nous rapproche que de ce qui nous divise.

François Hollande comme il l'a démontré lors de sa récente visite à Bruxelles et lors de sa conférence de presse, n'a pas fait sienne cette nouvelle doxa anti-allemande, qui ne change rien à la réalité française. Sa ligne, c'est au contraire d'amplifier la construction européenne avec l'Allemagne, à qui il a proposé une initiative menant à terme vers l'union politique, et qui commencera par un vrai gouvernement économique de la zone. De quoi dépasser le conflit démographique apparent entre les deux principales économies de l'union européenne.

Plutôt qu'à un divorce avec l'Allemagne, c'est à une explication de texte avec sa propre majorité que le chef de l'État est condamné pour les mois qui viennent. Dans son combat pour réorienter l'Europe, François Hollande a déjà remporté une victoire inattendue puisque Bruxelles vient de donner deux ans à la France pour revenir sous les 3 % du PIB de déficit. Un cadeau inespéré qui montre que la commission de Bruxelles n'est pas aussi stupide et bornée qu'on a bien voulu le dire, et que l'Allemagne de Merkel n'est ni intransigeante, ni égoïste. Elle est juste inquiète des retards français. Avec ce délai, le gouvernement Ayrault a tout le temps nécessaire pour prendre les mesures internes susceptibles de ranimer une croissance défaillante.

Prenons le dossier des retraites. Redonner aux Français de la visibilité à long terme sur ce sujet clé n'est-il pas le meilleur moyen de ramener la confiance qui fait défaut à un pays en grande dépression. Les entreprises se plaignent de manquer de prévisibilité du fait d'une politique fiscale et sociale qui change tout le temps. Mais pour les ménages, c'est la même chose. Qui peut dire sérieusement qu'une réforme des retraites est une contrainte imposée par le grand méchant marché, le grand méchant Bruxelles et la grande méchante Merkel. C'est bien au contraire une opportunité pour remettre à plat un problème que nous sommes l'un des rares pays à devoir remettre sur la table tous les cinq ans, voire moins (2003, 2008, 2010). Pourtant, comme on l'a évoqué plus haut, la France bénéficie dans ce domaine d'une démographie bien plus favorable que celle de l'Allemagne. Mais une telle réforme n'est possible que si la France résout en même temps son problème d'emploi. Tout est lié. Les déficits, ce sont d'abord et avant tout des déficits d'emplois. Remporter cette bataille, comme l'Allemagne a su le faire avant nous, est le seul combat qui compte. Reste à s'en donner vraiment les moyens.

 

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Commentaires
a écrit le 27/05/2013 à 12:16 :
on sait très bien d'où vient la fameuse "natalité" française ... elle nous rapporte rien mais va nous coûter de plus en plus cher ... à choisir je préfère l'exemple allemand et largement .
a écrit le 27/05/2013 à 10:17 :
France plus jeune et méditerranéenne: tous les pays du Sud de l'Europe du nord de la méditerrannée sont en déficit démographique grave (Espagne, Italie);
alors sud de la méditerranée: populations ghettoïsées inemployables à charge? Pour être employable, il faut être capable de respecter des règles: avoir une formation (150000 jeunes sortent sans aucun diplôme par an), se lever le matin, respecter le horaires, se concentersur ce qu'on fait, accepter des directives! C'est au contraire un handicap. Et m^me la suède si politiquement corecte a les mêmes problèmes. La France est en train de sombrer de sa belle démographie. Le déficit est surtout dû aux dépenses d'assistanat;
a écrit le 26/05/2013 à 22:19 :
L'information est géniale! je vais mettre l'article en poster sur mon mur jusqu'à la fin de ma vie, ensuite je vais compter le nombre de poussières attirées par les lettres et enfin cela sera la vie éternelle!
a écrit le 25/05/2013 à 20:20 :
Puis je conseiller l'auteur de cet article de s'inspirer des conférences et interviews de notre derniers génie et grand philosophe français Michel Serres sur Youtube ou sur France Inter ou toute les émissions culturelles de notre panorama télévisé (hormis The Voice) .
Cela lui évitera d'enfoncer des portes ouvertes .
C'est valable pour les lecteurs aussi .
a écrit le 24/05/2013 à 13:55 :
il faut faire fort pour dire que la france favorise les jeunes et l allemagne les vieux!
C est en france que les retraités ont un niveau de vie superieur aux actifs, pas en Allemagne. Ou y a t il une bulle immobiliere qui force les jeunes a se saigner pour se loger ? Ou y a t il un chomage massif qui fait qu on a le choix entre l exil, le chomage ou etre sous payé ? Certes en Allemagne il y a un moins d enfants et on voit beaucoup plus de vieux qu en France dans les rues mais ca veut pas dire que la politique allemande est plus anti jeune que la francaise. bien au contraire je dirais
a écrit le 24/05/2013 à 12:41 :
Encore un éloge du mercantilisme ! Le problème c'est que l'Europe toute entière ne peut pas se permettre de baisser sa demande intérieure pour améliorer sa compétitivité. Le commerce n'est pas un jeu à somme nulle, faut-il le rappeler ? Mais bon, il en a qui ça arrange de précariser le travail...
a écrit le 24/05/2013 à 9:22 :
@ Clarita On ne peut plus d'accord avec vous.
Promenez-vous en Allemagne et vous serez surpris de ne pas voir quasiment pas d'enfants comme dit Clarissa. Il faut dire que ça fait du bruit (ça perturbe les vieux schpountz qui ont oublié qu'ils ont été jeunes), ce n'est pas discipliné et ça perturbe la carrière de Madame qui est mal vue si elle n'éduque pas ses enfants elle-même. Le problème est plus une organisation de sociétés qu'une histoire d'allocs
Le problème est très sérieux à court terme car cet état ne date pas d'aujourd'hui. Du temps d'Hitler il y a eu une natalité forte pour répondre aux besoins de la politique expansionniste et on a vu ce que ça a donné.
En ce qui nous concerne, il n'y pas que les cathos traditionnalistes et les immigrés qui font des enfants (ils en font effectivement un peu plus), n'en déplaise aux frontistes ramenant tout à l'immigration . Je ne fais partie ni de l'un de l'autre et toutes mes connaissances proches ont eu entre 2 et 4 enfants,
Réponse de le 24/05/2013 à 13:58 :
je vous rassure, ils y a aussi des vieux francais qui se plaignent que les enfants ca fait du bruit et qui envoie les flics quand des jeunes se reunissent sans rien faire de mal.
Pour la natalite, avec 4 enfants, vous etes vraiment une exception si vous etes ni cathos ni immigré. Quel dommage que ceux ci vont devoir quitter la france pour pouvoir trouver un travail payé decemment... peut etre qu ils iront en Allemagne ou les porfessions techniques ne sont pas meprises comme en france
a écrit le 22/05/2013 à 22:56 :
J'aimerai qu'on m'explique pourquoi la démographie de la France est plus favorable que celle de l'Allemagne qui accueille une immigration choisie (en partie méditerranéenne du sud) alors que la nôtre (méditerranéenne du nord) est subie ?
Réponse de le 23/05/2013 à 10:04 :
vous confondez méditerranée du nord et Afrique du nord il me semble non ?
La méditerranée du nord c'est la France, l'Italie, l'Espagne, La Grèce, l'ex Yougoslavie.
L'immigration que nous accueillons ne vient pas de ces pays là, mais bien de la méditerranée du sud, c'est à dire l'Afrique du nord.
Réponse de le 24/05/2013 à 8:25 :
Sud de l'Europe et nord de l'Afrique, tout dépend d'où l'on se place....
a écrit le 21/05/2013 à 17:27 :
Il n'y a pas lieu de condamner un Pays , notre ennemi d'hier , mais qui a durement payé les erreurs commises , surtout par d'autres Il y a lieu de s'entendre , quitte à expliquer en quoi nous divergeons L'Europe des Nations, me semble-t-il , ne pourra se construire que si ces deux nations finissent par s'entendre Attendons , mais FH ne parait pas digne et capable d'y parvenir
a écrit le 20/05/2013 à 22:08 :
Amusant de penser que les politiques familiales ne marchent pas, elles n'ont jamais marché en fait, elles ne font pas faire plus d'enfants pour "toucher les allocs" mais elles servent à faire reculer la pauvreté de ces enfants et donc à terme réduire le nombre d'enfants( les enfants née par une politique familiale ont eux-mêmes moins d'enfants).
Il est aussi amusant de constater que l'évolution démographique dans l'ensemble dans tous les pays développée est quasiment la même, non il n'y a pas plus d'enfants en France qu'en Allemagne, idem au Royaume-uni, en farfouillant dans les statistiques, on remarque le même ratio d'enfants par femme pour les "autochtones", partout en europe, la différence tient à une seule chose, les enfants d'immigrés de 1ère génération, et la "démographie" allemande ne recommence à monter que depuis qu'elle a abandonné le droit du sang pour celui du sol et les ingénieurs qu'elle embauche, on remarque ainsi que là où il y a des immigrés du sud la démographie tient, comme en Scandinavie en France au royaume-uni, l'Irlande ne tenait que par son boom économique attirant les immigrés qui repartent maintenant, la même situation qu'en Espagne.
Donc, pour maintenir la natalité qui n'est pas favorisée par la politique familiale, il faudra toujours plus d'immigrés de 1ère génération, qui viendront pour 80% au moins d'Afrique noire, il fait le savoir, il faut s'y préparer, même au Maghreb la natalité chute fortement et chez eux la part d'immigrés du sud devrait fortement s'accroître.
Il faut aller plus loin que ce débat ridicule à court terme et regarder au niveau de la planète, de la croissance de l'humanité, avec les lois des grands nombres, pourquoi donc notre espèce s'arrête t-elle de croitre fondamentalement ? on dit que nous sommes de plus en plus riches, mais nous avons toujours des problèmes pour nous loger, que grâce au féminisme le nombre d'enfant décroît remplaçant la quantité par la qualité, et qu'un enfant coute de plus en plus cher mais cela n'est-il pas relié directement à sa rareté ? parce que la stérilité avance étrangement aussi en même temps et cela n'est lié ni à la richesse ni à la féminisation de nos sociétés. Certains relient la prospective démographique à l'âge du 1er enfant, que plus cela est fait jeune et plus la probabilité sera élevé qu'il aura des frères et soeurs et "en bonne santé"( sans asthme ou maladie rare).
Il faudrait l'avis de spécialistes du monde animal qui étudient le développement des fourmilières, des insectes du développement de colonies animales en fonction de l'environnement; n'y a t-il pas là une formidable source d'enseignement ? et si finalement l'humanité avait une sorte d'intelligence collective décidant à la place de chacun( même si on croit être maitres de nos décisions) pour nous adapter aux ressources limitées de cette planète ? que partout où les communications s'améliorent, qu'on ai du commerce, de l'internet, la démographie freine ? et s'il y avait une relation dans l'absolu avec l'allongement de la vie ? seront-nous immortels le jour où plus aucun enfant ne naitra ?
Réponse de le 21/05/2013 à 8:41 :
+1 Commentaire à lire et à méditer ...
Réponse de le 21/05/2013 à 16:20 :
Et le problème c'est qu'avec son bon score de natalité dû à la présence d'une population issue de la "méditerranée", la France de demain n'est pas plus sauvée que les pays en chute libre de ce côté là ; il ne faut pas oublier que c'est justement dans ce milieu que la population est la moins instruite, que les enfants crachent sur les valeurs que leur offre la République (dont l'acquisition des connaissances justement), et qu'en général et en majorité on retrouve "les fruits de cette natalité" sur la (trop) longue liste des bénéficiaires de nos nombreuses allocations, véritable permis "du rien foutre de ses dix doigts" dans notre pays.
Réponse de le 22/05/2013 à 19:59 :
Commentaire 100% débile et ignorant ! Bravo xavier-marc !
Vos parents ne vous ont jamais appris que quand on ne sait pas on ne dit pas ?

Si vous vous prenez la peine d'étudier la courbe de fécondité de l'Allemagne au cours de la séparation par le Mur de Berlin, vous serez bien étonné(e) de découvrir que les femmes issus de la RDA socialiste et ethniquement homogène en faisait relativement plus que les femmes de la RFA multiculturelle et dépourvu de politique nataliste !

Regardez le cas de certaines exceptions en Europe comme l'Islande qui en est un des pays les plus jeunes du continent et qui est comme par hasard doter des infrastructures parmi les plus généreuses en ce qui concerne l'aide à l'enfance et à la maternité.
Réponse de le 23/05/2013 à 23:51 :
la bonne natalité française n'est due qu'à la population issue de l'immigration. L'analyse des chiffres de l'INSEE (2011) le démontre. Par exemple, le dpt 93 détient le record de taux de fécondité (2.42) et a la population immigrée la plus nombreuse. Ce taux de 2.42, lorsqu'il est décomposé, donne 3.35 pour les femmes immigrées et 1.86 pour les femmes de nationalité françaises: CQFD, il y a substitution de la population originelle. Mais ces chiffres sont hors du débat public car ils effraieraient l'opinion. Entendons nous bien, l'immigration peut être un bien, mais à condition qu'elle se fonde dans le creuset français, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Réponse de le 24/05/2013 à 8:18 :
Bonsens -) pour avoir été récemment un mariage franco-allemand je peut vous garantir que j'ai vu un hallucinant décalage de génération entre ma famille française et la famille allemande de la mariée ! Parmi les couples trentenaires présents à la cérémonie au moins des 3/4 de ceux qui étaient allemands n'avaient pas d'enfants et parmi ceux qui en avaient un, je n'ai vu qu'un seul couple avec deux enfants maximum ! Inversement dans notre famille française (d'origine italo-suisse) on affichait un fort contraste avec un nombre relativement faible de couples sans-enfants et bon nombre d'entre elles avec 3-5 enfants en moyenne (et pourtant ma famille est loin d'être des cathos traditionalistes) ! Alors non je ne suis pas d'accord à la vu des chiffres différenciant la natalité française et allemande je pense que vous vous trompez lourdement. Parce que si il existe un substitut de population c'est bien en Allemagne qu'il a lieu (sans l'immigration l'Allemagne n'aurait enregistrer en 2012 moins de 400 000 naissances soit 3 fois moins qu'en 1963-1964 ! au total en calculant bien au lieu d'1,4 enfants par femme en Allemagne il serait de 0,9 enfants par femme contre plutôt 2,00 enfants par femme en France et 1,7 sans immigration). Actuellement l'immigration en France plafonne entre 150-300 000 entrées en moyenne par an, alors qu'il a été annoncer qu'en 2012 l'Allemagne en a accueillit plus d'1 millions ! Honnêtement bonsens réfléchissez bien avant d'affirmer que le substitut de population ne touche que la France.
Réponse de le 24/05/2013 à 8:18 :
Bonsens -) pour avoir été récemment un mariage franco-allemand je peut vous garantir que j'ai vu un hallucinant décalage de génération entre ma famille française et la famille allemande de la mariée ! Parmi les couples trentenaires présents à la cérémonie au moins des 3/4 de ceux qui étaient allemands n'avaient pas d'enfants et parmi ceux qui en avaient un, je n'ai vu qu'un seul couple avec deux enfants maximum ! Inversement dans notre famille française (d'origine italo-suisse) on affichait un fort contraste avec un nombre relativement faible de couples sans-enfants et bon nombre d'entre elles avec 3-5 enfants en moyenne (et pourtant ma famille est loin d'être des cathos traditionalistes) ! Alors non je ne suis pas d'accord à la vu des chiffres différenciant la natalité française et allemande je pense que vous vous trompez lourdement. Parce que si il existe un substitut de population c'est bien en Allemagne qu'il a lieu (sans l'immigration l'Allemagne n'aurait enregistrer en 2012 moins de 400 000 naissances soit 3 fois moins qu'en 1963-1964 ! au total en calculant bien au lieu d'1,4 enfants par femme en Allemagne il serait de 0,9 enfants par femme contre plutôt 2,00 enfants par femme en France et 1,7 sans immigration). Actuellement l'immigration en France plafonne entre 150-300 000 entrées en moyenne par an, alors qu'il a été annoncer qu'en 2012 l'Allemagne en a accueillit plus d'1 millions ! Honnêtement bonsens réfléchissez bien avant d'affirmer que le substitut de population ne touche que la France.

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