La France qui tombe (pas encore) en panne
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Publié en 2003, l'essai de Nicolas Baverez « la France qui tombe » avait marqué les esprits, dressant le constat clinique d'un pays en déclin, impuissant face au chômage de masse bien qu'il ait presque tout essayé comme disait François Mitterrand, dont les 35 heures avec Lionel Jospin. L'appel au réveil national de l'essayiste était tombé à plat : ni le 21 avril 2002 avec la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, ni l'élection-plébiscite de Jacques Chirac grâce à la mobilisation d'une gauche groggy ne changeant la donne.
Comme le décrit parfaitement bien un autre Nicolas, Dufourcq, le patron de Bpifrance, dans son livre « La désindustrialisation de la France », le déclin de l'industrie s'est perpétué jusqu'en 1995, faisant des extrêmes de droite et de gauche la principale force politique d'un pays en ébullition, découragé par l'impuissance publique et prompt à se révolter à l'image de la crise sociale des Gilets Jaunes en 2018.
Nous sommes collectivement en train de payer très cher la désinvolture de cette période pendant laquelle les politiques français ont fait l'autruche et n'ont pas su, pas pu ou pas voulu regarder la réalité en face. Certes, on peut mettre au crédit d'Emmanuel Macron, du conseiller de François Hollande à l'Elysée, une volonté de sursaut, avec des réformes de l'offre qui ont redonné un peu d'espoir et redressé l'image du pays auprès des investisseurs étrangers.
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Quelques réformes fiscales -fin de l'ISF et flat tax -, quelques changements à la marge sur le fonctionnement du marché du travail ont sans aucun doute remis la France au diapason de ses grands concurrents... Mais ces réformes ne suffisent à l'évidence pas à l'heure où la France doit affronter une décennie de transformation dans un contexte où jamais ses fragilités structurelles ne sont apparues aussi évidentes. Pendant longtemps, c'est le coût et le droit du travail, ainsi qu'une fiscalité punitive qui ont freiné le développement du pays. C'est désormais le prix de l'énergie et le retard pris par la France dans la construction d'une indépendance énergétique qui risquent de provoquer une accélération du déclin décrit par Nicolas Baverez.
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