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Les socialistes en marche vers Macron

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Robert Jules

Publié le 23 janvier 2017 à 16:37 - Mis à jour le 23 janvier 2017 à 17:41

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Le deuxième tour de l'élection primaire du parti socialiste verra s'affronter Benoît Hamon et Manuel Valls, autrement dit les « deux gauches irréconciliables ». La division qui mine le parti socialiste va pousser nombre d'élus qui veulent conserver leur siège après la présidentielle à soutenir Emmanuel Macron.

Avec la victoire de Benoît Hamon au premier tour de l'élection primaire du PS (36,3% des voix) sur Manuel Valls (31,1% des voix), on va donc voir s'affronter dimanche prochain les deux « gauches irréconciliables », selon le mot de l'ancien Premier ministre. Et sauf coup de théâtre, le premier possède de sérieuses chances de l'emporter, bénéficiant de l'appel à voter pour lui du troisième candidat, Arnaud Montebourg (17,5% de voix).

Mais le véritable gagnant de cette élection, c'est Emmanuel Macron. L'ancien ministre de l'Economie du gouvernement de Manuel Valls - dont la popularité ne cesse de monter au regard de la fréquentation de ses meetings et de sa cote dans les sondages - pourrait rapidement bénéficier de l'afflux d'une partie des socialistes dits « réalistes » ou « sociaux-libéraux », qui demain devraient se voir marginalisés au sein d'un PS dominé par les courants dirigés par les ministres évincés par Manuel Valls en 2014.

Conserver son siège après la présidentielle

Plus prosaïquement, nombre d'élus socialistes savent que la meilleure chance de pouvoir conserver leur siège est de se présenter sous la bannière d'une gauche élargie estampillée Emmanuel Macron qui apparaît aujourd'hui le mieux placé pour concourir à l'élection présidentielle, même s'il n'a pas encore clairement défini son programme, profitant habilement des divisions socialistes.

Le débat de l'entre deux tours devrait en effet durcir les positions. Manuel Valls, assumant le bilan du quinquennat, tout en proposant des mesures qui entrent en contradiction avec sa pratique (comme celle de supprimer le 49.3 auquel il a eu plusieurs fois recours), sans réel programme sinon celui d'avoir été Premier ministre. Ce sont d'ailleurs ces « éléments de langage » qui, dans son camp, sont avancés depuis hier pour fragiliser Benoît Hamon : son manque d'expérience là où il faudrait l'autorité pour discuter demain avec Vladimir Poutine ou Donald Trump. Il n'est pas sûr que cela marche tant le Premier ministre a abusé de cet argument, à tel point que sans réelle substance liée à des mesures concrètes et lisibles, cette autorité est en train de devenir un manifestation d'autoritarisme.

Un financement problématique

Quand au vainqueur du premier tour, il va défendre voire élargir ses mesures « sociales » qui séduisent des socialistes déçus par l'action de François Hollande et de Manuel Valls, mais dont le financement reste problématique : le désormais fameux « revenu universel » de 750 euros par mois versé à chaque adulte, le rejet des accords de libre-échange comme le TTIP, la remise en cause du Pacte de stabilité européen, ou encore la création d'emplois dans la fonction publique et la revalorisation des salaires des fonctionnaires.

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Quel que soit le résultat final, le parti socialiste va sortir exsangue de cette consultation. Lui qui en 2012 contrôlait la présidence, les deux chambres, une majorité de régions et les principales villes a perdu régulièrement au fil du quinquennat toutes les élections. Et on aura rarement vu un parti passer en moins de cinq ans d'un statut de leader à celui de force d'appoint.

Robert Jules

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