Les socialistes en marche vers Macron

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Manuel Valls et Benoît Hamon en août 2012.
Manuel Valls et Benoît Hamon en août 2012. (Crédits : Reuters)
Le deuxième tour de l'élection primaire du parti socialiste verra s'affronter Benoît Hamon et Manuel Valls, autrement dit les « deux gauches irréconciliables ». La division qui mine le parti socialiste va pousser nombre d'élus qui veulent conserver leur siège après la présidentielle à soutenir Emmanuel Macron.

Avec la victoire de Benoît Hamon au premier tour de l'élection primaire du PS (36,3% des voix) sur Manuel Valls (31,1% des voix), on va donc voir s'affronter dimanche prochain les deux « gauches irréconciliables », selon le mot de l'ancien Premier ministre. Et sauf coup de théâtre, le premier possède de sérieuses chances de l'emporter, bénéficiant de l'appel à voter pour lui du troisième candidat, Arnaud Montebourg (17,5% de voix).

Mais le véritable gagnant de cette élection, c'est Emmanuel Macron. L'ancien ministre de l'Economie du gouvernement de Manuel Valls - dont la popularité ne cesse de monter au regard de la fréquentation de ses meetings et de sa cote dans les sondages - pourrait rapidement bénéficier de l'afflux d'une partie des socialistes dits « réalistes » ou « sociaux-libéraux », qui demain devraient se voir marginalisés au sein d'un PS dominé par les courants dirigés par les ministres évincés par Manuel Valls en 2014.

Conserver son siège après la présidentielle

Plus prosaïquement, nombre d'élus socialistes savent que la meilleure chance de pouvoir conserver leur siège est de se présenter sous la bannière d'une gauche élargie estampillée Emmanuel Macron qui apparaît aujourd'hui le mieux placé pour concourir à l'élection présidentielle, même s'il n'a pas encore clairement défini son programme, profitant habilement des divisions socialistes.

Le débat de l'entre deux tours devrait en effet durcir les positions. Manuel Valls, assumant le bilan du quinquennat, tout en proposant des mesures qui entrent en contradiction avec sa pratique (comme celle de supprimer le 49.3 auquel il a eu plusieurs fois recours), sans réel programme sinon celui d'avoir été Premier ministre. Ce sont d'ailleurs ces « éléments de langage » qui, dans son camp, sont avancés depuis hier pour fragiliser Benoît Hamon : son manque d'expérience là où il faudrait l'autorité pour discuter demain avec Vladimir Poutine ou Donald Trump. Il n'est pas sûr que cela marche tant le Premier ministre a abusé de cet argument, à tel point que sans réelle substance liée à des mesures concrètes et lisibles, cette autorité est en train de devenir un manifestation d'autoritarisme.

Un financement problématique

Quand au vainqueur du premier tour, il va défendre voire élargir ses mesures « sociales » qui séduisent des socialistes déçus par l'action de François Hollande et de Manuel Valls, mais dont le financement reste problématique : le désormais fameux « revenu universel » de 750 euros par mois versé à chaque adulte, le rejet des accords de libre-échange comme le TTIP, la remise en cause du Pacte de stabilité européen, ou encore la création d'emplois dans la fonction publique et la revalorisation des salaires des fonctionnaires.

Quel que soit le résultat final, le parti socialiste va sortir exsangue de cette consultation. Lui qui en 2012 contrôlait la présidence, les deux chambres, une majorité de régions et les principales villes a perdu régulièrement au fil du quinquennat toutes les élections. Et on aura rarement vu un parti passer en moins de cinq ans d'un statut de leader à celui de force d'appoint.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2017 à 17:51 :
On est en train d'assister à l'explosion en plein vol du parti socialiste. Le boum final intervient au bout de 5 ans de pouvoir !!!! c'est dire si les dissensions au sein de ce parti étaient importantes. En exagérant un peu on pourrait presque dire qu'il y a autant de socialismes qu'il y a de membres au sein de ce parti. Ce n'est malheureusement pas risible car la droite et l'ultra droite ont un boulevard devant elles. Nombreux seront les laissés pour compte, les sans dent comme il a été dit, et la pauvreté a de beaux jours devant elle. L'armée du salut, le secours populaire, emmaus, les resto du cœur vont pouvoir embaucher. Au moins dans ce domaine, il y aura de la demande, réjouissons nous.
a écrit le 24/01/2017 à 16:59 :
Bien, oui! voici lePS réduit à être l'appendice caudal soit de Macron, soit de Mélenchon!
Ainsi va l'Histoire! Après tout combien de partis, jadis tout-puissants, qui ont naufragés corps et biens, à l'exemple du radicalisme IVème République.
Les requiem ont leur charme vénéneux!
a écrit le 24/01/2017 à 14:11 :
C'est Pratique d'avoir 2 candidats : un officiel labellisé PS a travers la primaire (il devrait faire un bide en mai 2017) et un pirate, emmanuel macron. Mais bon ça ne devrait pas marcher pour le report des voix au second tour.....
Quand c'est bancal, vaut mieux rouler sur 2 roues, c'est plus sur......
a écrit le 24/01/2017 à 13:28 :
Et réciproquement, Macron en marche vers les Socialistes sous l'œil bienveillant du President. Ce dernier n'a pas pu refonder le PS de l'intérieur, il le refonde de l'extérieur... On vera ensuite certainement le PS canal historique, celui de Hamon, fusionner avec Mélanchon et ceux qu'il représente. Cela ressemblera au modèle de la Gauche Allemande avec le SPD et die Linke.....
a écrit le 24/01/2017 à 11:41 :
Je ne pensent pas que ceux la soient vraiment des gens de gauche même si ils se font appeler ''socialistes en marche vers Macron''. Ils ont menti pendant 30 ans au sein du PS et ils se sont décrédibilisés; qu'ils aillent maintenant mentir chez Macron, c'est naturel.
a écrit le 24/01/2017 à 11:34 :
Les socialistes comme les rats , quittent le navire et espèrent garder une place au soleil
sous un règne Macron.
a écrit le 24/01/2017 à 11:28 :
Résumons : Valls est hors jeu, Hamon aura les voix de ceux qui croient encore au Père Noël, cannibalisant au passage le momentum de Mélenchon. Les gens de gauche qui on un cerveau a peu près en état de marche se rabattront massivement sur le seul candidat qui ne s'est pas encore abîmé dans le processus électoral : Macron. Peu importe qu'il n'ait pas de programme. Si la Présidence de la République se gagnait sur la crédibilité des programmes ça se saurait.
a écrit le 24/01/2017 à 10:22 :
LA VAGUE BENOIT MONTE TELLEMENT QUE LA REACTION MAIS TOUS EN MARCHE POUR DEMOLIRE LA MEILLIEUR IDEE SOCIAL QUE J AI ENTENDU DE MA VIE. LE REVENU UNIVERSEL? JE PENSE QUE COMME BEAUCOUP NON PAS BIEN CONPRIS LES AVENTAGE DE CETTE IDEE GENIAL? MOI JE CROIS QUE LES JEUNES L ON BIEN CONPRIS CAR C EST EUX QUI VONT EN BENIFICIER EN PREMIER? ET JE SOUHAITE CES JEUNES QUI IRONS VOTE POUR BENOIT HAMON CHANGE CETTE SOCIETE GAVEZ DE LA DETTE ET QUI VEULENT CONTINUEZ A SE GAVEZ? NOUS AURONS LE DESTIN QUE NOUS AVONS MERITE///ALBERT EINSTEIN///
a écrit le 24/01/2017 à 9:37 :
Mr Macron n'est qu'une construction artificielle, son programme est élaboré a Bruxelles et au mieux, ne sera qu'un préfet de l'UE!
Réponse de le 24/01/2017 à 10:15 :
Le courant Macron c'est la face cachée du PS ressuscité de ses cendres .
Réponse de le 24/01/2017 à 10:40 :
C'est le PS qui avec le candidat qu'il va probablement se choisir et son improbable programme ouvre un boulevard à Macron (que beaucoup d'ex-électeurs du PS ont déjà rejoint).
a écrit le 24/01/2017 à 9:31 :
Les lobbyistes pro Macron s'en donnent à cœur joie sur ce topic et dans la Tribune en général, il faut dire que c'est du miel pour eux...Avec la tête à claque qui vient d'en prendre une deuxième et le sosie de Pujadas et sa gueule de chef de rayon bricolage, ils ont de quoi faire les beaux pour leur mentor en nous faisant croire qu'il est hors systéme et hors parcours alors qu'il n'en est que le symbole le plus abouti...Aubry avait dit que lorsqu'Hollande avait laissé le PS plus rien ne marchait même les toilettes, pour une fois elle avait vu juste et elle connait bien le bonhomme...
a écrit le 24/01/2017 à 8:47 :
C'est la démocratie !
a écrit le 24/01/2017 à 7:45 :
ces personnages -Hollande en tète - auront quand mème fait preuve d'une belle cohésion ............. dans le laminage du PS .... pour des années !
a écrit le 23/01/2017 à 23:43 :
Nous en avons assez de ces vieux partis, de ces vieux politiciens , de ces faux clivages gauche-droite qui ne signifient plus rien à l'heure de la globalisation et de l'Europe.
Nous voulons mandater les meilleurs pour affronter tous les défis de ce monde en mutation et faire réussir notre pays . Il est temps d'unir les compétences et bonnes volontés pour gérer changement climatique, numérisation, robotisation, creusement des inégalités générant les populismes etc... La France le mérite !!!
Réponse de le 24/01/2017 à 13:47 :
eh alors et alors et alors? eh alors zorro est arrivé sans se presser le beau zorro le grand zorro avec ........
a écrit le 23/01/2017 à 20:59 :
Notre système politique est basé sur notre système électoral, droite contre gauche. Il devrait se situer au centre, plus ou moins déplacé vers la droite ou la gauche. Il faudrait revoir notre système électoral. L'hypothèse Macron est une ouverture vers cette possibilité en montrant son efficacité. Cela devient une nécessité.
Réponse de le 24/01/2017 à 12:42 :
Comment peut on soutenir macron alors qu'il a libéralisé les bus 6 mois après la Cop21 !! Seuls les Verts et Mélenchon ont un programme économique viable: stop aux 2% incensés de croissance!
a écrit le 23/01/2017 à 19:14 :
Combien reste t il de socialo en France?

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