Mariage bancaire

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Le mariage entre l'Ecureuil et les Banques populaires alimente une forte polémique politique - sur le futur patron de cet ensemble, un homme de Sarkozy. On en oublierait presque les raisons de cette fusion...

Oui, on en oublierait presque que ce rapprochement, il avait été enclenché, il avait été décidé, il avait voulu par ces deux banques, les Caisses d'Epargne et les banques Populaires, par leurs actionnaires, en l'occurrence, leurs sociétaires comme on dit dans le secteur mutualiste.

C'était il y a deux ans déjà. A l'époque, l'Ecureuil et les Banques Populaires avaient commencé petit - en mariant leurs banques d'investissement. Mais déjà ils voyaient grand. Ce projet avait du sens, énormément de sens. C'était un rapprochement entre deux banques venant d'un même milieu, d'une même culture, celui des mutualistes. C'était un rapprochement entre deux banques très implantées localement, très attachées à leurs terroirs. Ces deux banques étaient surtout très complémentaires en termes d'activité. L'Ecureuil, c'est la banque des particuliers - plus de 27 millions de clients. Les Banques Pop, celles des PME - plus de 8 millions.

Ce mariage, ce sera un plus, un avantage pour leurs clients ?

Oui, à priori. Le nouvel ensemble doit devenir le second groupe bancaire en France, derrière le

Crédit Agricole

. 8000 agences, plus de 100.000 collaborateurs, une capacité exceptionnelle de participer au financement de l'économie exceptionnelle. Dans des conditions avantageuses pour tous. En mettant en commun leurs usines à fabriquer du crédit, de l'assurance, du conseil, voir de l'immobilier, en gardant néanmoins chacun leur marque, leur réseau, ce sont à priori des économies d'échelle importante. Bref, ce mariage, c'est bon pour chacune des deux banques, c'est bon surtout pour leurs clients, des clients qui sont aussi des actionnaires !

Jusqu'à présent, ce rapprochement était limité à la banque d'investissement, à

Natixis

, pas vraiment une affaire ?

Une catastrophe même ! Une des raisons d'ailleurs qui rend plus urgente que jamais la fusion.

Natixis

, c'est l'enfant raté des fiançailles ! La banque qui plombe les comptes des deux groupes. A cause de

Natixis

, les deux banques vont annoncer jeudi des pertes astronomiques, 5 milliards d'euros, dit on. Un record ! Le mariage aujourd'hui, c'est aussi à cause des ces pertes. Pour éviter la panique chez les clients. L'Etat va venir au secours de chacune des deux banques. Autant qu'il en profite pour accélérer cette fusion, pour surmonter les batailles d'égos auquel ce projet donne lieu depuis trop longtemps, pour faire du nouvel ensemble un acteur solide de la banque française.

Au total, l'Etat devrait apporter, sous différentes formes, plus de 6 milliards d'euros au nouvel ensemble. Il est légitime, à ce prix là, que l'Etat y ait son mot à dire, qu'il puisse avoir des représentants dans sa direction. Que ce soit un proche de Nicolas Sarkozy qui en prenne directement la tête, ça, ça peut se discuter. D'ailleurs, ça se discute !

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