Relancer l'économie sans aggraver la dette

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Robert Shiller. Copyright Project Syndicate
Robert Shiller. Copyright Project Syndicate (Crédits : dr)
Robert J. Shiller, est professeur d'économie à Yale University, et le co-auteur, avec George Akerlof, du livre "Les esprits animaux : Comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie", qui vient d'être réédité au format poche (Ed. Champs-Flammarion).

Alors qu'une grande partie de l'économie mondiale semble prise au piège d'une longue et douloureuse récession provoquée par les politiques d'austérité, il est temps d'admettre que nous avons mis au point ce piège seuls. Nous l'avons construit à partir de malheureuses habitudes de pensée sur la façon de gérer une explosion de la dette publique.

Les gens ont développé ces habitudes en se fondant sur l'expérience de leurs familles et amis : en cas de problème d'endettement, il convient de réduire les dépenses et de passer à travers une période d'austérité jusqu'à ce que la charge (la dette par rapport au revenu) soit réduite. Cela signifie éviter de manger au restaurant pendant un certain temps, ne pas acheter de nouvelle voiture ni de nouveaux vêtements. Une telle réaction semble relever du bon sens - voire même de la vertu morale.

Le paradoxe de l'épargne

Pourtant, si cette approche de gestion de la dette fonctionne bien pour un seul ménage en difficulté, ce n'est pas le cas pour l'économie dans son ensemble, parce que les réductions de dépenses ne font qu'aggraver le problème. Il s'agit du paradoxe de l'épargne : se serrer la ceinture pousse les gens à perdre leur emploi, parce que les autres n'achètent plus ce qu'ils produisent, de sorte que leur endettement augmente plutôt que de diminuer.

Il existe un moyen de sortir de ce piège, mais seulement si nous faisons évoluer le débat sur la façon de réduire le ratio dette/PIB de l'austérité - hausses d'impôts et baisses de dépenses - vers une stratégie de relance qui n'aggraverait pas la dette : augmenter encore davantage les impôts et augmenter les dépenses publiques dans la même proportion. De cette façon, le ratio dette/PIB diminue parce que le dénominateur (la production économique) augmente, et non parce que le numérateur (l'emprunt total du gouvernement) diminue. 

Ce type de stimulus éclairé se heurte à de forts préjugés. Pour commencer, les gens ont tendance à considérer les impôts comme une violation odieuse de leur liberté, comme si de mesquins bureaucrates allaient inévitablement gaspiller l'augmentation des recettes pour financer des fonctionnaires et des programmes publics inutiles et inefficaces. Pourtant, le travail supplémentaire généré ne concerne pas nécessairement uniquement les employés du gouvernement, et les citoyens ont leur mot à dire quant à l'orientation des dépenses.

Le cas des situations d'après-guerre

Les gens croient aussi qu'il n'est pas réaliste de considérer les augmentations d'impôts comme un remède purement temporaire dans le contexte d'une crise économique ; elles doivent au contraire être vues comme créant une ouverture qui doit être évitée à tout prix. Toutefois, l'histoire montre que les augmentations d'impôts, si elles sont expressément désignées comme temporaires, sont effectivement inversées par la suite. C'est, par exemple, ce qui arrive après les grandes guerres.

Nous devons examiner ces questions en essayant de comprendre pourquoi, par exemple, les électeurs italiens le mois dernier ont rejeté le sobre économiste Mario Monti, qui leur a imposé une cure d'austérité, notamment en augmentant les impôts fonciers. Les Italiens ont l'habitude de penser que les hausses d'impôt servent nécessairement et exclusivement à rembourser les riches investisseurs, au lieu de payer des services gouvernementaux tels que l'amélioration des routes et des écoles.

La politique de relance keynésienne est habituellement décrite comme une politique de dépenses financées par le déficit, et non par l'impôt. On pourrait presque dire qu'une politique de relance au moyen de réductions d'impôts est construite sur le mensonge, car son effet sur la consommation et les dépenses d'investissement semble imposer que les gens oublient qu'ils seront taxés plus tard pour financer les dépenses publiques aujourd'hui, lorsque le gouvernement devra rembourser la dette et ses intérêts. Si les individus étaient rationnels et bien informés, ils pourraient conclure qu'il est préférable de ne pas augmenter leurs dépenses, malgré les réductions d'impôts, puisque ces réductions ne sont pas réelles.

Insuffisance de la demande

Nous n'avons pas besoin de recourir à de telles ruses pour stimuler l'économie et réduire le ratio de la dette par rapport au revenu. Le problème économique fondamental qui pose actuellement problème à une grande partie du monde a trait à une insuffisance de la demande. Les entreprises n'investissent pas assez dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements, ou ne créent pas assez d'emplois, en grande partie parce que les gens ne dépensent pas assez - ou ne devraient pas dépenser assez à l'avenir - pour maintenir l'activité économique à plein régime.

Une relance qui n'aggrave pas la dette pourrait être considérée comme rien de plus qu'une décision collective prise par chacun d'entre nous de dépenser davantage pour relancer l'économie. Il s'agit d'une démarche fort différente d'une augmentation de la dette ou d'une tromperie de la population concernant les impôts futurs. Si on laisse cette décision aux individus, les gens n'augmenteraient pas leur consommation ; mais peut-être pouvons-nous voter pour un gouvernement qui nous oblige à tous agir collectivement, créant ainsi une demande suffisante pour remettre l'économie d'aplomb en peu de temps.

Des meilleures routes au lieu de plus de dîners au restaurant

Pour faire simple, la relance keynésienne n'implique pas nécessairement une augmentation de la dette du gouvernement, comme le discours populaire semble le postuler continuellement. Au contraire, la relance met en ?uvre des décisions collectives pour ramener les dépenses globales sur la bonne voie. Puisqu'il s'agit d'une décision collective, les dépenses impliquent naturellement des types de consommation différents de ce que nous ferions individuellement - par exemple, de meilleures routes, au lieu de plus de dîners au restaurant. Mais cela devrait bien se passer, surtout si nous avons tous des emplois.

La relance avec équilibre budgétaire a été préconisée pour la première fois au début des années 1940 par William Salant, un économiste de l'administration du président Franklin Roosevelt, et par Paul Samuelson, alors jeune professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ils faisaient valoir que, puisque toute relance du gouvernement implique, tôt ou tard, des impôts plus élevés, l'augmentation pourrait tout aussi bien venir tout de suite. Pour le citoyen moyen, une augmentation des impôts ne diminue pas le revenu net, car le stimulus aura pour effet immédiat d'augmenter les revenus. Et personne n'est trompé. 

Relance avec équilibre budgétaire

Beaucoup estiment que la relance avec équilibre budgétaire - l'augmentation des impôts à un moment de détresse économique - est politiquement impossible. Après tout, le président français François Hollande, sous la pression politique énorme, a reculé face à ses promesses de campagne de mettre en ?uvre une telle relance. Mais, étant donné la pénurie de bonnes solutions de rechange, nous ne pouvons pas prendre les mauvaises habitudes de pensée pour acquises. Au contraire, nous devrions garder en permanence à l'esprit la possibilité d'une politique plus éclairée.

Une forme de relance avec équilibre budgétaire pourrait en fin de compte séduire les électeurs s'ils pouvaient être convaincus que l'augmentation des impôts n'implique pas nécessairement un préjudice ni une centralisation accrue de la prise de décision. Si les gens comprennent que cela signifie un niveau moyen de salaire net après impôts inchangé, avec en plus les avantages de création d'emplois et du produit des dépenses publiques supplémentaires (comme de nouvelles routes), ce jour-là ils pourraient se demander pourquoi ils ont déjà essayé de relancer d'une autre manière auparavant.

(Traduit de l'anglais par Timothée Demont)

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a écrit le 31/03/2013 à 19:47 :
La recherche de niches fiscales,donc le soucis de créer des économies ,passe par l abolition d acquis ou de privilèges datant de plus de 70 ans ,dans un monde en perpétuel changement.
Pour éviter de désigner des boucs émissaires ,pourrait on faciliter la décentralisation en supprimant les départements et en augmentant les compétences des polices municipales au détriment de la police nationale?
a écrit le 26/03/2013 à 14:34 :
Le talon de Keynes: il n'y a aucune raison, mais absolument aucune pour que l'argent ponctionné par l'état puis redépensé par l'état, amène plus de croissance que si je le dépense moi-même, et le raisonnement vaut aussi pour les investissements. Depuis 30 ans on dirait même que la dépense ou l'investissement des particuliers est plus judicieux et plus utile et donc amène plus de croissance. La liberté a toujours généré plus de croissance que la dictature de l'état.
a écrit le 26/03/2013 à 14:30 :
Ici, on a appliqué ce programme, monsieur le professeur, et je suis pas instruit comme vous, je suis ouvrier, mais j'ai l'impression que ça marche pas. Les impôts, sont au max, le budget on dit qu'il va s'équilibrer, mais nous, on n'a pas de boulot et on crève de faim. c'est ça la solution ? à moi, elle me plait pas. (OK, je ne suis pas ouvrier grec, mais on peut imaginer où ils en sont)
Réponse de le 04/11/2015 à 15:13 :
C'est normal pour c'est eux qui l'ont poser.
a écrit le 26/03/2013 à 14:16 :
On retombe sur le mythe keynésien que la dépense publique est une bonne dépense et génère de la croissance. L'idée de tondre encore plus les contribuable pour permettre de faire une politique de relance et que ce résultat va sauver la croissance du Pays est absurde.
Déjà croire que les décision de quelques bureaucrates ou politiques irresponsables (ce n'est pas leur argent) dans leurs bureaux sont meilleures que les millions de décisions que peuvent prendre les gens est une "présomption fatale". (cf Hayek).
Ensuite penser que augmenter la taxation ne va pas modifier le comportement des gens est sans fondement. Ils vont bien sûr réduire la consommation mais ce faisant ils vont aussi réduire les investissements (car réduction de l'épargne).
Enfin croire qu'un Pays, comme la France mais aussi d'autres Pays européens, dont la dépense publique et la taxation sont déjà les plus élevée au monde, puisse se permettre une telle politique de matraquage sans considérer les conséquences sur l'économie, c'est de l'incoscience.
a écrit le 26/03/2013 à 13:42 :
La relance keynésienne ne fonctionne qu'en économie FERMÉE. En économie ouverte comme la nôtre, l'argent injecté sert, pour simplifier, qu'à acheter du matériel multimédia (fabriqué en Asie du Sud-Est) ou des voitures (allemandes). Rapidement, l'argent a disparu hors des frontières, et ne produit pas d'emplois locaux. Par contre, le déficit économique s'accroît d'autant ainsi que le déficit public. Au final, c'est très mal sain !
Réponse de le 26/03/2013 à 22:25 :
reparateur etr vendeur de tv dans les anees 80,tous les travailleurs(prive)ouvrier,employe m'achetaient un tv,de fab europeene,apres que je leur expliquaient que leur achat defendait directement ou indirectement leur emploi!!la majorite des categories fonctionaire,ou assiste n'achetaient que le bas prix(fab hors europe)et favorisaient notre declin!!aujourd'hui on ne fabrique plus de tv en europe et j'ai ferme ma boutique!!oui le kynesisme n'est q'une fuite en avant,et la faillite en est la finalite!! tout a fait daccord avec yves.
a écrit le 26/03/2013 à 12:19 :
La recherche du graal économique continue sur le site de la tribune; une forme de déni. La recette, c'est donc "relance avec équilibe budgétaire" simple non? Iil y a qu'avoir du courage politique...Mr Shiller s'exprime d'une manière idéologique; c'est un problème pour être propre sur soi analytiquement. Alors "la relance keynésienne n'implique pas nécessairement une augmentation de la dette du gouvernement" Ok, mais déjà, je parlerais pas d'une relance keynésienne, mais disons d'une augmentation des dépenses de l'état. C'est clair et c'est propre. 1er poste des dépenses de l'état c'est la redistribution des richesses; donc l'état préleve et redistribue. Il le faut bien, c'est indispensable. Mais s'il prélève plus, il ne pourra que redistribuer le plus et pas plus que plus si l'état ne s'endette pas. L'exercise serait neutre? Non, la redistribution est ressentie comme "punitive" (par manque de clairvoyance des tranches de populations ciblées ou en cas d'une hausse de TVA en général) et peut avoir des effets inverses à une stimulation de la demande. Voir aussi le débat toxique sur l'impôt à "75%". Les recettes (s'il y en aurait eu) ne compenseront jamais les dommages collatéraux. Redistribuer pour stimuler, c'est au maximum sans impact (neutre) et sinon dommageable pour la demande. Mr Shiller diagnostique une "insuffisance de la demande. Les entreprises n'investissent pas assez dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements". Là, par contre, nous sommes dans la demande de l'investissement qui est en réalité un stimulation d'une future offre! Vous n'êtes pas propre, Mr Shiller. Stimuler une future offre, c'est une bonne idée, mais pour éviter la dette, il faudra donc augmenter la charge fiscale, des ménages ? Il feront quoi avec votre future offre? La charge fiscale des entreprises? (cice??) Mais? Ils doivent investir!
Alors le graal économique n'a pas été trouvé? OUI; il n'y aucune solution "facile" pour retrouver le chemin de la création de valeur/ de richesse. Une solution: Sortez déjà du déni et ne publiez plus ce genre d'article sur la tribune, par exemple, cela serait un début.
Réponse de le 26/03/2013 à 19:48 :
@deni de réalité:Il y a une solution pour créer des emploies et de la valeur .Fabriquer des produits qui se vendent ,donc fabriquer du moyen/haut de gamme comme savent si bien le faire les allemands dans beaucoup de domaines.Le marché est mondial et les classes moyennes /superieures susceptibles d'acheter ces produits sont partout dans le monde et progressent en nombre.Bosch ou Gardena n'ont que faire de vendre peu en France ,ils vendent partout dans le monde .Marquer sa réussite sociale comme cela se fait un peu partout c'est rouler en Mercedes ou en BMW pas en Twingo.Par ces temps de crise avec une industrie automobile en berne en France la réussite insolente de wolswagen doit nous interpeler.C'est un generaliste comme Peugeot ou Renault mais il a distribué comme prime de resultats pour l'année 2012, 7500 ? à chacun de ses salariés !La seule voie pour la France c'est de monter en gamme et de mettre l?innovation au centre de toutes les préocupations pour etteindre l'excelence que donne la meilleure des reputations.Seul un produit de qualité peut se vendre et vous mettre à l'abrit de la concurence à bas coup et generer des marges correctes .
Réponse de le 27/03/2013 à 11:33 :
Oui cazter: Innover, monter en gamme, fabriquer d'excellent produits, ce sont des solutions, des possibiltés. Mais en France, ils font partie d'un "graal" économique; Innover pour innover ne sert à rien, monter en gamme sans que cela n'intéresse personne (des acquéreurs) ne sert à rien. La manière plus abstraite de le dire, c'est de dire qu'il faut des entreprises compétitives pour créer de la richesse. Il ne faut pas oublier les services derrière les poduits non plus. Un état peut créer un contexte favorable, l'éducation, l'environment culturel et intellectuel; comprendre les (milliards) sources de la compétitivité, c'est la clé pour l'avenir.
a écrit le 26/03/2013 à 10:06 :
Monsieur l'économiste, tout ça nous le savons, mais comme dirait l'autre que les pays à caractère de puissance ou de superpuissance montrent l'exemple. Cet exemple c'est quoi? Ramener les banques à leur taille normale donc les diviser elles et leurs activités par 4 ou 5 minimum, condamner leurs pratiques civilement et pénalement, faire voter les rémunération et les bonus par les actionnaires et soumettre ceux ci à la réglementation la plus stricte idem en ce qui concerne les 100 ou 200 rémunérations les plus élevées des entreprises cotées mais aussi les autres, condamner la corruption et l'appropriation illégale d'actifs, d'entreprises, de terrains, etc, boycotter les pays où règne cette corruption comme pour les armes, condamner et interdire le dumping fiscal et social, supprimer tous les paradis fiscaux...quant on aura fait ça vous verrez que la confiance renaitre et que les gens n'auront pas besoin accroitre leur épargne tout au contraire puisque les Etats verront leurs ressources augmenter fortement et qu'ils seront en excédent donc en positon de rembourser leurs dettes.
Réponse de le 26/03/2013 à 20:03 :
D'aprés vous ,comment est defini le salaires d'un pdg et des principaux dirigeants ? Vous croyez qu'un pdg decide seul de son salaire ? C'est le conseil d'administration et personne d'autres qui recrute le pdg .Et le conseil d'administration c'est les actionnaires majoritaires.Le salaire avantages indemnisation de depart ext...tout est marqué noir sur blanc par contrat .Les salaires pratiqués sont conforme à ce qui se fait chez les concurents à taille egale d'entreprise c'est tout .Je vous rappelle que ce genre de comparaison se fait à tous les niveaux ,meme les salariés de base veulent savoir ce que gagnent les autres salariés chez la concurrence et ils revendiquent si il y a une difference .Vous savez pas ça ? Quand à la confiance ,pour qu'elle revienne il suffit que le ciel économique se degage .Vos valeurs morales la corruption ceci et cela n'ont aucune importance, le passé à chaque cycle économique l'a prouvé et ceux qui decidaient et étaient aux manettes étaient aussi véreux sinon plus que ceux de maintenant .
a écrit le 26/03/2013 à 8:42 :
et si pour financer la dette on baissait toutes les aides sociales sauf le chomage et les retraites car se sont des revenus de remplacement,si on diminuait de facon drastique les revenus des hauts fonctionnaires, si on baissait le nombres de ceux ci,si on supprimait outes ces dépenses dans les collectivités,si on supprimait tous les privilèges (appartement et voiture de fonction, tarifs de l'électricité quasi nul, gratuité dans les trains, les avions) il y a beaucoup de chose a faire avant de toucher aux ménages qui travaillent et qui essaient de vivre du mieux qu'ils le peuvent tout en mettant un petit peu d'argent de coté pour les jours difficiles
Réponse de le 26/03/2013 à 12:49 :
+1 payer des impots pour quoi pour le bien commun ou pour le bien d une petite minorite politico financiere qui se gavent avec comme principe faites ce que je dis pas ce que je fais....
a écrit le 26/03/2013 à 8:20 :
Tissus de balivernes. Dès la première phrase, on comprend que ça ne va pas. Ce ne sont pas les politiques d'austérité qui sont responsables de la récession. On nous parle de l'expérience des ménages, mais pourquoi ne nous parle-t-on pas des sommes extravagantes financées par l'économie dans son ensemble et qui aboutissent uniquement dans les poches des ultra-riches dans pour autant percoler, selon l'expression consacrée jusqu'au coeur de l'économie? Quel est donc le montant des bonus distribués dans les banques? Quel est donc le montant des sur-salaires de l'industrie et de son glacis? Ces sommes sont une ponction aussi efficace que l'impôt pour réduire le revenu disponible. Et que dire de l'état de droit qui n'est plus? Je trouve lamentable ces gens qui en permanence viennent fausser le débat en ne mettant jamais sur la table les chiffres qui dérangent. Il suffit de lire les commentaires, souvent justes, tout comme les propos de Shiller, mais totalement impertinents. L'état redistribue, certes. Mais quand on manipule les chiffres de l'inflation et qu'on injecte 85Mds$ par mois de liquidités, avec une efficacité marginale aujourd'hui presque nulle, on obtient de fait une imposition massive et le cercle vicieux est bouclé. Aucune animalité là dedans, et aucune possibilité pour les ménages d'opérer le moindre choix. C'est d'ailleurs bien le problème: le système n'est plus capitaliste ou démocratique, mais au mains d'une cleptocratie autoreproductrice, finançant son glacis économique de connivence à coups de milliards, par les contrats d'état, les distorsions concurrentielles, l'accaparement des ressources, l'exception à la règle commune du droit et les rentes légales.
Réponse de le 26/03/2013 à 10:23 :
Vous n'avez rien compris .La victoire du capitalisme est d'avoir fait de beaucoup de gens des petits capitalistes.2000 milliards d'? en assurances vie. plus que la dette de la France .350 milliards sur le livret A plus que le budget de l'état et 100 milliards sur les FCPE de l'épargne salariale.Et c'est pas tout .Ca appartient a des millions de français .La preuve depuis 50 ans les gens votent à droite sauf rare exeption ,ou alors pour des sociaux democrate .Tout ceux qui critiquent le systeme ne sont pas capable de mettre dans la rue plus de 500000 personnes .C'est ça la verité ,et si vous croyez que les gens vont risquer leurs avoirs pour une aventure politique vous vous trompez .
a écrit le 26/03/2013 à 8:02 :
"Le cas des situations d'après-guerre" c'est bon avec ça; il faut arrêter, il faut que les les baby boomers responsable du monde d'aujourd'hui se réveille ! Vous avez tout pompé, menti, bousillé ... et maintenant vous flippez avec votre retraite. Comment imaginez une relance sans dette avec 2 personnes 4 payé par l'Etat SOIT DE LA DETTE ! Refaire des routes ? mais elles sont très bien ...
a écrit le 26/03/2013 à 7:47 :
Votre raisonnement n'est pas bon: depuis 2007 mes impôts ayant risqué de fortement augmenter, j'ai réagi en diminuant mes dépenses et en augmentant mon épargne. J'ai pourtant fait strictement ce que vous préconisez depuis plusieurs années car mon épargne forcée a participé à l'effort collectif et enrichi fortement l'état puisque cette épargne est principalement en immobilier de défiscalisation. J'ai favorisé le secteur du bâtiment, fait travailler des études notariales, des conseillers en patrimoine, des agences et régies immobilières, offert des logements décents à des locataires à faibles revenus, et surtout versé une TVA à chaque investissement. Pourtant l'Etat m'a grugé, mes revenus professionnels stagnent (je suis médecin et mes actes de spécialiste n'ont pas été revalorisés depuis 1995) et je n'ai réussi à les maintenir qu'en travaillant plus. De plus l'Etat pratique l'instabilité fiscale et les règles changent chaque année Il manque donc un terme à votre belle démonstration: que l'Etat augmente mes revenus ... La vie n'est pas une équation ...
a écrit le 26/03/2013 à 0:58 :
Pour rendre plus réaliste la comparaison de la politique économique d?un Etat avec celle d?une famille, le brave prof. Robert J. Shiller devrait tenir compte de la composition de la famille : un certain nombre de personne qui travaillent et un certain nombre qui travaillent peu et enfin ceux qui ne travaillent pas et sont en age de travailler.
En cas de crise, ce que la famille fera, c?est d?abord de réduire le train de vie de ceux qui ne travaillent pas ou travaillent peu et les forcera a travailler plus. De la sorte, le pouvoir d?achat de la famille sera sauvegardé.
L?Etat devrait faire pareil : faire travailler davantage les fonctionnaires et inciter plus les chomeurs a aller travailler. Le probleme de la dette est qu?on ne produit pas assez de richesse, donc il faut faire travailler mieux et plus, pour produire plus de richesse.
Réponse de le 26/03/2013 à 9:43 :
Desole mais un Etat n'est pas un menage, comme une banque centrale n'est pas une banque. Si vous n'avez pas compris ca, cela signifie que vous n'etes pas assez en contact avec des profs d'economie grands ou petits, braves ou non.
Réponse de le 26/03/2013 à 10:27 :
@kazbo.Oui la vie est justement une équation à multiples inconues ou il y a des solutions réelles positives ou négatives et des solutions imaginaires!A vous de savoir faire le trie......
a écrit le 25/03/2013 à 23:06 :
Sur le principe l'idee s'entend. Le pb avec les economistes est qu'ils oublient que leurs recettes n'a pas vocation a s'appliquer a des animaux de laboratoire qui in fine respecterons l'usage auquel ils sont destines sous l'oeil bien veillant des chercheurs. ainsi, ici le probleme est comment le corps social va s'organiser pour un accroitre des impots deja eleve, mais surtout un etat tentaculaire va s'organiser, et avec quelle legitimite, pour injecter ces revenus sans bien sur creer des rentes, verser dans la gabegie, etc. Or, si cette question celle de l'objectif commun n'est pas resolue les recettes eco, meme bonnes, sont inoperantes.
a écrit le 25/03/2013 à 23:02 :
Le raisonnement est en grande parti juste .Il ne faut jamais oublier que le budget de l'état est un budget redistributif comme le sont d'ailleurs les budgets des collectivités .Tout est réinjecté dans l'économie.Beaucoup critiquent les fonctionnaires mais un fonctionnaire remet dans le circuit économique 88 % de son salaire comme les autres français .De plus pour l'état ,un fonctionnaire paie ses impots et sur tout ce qu'il achete il y a la TVA de 19.6 % qui rentre dans les caisses de Bercy.Il est vrais qu'accumuler de l'argent sans vraiment de buts precis est anti économique .C'est soustraire un capital des circuits économiques qu'il aurait pu contribuer à stimuler.Aux USA l'effet de richesse a été un des leviers psychologique des plus forts .Voir la valeur de son bien immobilier augmenter ne vous pousse pas à faire des économies mais à depenser .Si en temps normal un français économise en moyenne 12 % de ses revenus,aux USA ce n'est que 6 % et ça fait de grosses differences de rentrée fiscales pour l'état et les commandes des entreprises .Cette frenesie à consommer a été l'epine dorsale de la croissance americaine .Toujours en restant sur le plan psychologique ,la mentalité française est beaucoup plus fourmis que cigale.Quand les temps sont durs et l'horizon bouché ,le taux d'epargne français monte à 17 % alors qu'a priori les gens ont moins de ressources.La TVA en France pese lourd dans le budget de l'état .La France est un pays assai poreux ,une augmentation du pouvoir d'achat profite plus aux produits étrangers vendus en France .Malgrés des taux historiquement bas,les français hesitent à s'endetter pour demain .Il faut donc que les politiques leur tiennent un discourt de confiance en l'avenir.Mais la croissance ne pourra pas revenir si le pays emprunte à des taux trop élevés par manque de confiance des investisseurs.Les interets élevés à payer dans le futur serront autant d'hypotheques qui brideront la croissance future et les moyens de l'état pour la stimuler.Les plans de relances doivent se faire de maniere trés selective de maniere à ce que l'argent depensé reste au maximum sur le territoire nationnal.Si la croissance et donc la conso ont du mal à redemarer aux USA, hors situation de l'immobilier ,c'est parce que les americains semblent etre un peu moins cigale et considerer que les economies c'est une garantie pour des lendemains qui ne serront pas forcement roses,pour cette generation s'entend.La nouvelle qui viendra ,non frappée par la crise (la bulle étudiante americaine ?)pourra peut etre dire '''no futur''' consommons et jouissons du present.......
a écrit le 25/03/2013 à 22:28 :
Le professeur peut-il commenter la faillite de Chicago et la fermeture de 50 écoles ? Et au sujet de la fiscal cliff ? Qui paye ?
a écrit le 25/03/2013 à 22:15 :
J?ai une question, puisque nous parlons économie européenne, ce qui est très drôle puisqu?elle n?existe pas sauf dans la nullité. On est très forts pour écraser l?humanité ! Dans le genre vrai faux humanistes, on est balaise ! On fait dans la lanterne rouge de l?humanité ! Imaginez que notre gouvernement n?a pas l?intention de faire de la croissance, il s?est mis à la remorque du monde. On a pris le pouvoir par le mensonge, en faisant croire qu?on ferait de la croissance en face de l?austérité, on déchante ! On fait fortune dans les palais à semer la désolation ! Une question, si la monnaie est fonction de la production, faut-il la réduire alors que la production nationale est en chute de plus de 10 points ? Le politique qui explose l?Europe qui en reveut ? 4 français sur 5 contre l?usurpateur. Alors soyons des hirondelles de Printemps !
a écrit le 25/03/2013 à 20:50 :
Les gens de Yale ont toujours des solutions qui mènent au même résultat : une concentration des richesses pour une toute petite partie de la population. Les crises sont dues aux ecxes sur lesquels ces bons professeurs et autres experts ont fermé les yeux en se remplissant les poches. La meilleure solution est de rendre responsables les fraudeurs non pas du fisc, ils ne le sont souvent pas, mais de l'esprit et des moyens de la nation, en leur demandant de restituer les richesses. Au somment de l'état on pense que tout cela n'est pas bien grave puisque ce sera finalement fait... à leur mort. En attendant beaucoup souffrent de cet état d'injustice. Mais voilà, désormais certains changent de pays.... serons nous obligés de les faire mourir d'une crise cardiaque à 44 ans comme certains russes ??
Réponse de le 26/03/2013 à 10:33 :
@corso!Mais bien sur comme toujours des gens sans aucune competence critiquent des BAC + 8 dont c'est le metier .Quelle rigolade.........
a écrit le 25/03/2013 à 19:55 :
Le néo-libéralisme anglo-saxon dans toute sa splendeur... Extraordinaire. Sinon, j'espère, La Tribune, qu'il vous a payé cher pour faire la promotion de son bouquin. Et il ose prendre juste UN axe des réformes de Rosevelt pour vendre sa bouillie-poridge, soit, cela s'appelle du détournement FLAGRANT historique. Quelle honte. Ils ne reculent vraiment devant RIEN au niveau de l'hypocrisie maximale. Bonne crise à vous, chers financiers. Si les employés de banque manifestent à Chypre, c'est que votre malaise est bien plus grand que vous ne l'imaginez.
Réponse de le 25/03/2013 à 22:23 :
Les employés de banque à Chypre ne representent strictement rien du tout et Chypre represente encore moins (0.2 % du PIB de l'Europe).La vrais question est de savoir à quels taux les pays peuvent emprunter.Des taux élevés signifient des interets élevés ,et une lourde hypotheque pour le futur du pays.Qui peut croire qu'un état qui depensserait l'essentiel de ses ressources à rembourser ses prets aurait les moyens de faire autre chose ,de mener d'autres politiques ,de venir en aides à tout ceux qui demandent des subventions des aides des credits .Ca serra un appauvrissement continu du pays et notamment un detricotage constant du code du travail et de ses avantages .Il faut purger la situation actuelle pour repartir du bon pied.De toutes façons vous pourrez dire tout ce que vous voudrez ,tous les pays sans exception font peu ou prou la meme chose;Vous bavez sur les financiers ? Mais jusqu'a preuve du contraire ,n'es ce pas eux qui ont perdus le plus ? Quand la bourse perd 50 % ,c'est vous qui les perdez !

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