Relancer l'économie sans aggraver la dette

Robert J. Shiller, est professeur d'économie à Yale University, et le co-auteur, avec George Akerlof, du livre "Les esprits animaux : Comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie", qui vient d'être réédité au format poche (Ed. Champs-Flammarion).

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Robert Shiller. Copyright Project Syndicate
Robert Shiller. Copyright Project Syndicate (Crédits : dr)

Alors qu'une grande partie de l'économie mondiale semble prise au piège d'une longue et douloureuse récession provoquée par les politiques d'austérité, il est temps d'admettre que nous avons mis au point ce piège seuls. Nous l'avons construit à partir de malheureuses habitudes de pensée sur la façon de gérer une explosion de la dette publique.

Les gens ont développé ces habitudes en se fondant sur l'expérience de leurs familles et amis : en cas de problème d'endettement, il convient de réduire les dépenses et de passer à travers une période d'austérité jusqu'à ce que la charge (la dette par rapport au revenu) soit réduite. Cela signifie éviter de manger au restaurant pendant un certain temps, ne pas acheter de nouvelle voiture ni de nouveaux vêtements. Une telle réaction semble relever du bon sens - voire même de la vertu morale.

Le paradoxe de l'épargne

Pourtant, si cette approche de gestion de la dette fonctionne bien pour un seul ménage en difficulté, ce n'est pas le cas pour l'économie dans son ensemble, parce que les réductions de dépenses ne font qu'aggraver le problème. Il s'agit du paradoxe de l'épargne : se serrer la ceinture pousse les gens à perdre leur emploi, parce que les autres n'achètent plus ce qu'ils produisent, de sorte que leur endettement augmente plutôt que de diminuer.

Il existe un moyen de sortir de ce piège, mais seulement si nous faisons évoluer le débat sur la façon de réduire le ratio dette/PIB de l'austérité - hausses d'impôts et baisses de dépenses - vers une stratégie de relance qui n'aggraverait pas la dette : augmenter encore davantage les impôts et augmenter les dépenses publiques dans la même proportion. De cette façon, le ratio dette/PIB diminue parce que le dénominateur (la production économique) augmente, et non parce que le numérateur (l'emprunt total du gouvernement) diminue. 

Ce type de stimulus éclairé se heurte à de forts préjugés. Pour commencer, les gens ont tendance à considérer les impôts comme une violation odieuse de leur liberté, comme si de mesquins bureaucrates allaient inévitablement gaspiller l'augmentation des recettes pour financer des fonctionnaires et des programmes publics inutiles et inefficaces. Pourtant, le travail supplémentaire généré ne concerne pas nécessairement uniquement les employés du gouvernement, et les citoyens ont leur mot à dire quant à l'orientation des dépenses.

Le cas des situations d'après-guerre

Les gens croient aussi qu'il n'est pas réaliste de considérer les augmentations d'impôts comme un remède purement temporaire dans le contexte d'une crise économique ; elles doivent au contraire être vues comme créant une ouverture qui doit être évitée à tout prix. Toutefois, l'histoire montre que les augmentations d'impôts, si elles sont expressément désignées comme temporaires, sont effectivement inversées par la suite. C'est, par exemple, ce qui arrive après les grandes guerres.

Nous devons examiner ces questions en essayant de comprendre pourquoi, par exemple, les électeurs italiens le mois dernier ont rejeté le sobre économiste Mario Monti, qui leur a imposé une cure d'austérité, notamment en augmentant les impôts fonciers. Les Italiens ont l'habitude de penser que les hausses d'impôt servent nécessairement et exclusivement à rembourser les riches investisseurs, au lieu de payer des services gouvernementaux tels que l'amélioration des routes et des écoles.

La politique de relance keynésienne est habituellement décrite comme une politique de dépenses financées par le déficit, et non par l'impôt. On pourrait presque dire qu'une politique de relance au moyen de réductions d'impôts est construite sur le mensonge, car son effet sur la consommation et les dépenses d'investissement semble imposer que les gens oublient qu'ils seront taxés plus tard pour financer les dépenses publiques aujourd'hui, lorsque le gouvernement devra rembourser la dette et ses intérêts. Si les individus étaient rationnels et bien informés, ils pourraient conclure qu'il est préférable de ne pas augmenter leurs dépenses, malgré les réductions d'impôts, puisque ces réductions ne sont pas réelles.

Insuffisance de la demande

Nous n'avons pas besoin de recourir à de telles ruses pour stimuler l'économie et réduire le ratio de la dette par rapport au revenu. Le problème économique fondamental qui pose actuellement problème à une grande partie du monde a trait à une insuffisance de la demande. Les entreprises n'investissent pas assez dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements, ou ne créent pas assez d'emplois, en grande partie parce que les gens ne dépensent pas assez - ou ne devraient pas dépenser assez à l'avenir - pour maintenir l'activité économique à plein régime.

Une relance qui n'aggrave pas la dette pourrait être considérée comme rien de plus qu'une décision collective prise par chacun d'entre nous de dépenser davantage pour relancer l'économie. Il s'agit d'une démarche fort différente d'une augmentation de la dette ou d'une tromperie de la population concernant les impôts futurs. Si on laisse cette décision aux individus, les gens n'augmenteraient pas leur consommation ; mais peut-être pouvons-nous voter pour un gouvernement qui nous oblige à tous agir collectivement, créant ainsi une demande suffisante pour remettre l'économie d'aplomb en peu de temps.

Des meilleures routes au lieu de plus de dîners au restaurant

Pour faire simple, la relance keynésienne n'implique pas nécessairement une augmentation de la dette du gouvernement, comme le discours populaire semble le postuler continuellement. Au contraire, la relance met en ?uvre des décisions collectives pour ramener les dépenses globales sur la bonne voie. Puisqu'il s'agit d'une décision collective, les dépenses impliquent naturellement des types de consommation différents de ce que nous ferions individuellement - par exemple, de meilleures routes, au lieu de plus de dîners au restaurant. Mais cela devrait bien se passer, surtout si nous avons tous des emplois.

La relance avec équilibre budgétaire a été préconisée pour la première fois au début des années 1940 par William Salant, un économiste de l'administration du président Franklin Roosevelt, et par Paul Samuelson, alors jeune professeur d'économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ils faisaient valoir que, puisque toute relance du gouvernement implique, tôt ou tard, des impôts plus élevés, l'augmentation pourrait tout aussi bien venir tout de suite. Pour le citoyen moyen, une augmentation des impôts ne diminue pas le revenu net, car le stimulus aura pour effet immédiat d'augmenter les revenus. Et personne n'est trompé. 

Relance avec équilibre budgétaire

Beaucoup estiment que la relance avec équilibre budgétaire - l'augmentation des impôts à un moment de détresse économique - est politiquement impossible. Après tout, le président français François Hollande, sous la pression politique énorme, a reculé face à ses promesses de campagne de mettre en ?uvre une telle relance. Mais, étant donné la pénurie de bonnes solutions de rechange, nous ne pouvons pas prendre les mauvaises habitudes de pensée pour acquises. Au contraire, nous devrions garder en permanence à l'esprit la possibilité d'une politique plus éclairée.

Une forme de relance avec équilibre budgétaire pourrait en fin de compte séduire les électeurs s'ils pouvaient être convaincus que l'augmentation des impôts n'implique pas nécessairement un préjudice ni une centralisation accrue de la prise de décision. Si les gens comprennent que cela signifie un niveau moyen de salaire net après impôts inchangé, avec en plus les avantages de création d'emplois et du produit des dépenses publiques supplémentaires (comme de nouvelles routes), ce jour-là ils pourraient se demander pourquoi ils ont déjà essayé de relancer d'une autre manière auparavant.

(Traduit de l'anglais par Timothée Demont)

Copyright: Project Syndicate, 2013.
www.project-syndicate.org

 

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Commentaires 28
à écrit le 31/03/2013 à 19:47
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La recherche de niches fiscales,donc le soucis de créer des économies ,passe par l abolition d acquis ou de privilèges datant de plus de 70 ans ,dans un monde en perpétuel changement. Pour éviter de désigner des boucs émissaires ,pourrait on facilite...

à écrit le 26/03/2013 à 14:34
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Le talon de Keynes: il n'y a aucune raison, mais absolument aucune pour que l'argent ponctionné par l'état puis redépensé par l'état, amène plus de croissance que si je le dépense moi-même, et le raisonnement vaut aussi pour les investissements. Depu...

à écrit le 26/03/2013 à 14:30
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Ici, on a appliqué ce programme, monsieur le professeur, et je suis pas instruit comme vous, je suis ouvrier, mais j'ai l'impression que ça marche pas. Les impôts, sont au max, le budget on dit qu'il va s'équilibrer, mais nous, on n'a pas de boulot e...

le 04/11/2015 à 15:13
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C'est normal pour c'est eux qui l'ont poser.

à écrit le 26/03/2013 à 14:16
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On retombe sur le mythe keynésien que la dépense publique est une bonne dépense et génère de la croissance. L'idée de tondre encore plus les contribuable pour permettre de faire une politique de relance et que ce résultat va sauver la croissance du P...

à écrit le 26/03/2013 à 13:42
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La relance keynésienne ne fonctionne qu'en économie FERMÉE. En économie ouverte comme la nôtre, l'argent injecté sert, pour simplifier, qu'à acheter du matériel multimédia (fabriqué en Asie du Sud-Est) ou des voitures (allemandes). Rapidement, l'arge...

le 26/03/2013 à 22:25
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reparateur etr vendeur de tv dans les anees 80,tous les travailleurs(prive)ouvrier,employe m'achetaient un tv,de fab europeene,apres que je leur expliquaient que leur achat defendait directement ou indirectement leur emploi!!la majorite des categorie...

à écrit le 26/03/2013 à 12:19
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La recherche du graal économique continue sur le site de la tribune; une forme de déni. La recette, c'est donc "relance avec équilibe budgétaire" simple non? Iil y a qu'avoir du courage politique...Mr Shiller s'exprime d'une manière idéologique; c'es...

le 26/03/2013 à 19:48
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@deni de réalité:Il y a une solution pour créer des emploies et de la valeur .Fabriquer des produits qui se vendent ,donc fabriquer du moyen/haut de gamme comme savent si bien le faire les allemands dans beaucoup de domaines.Le marché est mondial et ...

le 27/03/2013 à 11:33
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Oui cazter: Innover, monter en gamme, fabriquer d'excellent produits, ce sont des solutions, des possibiltés. Mais en France, ils font partie d'un "graal" économique; Innover pour innover ne sert à rien, monter en gamme sans que cela n'intéresse pers...

à écrit le 26/03/2013 à 10:06
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Monsieur l'économiste, tout ça nous le savons, mais comme dirait l'autre que les pays à caractère de puissance ou de superpuissance montrent l'exemple. Cet exemple c'est quoi? Ramener les banques à leur taille normale donc les diviser elles et leurs ...

le 26/03/2013 à 20:03
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D'aprés vous ,comment est defini le salaires d'un pdg et des principaux dirigeants ? Vous croyez qu'un pdg decide seul de son salaire ? C'est le conseil d'administration et personne d'autres qui recrute le pdg .Et le conseil d'administration c'est le...

à écrit le 26/03/2013 à 8:42
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et si pour financer la dette on baissait toutes les aides sociales sauf le chomage et les retraites car se sont des revenus de remplacement,si on diminuait de facon drastique les revenus des hauts fonctionnaires, si on baissait le nombres de ceux ci,...

le 26/03/2013 à 12:49
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+1 payer des impots pour quoi pour le bien commun ou pour le bien d une petite minorite politico financiere qui se gavent avec comme principe faites ce que je dis pas ce que je fais....

à écrit le 26/03/2013 à 8:20
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Tissus de balivernes. Dès la première phrase, on comprend que ça ne va pas. Ce ne sont pas les politiques d'austérité qui sont responsables de la récession. On nous parle de l'expérience des ménages, mais pourquoi ne nous parle-t-on pas des sommes ex...

le 26/03/2013 à 10:23
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Vous n'avez rien compris .La victoire du capitalisme est d'avoir fait de beaucoup de gens des petits capitalistes.2000 milliards d'? en assurances vie. plus que la dette de la France .350 milliards sur le livret A plus que le budget de l'état et 100 ...

à écrit le 26/03/2013 à 8:02
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"Le cas des situations d'après-guerre" c'est bon avec ça; il faut arrêter, il faut que les les baby boomers responsable du monde d'aujourd'hui se réveille ! Vous avez tout pompé, menti, bousillé ... et maintenant vous flippez avec votre retraite. Co...

à écrit le 26/03/2013 à 7:47
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Votre raisonnement n'est pas bon: depuis 2007 mes impôts ayant risqué de fortement augmenter, j'ai réagi en diminuant mes dépenses et en augmentant mon épargne. J'ai pourtant fait strictement ce que vous préconisez depuis plusieurs années car mon épa...

à écrit le 26/03/2013 à 0:58
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Pour rendre plus réaliste la comparaison de la politique économique d?un Etat avec celle d?une famille, le brave prof. Robert J. Shiller devrait tenir compte de la composition de la famille : un certain nombre de personne qui travaillent et un certai...

le 26/03/2013 à 9:43
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Desole mais un Etat n'est pas un menage, comme une banque centrale n'est pas une banque. Si vous n'avez pas compris ca, cela signifie que vous n'etes pas assez en contact avec des profs d'economie grands ou petits, braves ou non.

le 26/03/2013 à 10:27
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@kazbo.Oui la vie est justement une équation à multiples inconues ou il y a des solutions réelles positives ou négatives et des solutions imaginaires!A vous de savoir faire le trie......

à écrit le 25/03/2013 à 23:06
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Sur le principe l'idee s'entend. Le pb avec les economistes est qu'ils oublient que leurs recettes n'a pas vocation a s'appliquer a des animaux de laboratoire qui in fine respecterons l'usage auquel ils sont destines sous l'oeil bien veillant des che...

à écrit le 25/03/2013 à 23:02
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Le raisonnement est en grande parti juste .Il ne faut jamais oublier que le budget de l'état est un budget redistributif comme le sont d'ailleurs les budgets des collectivités .Tout est réinjecté dans l'économie.Beaucoup critiquent les fonctionnaires...

à écrit le 25/03/2013 à 22:28
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Le professeur peut-il commenter la faillite de Chicago et la fermeture de 50 écoles ? Et au sujet de la fiscal cliff ? Qui paye ?

à écrit le 25/03/2013 à 22:15
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J?ai une question, puisque nous parlons économie européenne, ce qui est très drôle puisqu?elle n?existe pas sauf dans la nullité. On est très forts pour écraser l?humanité ! Dans le genre vrai faux humanistes, on est balaise ! On fait dans la lantern...

à écrit le 25/03/2013 à 20:50
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Les gens de Yale ont toujours des solutions qui mènent au même résultat : une concentration des richesses pour une toute petite partie de la population. Les crises sont dues aux ecxes sur lesquels ces bons professeurs et autres experts ont fermé les ...

le 26/03/2013 à 10:33
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@corso!Mais bien sur comme toujours des gens sans aucune competence critiquent des BAC + 8 dont c'est le metier .Quelle rigolade.........

à écrit le 25/03/2013 à 19:55
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Le néo-libéralisme anglo-saxon dans toute sa splendeur... Extraordinaire. Sinon, j'espère, La Tribune, qu'il vous a payé cher pour faire la promotion de son bouquin. Et il ose prendre juste UN axe des réformes de Rosevelt pour vendre sa bouillie-pori...

le 25/03/2013 à 22:23
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Les employés de banque à Chypre ne representent strictement rien du tout et Chypre represente encore moins (0.2 % du PIB de l'Europe).La vrais question est de savoir à quels taux les pays peuvent emprunter.Des taux élevés signifient des interets élev...

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