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Formation professionnelle: enfin, le co-investissement !

Photo de Ivan Best

Yves Barou, Afpa

Publié le 18 mars 2014 à 17:08 - Mis à jour le 18 mars 2014 à 17:33

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Actifs, employeurs, OPCA et acteurs publics, Pôle Emploi et Conseils Régionaux, seront désormais parties prenantes dans les actions de formation. Une avancée essentielle, apportée par la nouvelle loi. Même si des points de vigilance demeurent. Par Yves Barou, Président de l’Afpa, Association pour la Formation Professionnelle des Adultes

Que va apporter la nouvelle loi sur la formation professionnelle ? Une dynamique inédite. Principalement, grâce au Compte Personnel de Formation (CPF) qui va remplacer l'actuel DIF (Droit Individuel à la Formation). Les pendules sont remises à l'heure! D'abord, parce que dans le nouveau système, seules certaines formations qualifiantes et certifiantes seront éligibles. Une priorité en période de crise et donc de mutations des métiers. Exit les formations « de confort », aux contours flous, ou les apprentissages « saupoudrage », qui ne servent aucun projet professionnel.

L'abondement, un marqueur du co-investissement

 Autre nouveauté: l'abondement. Lorsqu'un actif aura « rempli » son CPF, il disposera de 150 heures de formation : ce sera .insuffisant pour une formation qualifiante et certifiante. Mais il pourra demander un complément de financement à divers interlocuteurs. Son employeur, Pôle Emploi, les OPCA (Organismes Paritaires Collecteurs Agréés), ou encore sa Région pourront participer à son projet !

La formation devient ainsi un investissement impliquant plusieurs acteurs, chacun pouvant désormais marquer ses priorités pour orienter les choix individuels. Elle retrouve du coup son sens, celui d'un co-investissement : l'employabilité, pour la personne et pour l'entreprise les compétences dont elle a besoin. Et non plus uniquement une charge (pour l'employeur) ou un acquis social (pour la personne). Ainsi devrait progressivement se résoudre le paradoxe actuel du chômage élevé combiné à des difficultés de recrutement dans certains métiers.

Des briques de connaissance

L'Afpa a d'ailleurs repensé son offre dans cet esprit : elle propose désormais des modules de formation compatibles avec le CPF, permettant d'ajouter des « briques » de connaissances à celles que le salarié maîtrise déjà. Pour donner accès à une qualification immédiatement mobilisable sur le marché du travail.Marquant ainsi une avancée majeure, cette réforme appelle néanmoins à rester vigilant sur deux points.

Des formations nationales orphelines ?

Les formations à rayonnement national sont en danger. Ce sont des formations spécialisées, à haute valeur ajoutée : stratégiques, elles correspondent à un volume d'emploi limité réparti à travers toute la France. Elles ne peuvent donc être proposées partout d'autant qu'elles nécessitent de lourds investissements . Résultat : ces formations ne sont plus financées. Or il serait injuste et inopérant d'en faire porter le poids à la seule région d'accueil qui en a aujourd'hui la charge . Une régulation, permettant de concilier décentralisation et prise en compte des enjeux nationaux, reste à inventer.

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Une mise en place lente des nouveaux modes de financement

Deuxième point de vigilance: cette loi ne produira d'effets que d'ici 2016 ou 2017 : le temps que les nouveaux modes de financement se mettent en place et surtout que les salariés acquièrent leurs droits à la formation. Or, ni les chômeurs, ni les entreprises ne peuvent attendre!

Face à cette situation le gouvernement a mis en place deux actions d'urgence, plan 30 000  pour 2013 et plan 100 000  pour 2014. Il s'agit de repérer des métiers ayant des difficultés à recruter. Et d'accroître l'effort de formation à ces métiers, afin de mieux faire coïncider offre et demande.

Le succès du plan des 30 000, tout comme le bilan Afpa des accès à l'emploi ainsi opérés,le démontrent : de telles actions, ciblées sur les métiers en tension, doivent coexister, d'ici 2017, avec les évolutions législatives, par nature plus lentes. Ce n'est qu'à cette condition que la formation professionnelle pourra pleinement acquérir son statut d'investissement d'avenir. Parce qu'elle aura démontré sa capacité, à la fois à préparer l'avenir, à faire émerger une nouvelle croissance et à répondre efficacement aux défis immédiats.

Yves Barou, Afpa

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