De l’urgence à réhabiliter les sciences dans l’enseignement…
Stéphane Sauvagère (*)
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Stéphane Sauvagère pointe le désamour pour les sciences biologiques et géologiques à une époque où elles sont primordiales pour répondre aux enjeux les plus importants.
OPINION - Les sciences de la vie et de la terre, et les sciences en général, sont des disciplines dans une balance en déséquilibre : d’un côté, extrêmement délaissées, de l’autre, nécessaires pour répondre aux enjeux de demain. (*) Par Stéphane Sauvagère, ingénieur en biotechnologies, responsable R&D à l’École de l’ADN de Nîmes, et chargé d'enseignements en biologie en vacations à la Faculté de Nîmes.
Loi de bioéthique, PMA, SARS-CoV2 et crise sanitaire, dernier rapport du GIEC... Depuis quelques mois, les sciences de la vie et de la terre (SVT) sont sous les feux des projecteurs. Tous les yeux sont rivés vers les spécialistes, les médecins et les experts. Des réponses sont attendues, des solutions sont espérées...
Pourtant, les sciences biologiques et géologiques ont été mises de côté depuis trop longtemps. Pourquoi ? Comment expliquer une certaine forme de « peur » ou de « rejet » des sciences par les jeunes ? Quelles solutions apportées afin de redonner le blason aux sciences et éviter le naufrage ?
Quand le parasitisme prévaut sur le mutualisme
En raison des réformes successives, souvent inadaptées, l'enseignement des sciences dans le secondaire fait l'objet d'un sombre tableau : dévalorisation des enseignements des disciplines scientifiques par la réduction massive du volume horaire, niveau scientifique qui baisse drastiquement depuis des années avec des programmes qui survolent beaucoup, volonté d'ultra-spécialisation, de cloisonnement et de lutte entre les disciplines scientifiques au détriment de l'interdisciplinarité et du mutualisme entre ces dernières.
Les élèves français sont beaucoup trop rebutés par les sciences dans leur globalité, ce qui se traduit par un niveau de plus en plus faible. Ce constat alarmant peut s'expliquer par plusieurs raisons : un manque d'intéressement dès le plus jeune âge en raison de programmes inadaptés, beaucoup de conceptualisation et de théorie au détriment de la pratique, prégnance du mythe du plafond de verre et de l'élitisme, et enfin des évolutions de carrière et un niveau de rémunération peu favorables.
L'urgence d'une reconstruction totale des enseignements scientifiques
Ainsi, le constat est sans appel, promouvoir l'enseignement des sciences est indispensable pour répondre aux enjeux de demain. Pour ce faire, il serait intéressant et nécessaire de mettre en place plusieurs axes d'actions.
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