Post-Covid : « L’entreprise doit apprendre à fonctionner en toile d’araignée, souple et qui résiste au vent »
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Ophélie Laboury-Barthez, présidente du cabinet Myriagone Conseil (Montpellier)
Myriagone
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Ophélie Laboury-Barthez, présidente du cabinet Myriagone Conseil (Montpellier)
Myriagone
Quel conseil général donneriez-vous aux dirigeants d'entreprises qui doivent aujourd'hui affronter les conséquences économiques de la crise liée au Covid-19 ?
Ophélie Laboury-Barthez : « Le premier conseil que je peux donner, c'est de capitaliser sur l'expérience qu'on a... Mon regard est un peu biaisé car chez Myriagone, nous observons les sociétés en hyper-croissance, ce qui est en soi une situation de crise pour une entreprise. On peut d'ailleurs faire des parallèles importants avec cette crise sanitaire : on retrouve ainsi les caractéristiques des tensions sur les capacités d'apprentissage, sur l'identité de l'entreprise - qui elle est, sa raison d'être, ses valeurs -, sur les modalités d'organisation, sur la performance... Il faut d'abord assumer ces tensions notamment chez le chef d'entreprise, c'est normal qu'elles soient là. Ensuite, il faut travailler sur la culture d'entreprise et la croissance car ce sera un levier pour passer le cap. Il va y avoir un temps pour construire ou reconstruire la gouvernance de l'entreprise. Autre point crucial : mettre en place une stratégie de légitimité de cette gouvernance et donc de l'entreprise. »
Concrètement, comment l'entreprise peut-elle avancer au sortir de cette période difficile ?
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«
Churchill propose deux modes d'anticipation du futur : la démarche de l'historien - voir dans le passé s'il y a des réponses - ou la démarche du scientifique - prolonger les lignes du présent dans le futur. Chez Myriagone Conseil, nous sommes plutôt dans la seconde démarche.
L'idée, c'est de s'ancrer dans le présent et de tirer des leçons pour le futur : qu'est ce qui a fonctionné - comme le télétravail par exemple -, de quoi est-on fier, quelles sont nos ressources, quel est le niveau de capacité d'apprentissage ? Et ensuite qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?
C'est l'exercice du "plus jamais ça", comme par exemple un défaut d'approvisionnement. Cela revient à faire le bilan des plus et des moins, à prendre du recul. C'est à la portée de tout le monde. Observez les végétaux qui sont en dormance l'hiver pour mieux préparer le printemps. Et bien les entreprises doivent se dire qu'elles ont été en dormance. Elles doivent se redonner des objectifs à long terme et révéler l'entreprise créatrice de valeur ajoutée de demain. Ce moment-là, si particulier, doit permettre de révéler cette valeur sociétale. Durant la crise sanitaire, Ergosanté (conception et production de matériel ergonomique pour le bien-être au travail, NDLR) a fabriqué des masques, ou Pool Technologies (nettoyage de piscines, NDLR) a fabriqué du chlore pour la désinfection. Cela donne le sentiment d'apporter sa pierre à l'édifice. Cela permet parfois de redonner du sens mais la valeur ajoutée n'est pas qu'une valeur ajoutée économique : l'entreprise a un rôle sociétal, ce qui n'était jusqu'alors pas évident pour tout le monde... Le dirigeant peut alors aborder la phase de transformation pour pérenniser sa croissance. »"Faire comprendre aux entreprises l’équation responsabilité / compétitivité" (Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises)
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