Ceci n’est pas un « choc pétrolier »
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Photo d'illustration
Handout .
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Les attaques perpétrées par des drones samedi en Arabie saoudite ont enflammé les installations pétrolières d'Abqaïq et Khurais mais aussi les esprits, prophétisant une catastrophe pour l'économie mondiale. La perte journalière de 60 % de la production du premier exportateur de brut du monde s'est traduite par une amputation passagère de 5 % de l'offre mondiale. Ce qui a fait réagir les marchés dès le lundi. En Asie, les prix du baril s'envolaient de 20 %. Sur les marchés américains et européens, l'envolée était de 10 %. Mais cette brusque hausse était davantage due au changement massif des positions des investisseurs sur les marchés à terme qu'à la disparition de pétrole physique. De fait, mardi 17 septembre, les cours des deux côtés de l'Atlantique baissaient de 6,5 %. Le baril de Brent cotait en fin de séance mardi à 64,50 dollars, revenant peu à peu à son étiage d'avant les attaques.
Car il ne s'agit pas d'un « choc pétrolier », expression qui s'est durablement installée dans les têtes depuis que l'Occident s'est trouvé à la merci de l'Opep, qui imposa un embargo sur ses exportations en octobre 1973 en réaction à la guerre du Kippour. Beaucoup de pétrole a coulé depuis dans les oléoducs, et l'industrie pétrolière s'est adaptée, ainsi que les politiques énergétiques des gouvernements.
De même, sous la houlette de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), des programmes de stocks ont été mis en place depuis le début des années 2000 dans les pays de l'OCDE mais aussi dans des pays émergents, comme la Chine, équivalents au moins à trois mois de consommation. Selon l'AIE, les stocks commerciaux dans les seuls pays de l'OCDE, avaient augmenté en juillet dernier de 1,5 millions de barils (mb) pour atteindre 2,931 milliards de barils, soit 19,7 mb au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. De quoi voir venir.
En fait, l'impact réel des destructions de samedi reste limité sur l'approvisionnement mondial, pour répondre à une demande de 100,3 millions de barils par jour (mbj), selon l'AIE. En effet, même si l'Arabie saoudite est le seul pays a avoir une capacité de réserve de 2 mbj (3 mbj pour l'ensemble de l'Opep), le marché reste bien approvisionné.