Cinq indicateurs « hors sentier battu » à suivre en 2020

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(Crédits : Reuters)
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, cinq indicateurs « hors sentier battu » à suivre en 2020.

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Voici une série de 5 indicateurs « hors sentier battu » à suivre cette année. Des indicateurs qui nous en diront finalement plus sur l'année 2020 que la litanie de nos indicateurs macroéconomiques usuels.

Immatriculations autos et pétrole

Le premier, les immatriculations d'automobiles dans les principaux pays émergents. L'automobile est le marqueur de l'accès à la mobilité et au développement, c'est un marqueur social fort, de l'ascension sociale de la classe moyenne dans ces pays, donc de leur bonne santé. En Chine et en Inde, elles chutent fortement, en Russie elles baissent et plafonnent à bas niveau au Brésil, après avoir totalement décroché lors de la récession de 2015. La vision d'ensemble restituée est donc celle de pays émergents en difficulté. La fin de l'hémorragie, voire la remontée de cet indicateur serait un signal fort indiquant une inflexion de ces économies. En revanche, si la baisse se poursuit, ce sont autant de débouchés qui continueront de se rétrécir avec des conséquences en cascades chez les principaux fournisseurs, allemands et japonais notamment.

Le deuxième indicateur concerne le pétrole : dans un monde où l'inflation a disparu ou presque, ce sont les cours des hydrocarbures qui font les cycles des prix à la consommation. C'est une composante essentielle du pouvoir d'achat. La courbe des cours sera donc bien évidemment à scruter, d'autant que l'effet de base va être important. Alors que début 2019, les prix étaient nettement inférieurs à leur moyenne de 2018, 2020 s'engage avec des prix proches de la moyenne de 2019. Bref, l'effet de base est neutre voire légèrement positif. Il faudra donc que les cours baissent suffisamment dans l'année pour que la contribution du pétrole à l'inflation ne soit pas trop pénalisante pour les ménages. Plus que le suivi traditionnel des courbes d'offre et de demande, il faudra mettre l'évolution des cours en face des informations en provenance des compagnies pétrolières et de leur valorisation. Semi-échec de la mise sur le marché de la méga compagnie pétrolière saoudienne Aramco ou dégradation à venir de la note d'ExxonMobil par Moody's font partis des signaux faibles qui indiquent un changement progressif du comportement des investisseurs financiers vis-à-vis du pétrole. Or, sur un marché où il existe plusieurs dizaines de barils virtuels pour un réel, donc hautement spéculatif, le doute pourrait très vite s'installer.

Métaux, livre sterling et épargne financière

La 3e série d'indicateur, c'est un alliage un peu particulier : celui de l'or et du cuivre. Le cours de l'or va bien car son véritable moteur c'est la peur. Il donne une indication claire de l'état de stress des marchés. Cela a été parfaitement visible l'été dernier : guerre commerciale, tensions géopolitiques dans le Golfe persique entre l'Iran et les Etats-Unis, Brexit compliqué plus une Allemagne au bord de la récession ont propulsé les cours bien au-delà de la barre des 1 500 dollars l'once. La détente depuis est partielle et la récente inflexion montre qu'il règne encore une grande nervosité. Quant au cours du cuivre, c'est un bon indicateur avancé de la conjoncture. Présent dans de nombreux produits industriel — télécommunications, bâtiments, transports ou infrastructures énergétiques — le cuivre est partout ou presque. La hausse de son prix courant 2017 puis son décrochage courant 2018 précèdent de peu les inflexions du cycle mondial de même que le petit sursaut début 2019 puis sa nouvelle rechute. Depuis novembre dernier, les cours remontent à nouveau et laissent entrevoir un début d'amélioration. Affaire à suivre.

La livre sterling fait aussi partie de la liste. Ses soubresauts face à l'euro accompagnent depuis cinq ans l'histoire mouvementée du Brexit de l'annonce du referendum à la mi-2015 en passant par le vote du 23 juin 2016, l'arrivée et le départ de Theresa May aux affaires, jusqu'à la nomination de Boris Johnson 1er Ministre, pour terminer par l'écrasante victoire des conservateurs aux élections anticipées le 12 décembre dernier. Les marchés sont plutôt confiants mais le retour de l'hypothèse d'un Brexit dur pourrait précipiter la devise britannique avec des effets en cascades sur son économie mais aussi sur ses partenaires européens, notamment la France qui a beaucoup à perdre, le Royaume-Uni étant son premier excédent.

En France, justement, le regard devra être tourné vers l'épargne. Pas l'épargne globale qui intègre l'investissement logement, mais l'épargne financière, ce qui peut être mis de côté au quotidien. La question est bien de trancher si les vieilles recettes keynésiennes issues du coup de boost du mouvement des gilets jaunes seront à l'œuvre, ou si les sommes fuiteront vers l'épargne de façon stérile. Or, il semble bien que c'est la prudence qui prévaut et la constitution d'une épargne de précaution.

Immatriculations autos chez les émergents, le duo « cours du pétrole / valorisation des compagnies pétrolières », l'alliage or-cuivre, la livre sterling et l'épargne financière, 5 séries à suivre en 2020.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 14/01/2020 à 10:42 :
L'automobile et le pétrole ne sont plus un marqueur social fort car c'est plus une contrainte qu'un plaisir. L'or refuge ne sert a rien car non négociable pendant et en sortie de crise. Par contre, "miser" sur un peuple qui retrouve sa liberté est loin d'être une mauvaise affaire!
a écrit le 14/01/2020 à 9:23 :
"dans un monde où l'inflation a disparu ou presque,"

C'est faux, l'inflation sur les prix des produits de base a explosé, allez acheter à manger et comparez le avec les prix d'il y a dix ans et je ne vous parle même pas d'avant l'euro.

Alors oui le prix des télévisions baisse c'est sûr... mais ce n'est que du vent.

Que choisir a fait un dossier solide sur ce phénomène, or il est indispensable d'être le plus précis possible dans les chiffres que l'on expose si on veut proposer une analyse de qualité faisant référence, parce que des papiers reprenant des chiffres faux il y en a des milliards et je peux vous garantir qu'ils ne seront pas retenus par l'histoire.

Par contre tout ceux qui feront l'effort d'objectivité indispensable à une analyse de qualité, eux, ne seront pas oubliés et resteront très longtemps bien après eux.
Réponse de le 14/01/2020 à 10:03 :
"Alors oui le prix des télévisions baisse c'est sûr..."

NOn selon que choisir il est stable il ne baisse pas d'autant qu'ils imposent la stratégie des K, ça y est ils ont trouvé une idée pour nous faire raquer.

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