« La désertification et la dégradation des terres nous concernent tous »
Dr. Osama Faqeeha

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Dr. Osama Faqeeha

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Selon le dernier rapport de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), 40 % des terres mondiales sont déjà dégradées, affectant 3,2 milliards de personnes. Chaque seconde, l'équivalent de quatre terrains de football est dégradé, soit 100 millions d'hectares chaque année. Les zones humides ont diminué de 87 % depuis le début de l'ère moderne, avec une accélération rapide ces dernières décennies. De la baisse de productivité agricole en Europe aux famines, la dégradation des terres n'épargne aucun coin de la planète. Plus nous tardons à agir, plus il sera difficile de renverser l'impact destructeur sur nos terres, nos ressources en eau et notre biodiversité. Une vérité qui reste encore trop ignorée sur la scène internationale.
La dégradation des terres, la sécheresse et la désertification ont un impact dévastateur sur les territoires et les communautés à travers le monde. Une terre dégradée perd sa capacité à retenir l'humidité, limitant les rendements agricoles et augmentant la vulnérabilité à la sécheresse. Selon le World Resources Institute, un quart de la population mondiale subit un stress hydrique extrême chaque année. Ce chiffre pourrait augmenter d'un milliard d'ici 2050 si nous n'agissons pas.
Le problème va au-delà de la rareté de l'eau et de la nourriture. Dans des régions comme le Sahel, les sécheresses prolongées et la désertification entraînent des migrations massives et des tensions sociales et politiques. Un rapport de la CNULCD estime que 40 % des conflits intra-étatiques sur une période de 60 ans étaient liés aux terres et aux ressources naturelles.
La situation est grave, mais il y a de l'espoir. La COP16 de la CNULCD à Riyad en décembre offre une occasion unique de créer un impact durable et atteindre l'objectif de restaurer 1,5 milliard d'hectares de terres d'ici 2030.
La lutte contre la dégradation des terres est une responsabilité collective. Ainsi, pour la première fois lors d'une COP de la CNULCD, une « Zone Verte » permettra au public, au secteur privé, aux ONG, à la communauté scientifique et aux institutions financières de trouver et financer des solutions durables.
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Que pouvons-nous espérer accomplir lors de ce troisième rendez-vous fondamental sur le climat ? Obtenir des engagements plus forts et contraignants des pays sur la restauration des terres marquera un tournant. Les objectifs de Neutralité en matière de Dégradation des Terres sont cruciaux, mais davantage de nations doivent s'y engager avec des délais précis pour qu'ils soient efficaces à l'échelle mondiale.
Restaurer les écosystèmes et la biodiversité des sols constitue une des armes les plus efficaces pour lutter contre les extrêmes climatiques. Cela créera également des emplois, stimulera la croissance économique. Ne pas investir dans la gestion durable des terres coûte des milliards de dollars chaque année. La CNULCD estime que la dégradation des terres met en péril 44 000 milliards de dollars chaque année, soit environ la moitié du PIB mondial.
Il y a sans conteste un coût tangible à l'inaction. La COP16 à Riyad doit être l'occasion où nous nous mobilisons enfin en tant que communauté internationale pour enrayer la dégradation des terres et accélérer leur restauration. Il est impératif de faire entendre les voix de cette crise jusque-là silencieuse, les communautés les plus vulnérables attendent des résultats concrets et des actions collectives pour ce 30e anniversaire de la CNULCD.
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La 16e session de la Conférence des Parties (COP16) de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (UNCCD), se déroulera du 2 au 13 décembre 2024 à Riyadh en Arabie Saoudite, et doit marquer un tournant dans la lutte mondiale contre la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse.
Dr. Osama Faqeeha
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