POLITISCOPE. Alors que le mandat présidentiel aborde son dernier tiers, le parti LREM va-t-il réussir, aux prochaines élections municipales, à confirmer sa position obtenue lors des précédentes élections européennes (32,92 % des voix) ? Pas si sûr au vu des surprenants résultats d'un sondage Ifop, qui laisse entendre qu'il ne faudrait peut-être pas enterrer trop vite « l'ancien monde »...Et voilà que Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, décroche, avec 19 %, la deuxième place dans les intentions de vote au premier tour des prochaines municipales, juste derrière l'actuelle maire Anne Hidalgo (25 %). Manifestement, les députés LREM Benjamin Griveaux (15 %) et Cédric Villani (13 %) paient cash la division de leur camp. Pour les commentateurs qui avaient enterré un peu vite « l'ancien monde », ce sondage Ifop constitue une surprise. Bien sûr, Dati, maire du 7e arrondissement de la capitale, s'est empressée de se présenter comme « le vote utile » face à Hidalgo. Étonnant retournement de situation : Paris avait voté à une écrasante majorité Emmanuel Macron en 2017.
C'est dire si les prochaines élections municipales vont être intéressantes à étudier. Alors que le mandat présidentiel aborde son dernier tiers, La République en marche va-t-elle réussir à confirmer sa position obtenue lors des précédentes élections européennes (32,92 % des voix) ? Les électeurs de la droite vont-ils tenter de nouveau l'aventure LREM ou préférer leurs maires sortants ?
On s'active en coulisses pour éviter un nouveau duel Macron/Le Pen
Surtout, l'offre politique va-t-elle pouvoir se diversifier à deux ans du prochain scrutin présidentiel ? Face au scénario où l'on verrait Emmanuel Macron affronter de nouveau Marine Le Pen au second tour, de nombreux acteurs s'organisent en coulisses pour proposer des alternatives.
Même des soutiens d'Emmanuel Macron en 2017 réfléchissent à proposer une autre ligne politique aux Français. Car le président du « nouveau monde », en se déportant largement sur sa droite, a laissé peu à peu un espace vacant au centre gauche, suscitant les espoirs de renouvellement de certains.
C'est le cas d'un socialiste « réformateur », Gilles Savary, qui s'était opposé en pleine présidentielle au candidat du PS, Benoît Hamon :
« Je ne pourrai pas faire ta campagne ni te soutenir. J'appelle à voter Macron », avait-il affirmé à l'Assemblée nationale.