Le voisinage libyen en quête d'une sortie de crise
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
Les chefs d'Etat et de gouvernement membres du « Comité de Haut Niveau » des pays voisins de la Libye se réunissent, ce mardi 8 novembre à Addis Abeba, pour se pencher sur la situation qui prévaut dans le pays et explorer les voies et moyens permettant de trouver une solution à la crise politique et sécuritaire qui prévaut dans le pays. Le sommet qui enregistrera la participation de plusieurs délégations des pays frontaliers de la Libye, mais aussi des partenaires comme l'UA, l'ONU et la Ligue arabe, s'inscrit dans le cadre des efforts que mènent la communauté internationale pour sortir la Lybie de l'impasse. En prélude à la rencontre d'Addis Abeba, les ministres des Affaires étrangères membres de cette instance se sont d'ailleurs réunis, le 19 octobre dernier à Niamey au Niger, avec comme objectif de contribuer à la stabilisation de la Lybie dans le cadre de la résolution 22-59 du Conseil de sécurité des Nations-Unis adoptée en décembre 2015.
Il s'agissait de la 9e rencontre du genre pour ce mécanisme de concertation qui réunit les pays voisins de la Libye à savoir l'Algérie, l'Egypte, le Tchad, la Tunisie, le Mali et le Niger.
La crise libyenne continue donc de mobiliser la communauté internationale qui s'inquiète de la persistance de la dégradation de la situation politique et sécuritaire dans le pays. Plus de cinq années après la chute de Khaddafi, le contexte reste très tendu en l'absence de véritable autorité politique pour prendre en charge les défis sécuritaires et migratoires qui ne cessent de prendre de l'ampleur. Une situation qui n'est pas sans se répercuter sur les pays voisins de la Libye, lesquels ont mis en place un Comité de Haut Niveau sous l'égide de l'UA, avec le soutien de l'ONU et de la Ligue arabe.
Pour ce groupe de pays, la situation qui prévaut chez leur voisin commun est porteuse de facteurs d'instabilité interne, surtout avec l'infiltration des groupes terroristes dont certains sont déjà très actifs à l'instar de l'organisation Etat islamique (EI). «Il est absolument impensable de croire que nos Etats, pris individuellement, ou même collectivement peuvent vivre en paix si la paix ne prévaut pas en Libye» a estimé, par exemple, le chef de la diplomatie nigérienne Ibrahim Yacouba pour qui la stabilité et la sécurité des pays voisins passent par la stabilisation de la situation en Libye.
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Le sommet d'Addis Abeba va donc entériner les décisions prises à Niamey notamment la recherche d'une « solution politique et sans ingérence étrangère ». Dans ce cadre, les pays voisins de la Libye et leurs partenaires vont réaffirmer « leur attachement au processus politique initié par les Nations unies visant une solution définitive et durable, à travers la mise en œuvre de l'accord politique libyen, ainsi que leur soutien au Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale ». Le 31 octobre dernier, la situation libyenne a été également au cœur d'une autre réunion qui s'est tenu à Londres et qui a réunit « les pays partenaires de la Libye ».
Là aussi, il a été mis en exergue le fait que la stabilité et la sécurité dans le pays sont dans l'intérêt mondial, au delà du voisinage. Les pays partenaires ont donc eux-aussi « réaffirmé le soutien international fort au gouvernement de l'entente nationale reconnu mondialement comme étant le seul gouvernement légitime de la Libye ».
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Enfin, la 13ème réunion du « Dialogue 5+5 sur la Méditerranée occidentale » qui s'est tenu le 28 octobre à Marseille s'est aussi penchée sur la crise libyenne avec comme principale conclusion, la réaffirmation de l'accord de Skhirate au Maroc comme « seul cadre de solution politique ». Il reste toutefois qu'en dépit de la multiplication des rencontres au chevet de la Libye, la situation sécuritaire et politique est loin de s'améliorer. Les derniers développements de la situation dans le pays font même craindre le risque « d'un conflit interne majeure » selon un rapport publié dernièrement par l'International Crisis Group (IGC).
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