Un geste d'apaisement de Joseph Kabila ? C'est ce qu'on serait tenté de croire. Les autorités congolaises ont libéré, ce mardi 27 décembre, dix-neuf membres du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), un des initiateurs de la campagne « Bye Bye Kabila ».
Un responsable de Lucha a confirmé la libération de 18 de ses membres arrêtés à Goma, le 21 décembre lors d'un sit-in devant le siège du gouvernorat de Goma (Nord-Kivu) pour réclamer le départ de Joseph Kabila. Cinq autres de leurs camarades arrêtés le même jour, ne sont pas encore libres. A Kinshasa, une autre membre de ce mouvement, portée disparue depuis le 16 décembre, a été libérée.
Cette libération d'activistes pacifistes et non -violents intervient alors que les négociations entre le pouvoir et une partie de l'opposition, suspendues avant Noël, vont reprendre ce jeudi 29 décembre sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Faut-il voir pour autant cette libération comme une concession du pouvoir pour parvenir à un accord politique ?
Marie-Madeleine Kalala, chef de file des signataires de l'accord qui a maintenu Joseph Kabila au pouvoir, semble pencher en faveur de cette interprétation.
Mais cette bonne volonté affichée par les pro-signataires de l'accord, escamote les autres points de blocage pour parvenir à la signature d'un accord. Une des conditions de l'opposition est la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce plan, les 19 jeunes libérés sont plus chanceux que d'autres membres du collectif Filimbi notamment leur figure de proue, Carbone Beni, arrêté devant le siège de la Cenco. Il s'y ajoute d'autres membres du mouvement Compte à Rebours, arrêtés ou portés disparus dans les dernières heures de la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila, le 19 décembre dernier.
Pour prolonger la liste, le pouvoir n'a pas donné les garanties nécessaires pour un retour apaisé d'opposants comme Moïse Katumbi mais aussi la libération d'autres comme Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala et Moïse Moni Della. L'opposant Gabriel Kyungu Wa Kumwanza dont l'immunité a été levée sur fond d'accusation d'outrage au chef de l'Etat, vient grossir le rang des opposants à libérer. La libération des jeunes activistes, même si elle est saluée, est une goutte d'eau dans un océan d'opposants à libérer.
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Les évêques de la Cenco qui espéraient un alignement des planètes pour une signature de l'accord pour Noël, reprendront à nouveau leurs bâtons de pèlerins. Au centre interdiocésain où se tiennent les négociations, ils viendront certainement rappeler cette « concession » du pouvoir de Joseph Kabila en plus de celle déjà acceptée d'organiser la présidentielle en décembre 2017 au lieu d'avril 2018 comme le stipulait le précédent accord politique.
Entre autres, la nomination d'un premier ministre au sein du Rassemblement, la libération sans condition de tous les prisonniers politiques dont la liste a déjà été transmise au pouvoir, le renouvellement du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), constituent les derniers points d'achoppement de ces négociations de la dernière chance. L'Eglise déjà agacée de ses navettes infructueuses entre ces sourds qui veulent dialoguer sans le langage des signes forts, a envoyé une virulente pique au pouvoir dans une homélie de Noël au vitriol. Elle devrait également remonter les bretelles de l'opposition qui en réclame toujours plus.
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Les négociations qui s'ouvrent ce jeudi 29 décembre cristallisent donc tous les espoirs pour parvenir à un accord politique pour la première transition politique de l'histoire de la RDC. Elles devraient se refermer ce vendredi 30 décembre avec un accord a minima. Ce qui ne déplairaient pas aux évêques de la Cenco qui espèrent l'alignement des planètes pour la Saint-Sylvestre. Un signe du ciel pour une RDC qui s'en remet à Dieu pour voir la lumière au bout du tunnel !
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