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RDC : incertitudes autour des funérailles nationales d’Etienne Tshisekedi

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Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 07 février 2017 à 14:20

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Cinq jours après le décès d’Etienne Tshisekedi, l’organisation de ses obsèques est l’équation que doivent résoudre aussi bien ses familles biologique et politique. La popularité du « Sphinx de Limeté », sa brusque disparition à un tournant décisif de la vie politique congolaise, sont autant d’ingrédients qui risquent de compliquer le programme des funérailles.

Les hommages et les superlatifs fusent depuis le décès, ce 1er février à l'âge de 84 ans, d'Etienne Tshisekedi.

Après l'exposition de la dépouille à Heysel à Bruxelles où plus de 5.000 personnes sont venues se recueillir devant le cercueil de l'opposant historique. La ferveur des hommages et le recueillement devraient se poursuivre avec une autre exposition, prévue ce 9 février à la Basilique de Koekelberg en Belgique.

La date de l'enterrement, la vraie inconnue

Difficile pourtant de savoir après célébrations, la date du transfert de la dépouille d'Etienne Tshisekedi de Bruxelles, où il s'est éteint, vers Kinshasa qu'il venait de quitter, cet après-midi du 23 janvier 2017. Cette donnée reste pour l'heure inconnue. Dans la capitale congolaise où le pouvoir promet « des funérailles dignes d'un Premier ministre », les préparatifs pour l'établissement du programme définitif battent leur plein.

« Le corps du président Tshisekedi pourrait être rapatrié à Kinshasa au plus tôt vendredi [10 février 2017, ndlr]. Avec l'arrivée du corps, le programme définitif sera connu ». Cette déclaration de Valentin Mubake -un membre du parti d'Etienne Tshisekedi et du comité d'organisation des obsèques- illustre bien l'incertitude sur la date de rapatriement du corps. Si la dépouille arrive effectivement le vendredi 10 février, la mise en terre pourrait se faire deux jours après, le dimanche.

Mais l'incertitude laisse place aux tractations pour encadrer cet événement qui risque de refuser du monde. Après avoir rencontré la commission du gouvernement congolais, une délégation de la famille d'Etienne Tshisekedi fait route vers Bruxelles pour régler les derniers détails du rapatriement. Il faudra alors prévoir le déroulement de la cérémonie de funérailles. Et c'est là que les choses se compliquent.

Le décès d'Etienne Tshisekedi intervient dans un contexte politique particulier. Après plusieurs mois de crise consécutive au maintien de Joseph Kabila au-delà de son second et dernier mandat, l'opposition congolaise a signé lors de la Saint-Sylvestre un accord politique soumis à un « arrangement particulier ».

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Pour régler les particularités de cet « arrangement », Etienne Tshisekedi est porté à la la présidence du Conseil national de suivi de la transition. Cinq mois plus tôt, le « Shynx de Limeté » rentrait en juillet d'un exil médical de deux ans. Une foule en liesse de dizaine de milliers l'a accueilli pour son retour.

Le pouvoir face aux risques de débordements lors des funérailles

Même si la liesse va laisser place à la tristesse, il faut prévoir que pour accueillir la dépouille du « président Tshisekedi », le nombre de personnes devrait décupler. La première difficulté pour les autorités de Kinshasa sera de pouvoir encadrer l'acheminement du corps sans débordements.

Aux premières heures de l'annonce de la mort de l'opposant, ses militants, partisans et sympathisants ont pris d'assaut le siège du parti et la résidence de Tshisekedi de Limeté. Ce qui n'a pas manqué de donner lieu à quelques échauffourées avec la police congolaise. Cette mobilisation ne faiblit pas, plusieurs jeunes appelant au rassemblement sur les réseaux sociaux.

Il s'ajoute les risques de récupération politique de la mort de l'opposant pour faire pression. Certains membres de l'opposition (divisée sur le mode de désignation) ont réclamé la démission du Premier ministre actuel, Samy Badibanga et la nomination d'un autre à la primature selon l'accord politique et la volonté du défunt opposant.

Suffisant pour provoquer une colère froide des partisans du Sphinx. « Nous, en tant que parti politique du président Etienne Tshisekedi, nous ne pouvons pas conditionner son enterrement à quoi que ce soit. C'est un grand homme, il a fait beaucoup de choses pour ce pays, il est mort, nous devons l'enterrer avec dignité et honneur », s'emporte Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le secrétaire général de l'UDPS au micro de RFI.

Une autre difficulté serait de pouvoir prévenir d'éventuels débordements d'une foule qui sous l'emprise de leur forte émotion pourrait choisir cette occasion pour mener une marche pour défier le pouvoir en place au Palais de la Nation. Le Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale congolaise, un temps évoqué comme le lieu pour les obsèques nationales, pourrait rapidement être débordé et difficilement « sécurisable ».

Le retard dans l'établissement du programme funéraire d'Etienne Tshisekedi est peut-être retardé par un détail de poids. Son parti ainsi que le comité d'organisation prévoient de lui ériger un mausolée, ce qui pourrait prendre plus de temps que prévu.

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Pour les prochains jours, les autorités congolaises auront fort à faire pour résoudre cette équation à plusieurs inconnues et de tous les possibles. Même mort, Etienne Tshisekedi hante le sommeil du pouvoir !

Ibrahima Bayo Jr.

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