« Habemus pactum » -« nous avons un accord »- ! Le miracle n'a pas eu lieu lors du conclave décisif de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Ceux qui scrutaient le conclave du centre inter-diocésain dans l'attente de voir la fumée blanche ont été déçus. Depuis trois mois, les évêques congolais ont multiplié les homélies pour tenter de régler l'arrangement particulier qui bloquait l'application de l'accord de la Saint-Sylvestre. Face à des acteurs politiques sourds aux prêches épiscopaux, ils ont fini par jeter l'éponge tard dans la soirée du 27 mars dernier.
Commerces fermés à Kinshasa, échauffourées d'étudiants avec les forces de l'ordre, scènes d'émeutes dans la capitale et même des coups de feu entendus à Limete.... La rue congolaise est proche de retomber dans la psychose de la période d'avant le 19 décembre 2016, cette période particulièrement tendue qui a précédé la fin de mandat constitutionnel de Joseph Kabila.
Est-on proche d'un « printemps congolais » ? En tout cas, des mouvements spontanés de Congolais commencent à se former un peu partout dans les artères de la capitale en réaction à l'annonce de la fin de la mission de bons offices des prêtres qui dénoncent tant des manœuvres dilatoires que la mauvaise foi des acteurs au détriment de l'intérêt national.
Des violences qui interviennent à la veille d'un vote décisif au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est en effet ce 29 mars que le Conseil de sécurité devra se prononcer sur le prolongement (ou non) du mandat de la Mission des Nations Unies pour le Congo (Monusco). Cette spirale de violences qui commence à se former pèsera sans doute dans le vote final lors de la séance prévue à New-York.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait demandé le renforcement de la Monusco par l'intégration de 320 policiers supplémentaires aux 19.000 soldats, observateurs de police et militaires pour assurer notamment la sécurité des civils.
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A la veille de ce vote crucial pour la tenue des élections prévues à la fin de cette année, la Fédération internationale des droits de l'Homme(FIDH) ainsi que la Ligue des Électeurs (LE), le Groupe Lotus (GL) et l'Association africaine des droits de l'Homme (ASADHO) s'inquiètent de la flambée des violences.
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Le groupe d'associations signalent « l'intensification des violences et des violations commises par différents groupes armés et détaille la répression en cours et ses effets ». Les associations dénoncent que « la détérioration continue de la situation depuis l'été 2016 laisse craindre un embrasement généralisé ». Face aux risques, la RDC, encore une fois, retient son souffle !
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