Bénin: Candide Azannaï, la démission qui embarrasse Patrice Talon
La Tribune Afrique
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Une annonce vague et lapidaire, sans autre commentaire ni explication. Candide Azannaï, bouillant politicien et ministre de la défense du Bénin a claqué la porte du gouvernement sans fournir d'explications sur les raisons de sa démission déposée en catimini sur la table du Palais de la Marina et annoncée plus tard via.... Facebook!
On pouvait s'attendre à n'importe quelle démission, sauf la sienne tant l'homme était un membre du premier cercle du président Talon. Sa démission exprime bien la discorde gouvernementale sur l'initiative gouvernementale qui veut faire passer la loi du mandat unique.
A ce jour, aucun communiqué ou déclaration officielle de la présidence de la République sur le sujet, une omerta s'est même installée autour de la question. On dénonce une discorde entre le ministre démissionnaire et son collègue de la justice au sujet de la réforme constitutionnelle voulue par le chef de l'Etat.
Une querelle au sein de l'équipe gouvernementale qui aurait eu pour résultat, le départ de l'un des principaux artisans de la victoire du Président Patrice Talon.
Une "trahison" que ne lui pardonnent pas certains des ex-collègues du Gouvernement. D'autres louent le courage politique de Candide Azannaï, illustrant ainsi une césure politique apparue chez les collaborateurs du président béninois, selon les informations concordantes. « C'est un acte politique fort, un acte de courage d'un homme au caractère bien trempé », estime l'ancien ministre de la justice Victor Topanou qui soutient la deuxième opinion.
Même si certains estiment que la démission de Candide Azannaï est ''un non-événement'' et que le président Patrice Talon a ''trop peu de temps'' de s'y consacrer, il faut dire que le malaise causé par son départ, pose certaines questions sur la méthode de gouvernance du président Talon et sur son leadership.
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Question de leadership politique pour Patrice Talon, le débat peut être ouvert. Contesté sur beaucoup de questions ces derniers temps, le président vient de subir un autre revers cinglant.
Alors qu'il avait fait passer devant le gouvernement le décret qui demande aux parlementaires d'examiner en procédure d'urgence sa proposition de texte de loi, le président s'est vu opposer un refus on ne peut plus catégorique.« La procédure d'urgence est rejetée !», a asséné Adrien Houngbedji, le président des 65 députés du parlement basé à Porto-Novo. « Le Parlement béninois vient une fois encore d'affirmer son indépendance, en rejetant sans pression aucune, cette procédure d'urgence », a analysé Rachidi Gbadamassi, après la prononciation du refus par le chef du parlement .
La semaine dernière, plusieurs organisations de la société civile s'étaient mobilisées devant le siège du parlement pour protester contre la procédure d'urgence et peser le choix des députés réunis pour l'occasion. Ce n'est pas tant le fond de la réforme qui est contesté que la méthode.
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Selon la presse locale, les Béninois voudraient que le projet de modifications à apporter à la constitution soient largement débattu par la classe politique, les constitutionnalistes et la société civile, avant son adoption. Un processus visiblement trop long pour Patrice Talon. Les nouveaux textes prévoient une modification de 43 sur les 160 articles que comporte la constitution béninoise avec comme mesure la plus originale est le mandat unique de 6 ans. Avec la démission du ministre de la Défense -sans doute en désaccord avec la méthode de Talon- c'est peut-être cette vieille promesse de campagne de Patrice Talon qui vole en éclats.
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