Trump, un épouvantail pour l'Afrique ? Pas si sûr...
Christine Holzbauer
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L'élection de Donald Trump a provoqué des réactions mitigées sur le continent. Le club des présidents africains «qui s'accrochent au pouvoir» a vite pris conscience, selon la plupart des commentateurs, que le nouveau locataire de la Maison Blanche avait construit toute sa campagne sur le «Make America great again» (rendre sa grandeur à l'Amérique). Du coup, ce retour de l'isolationnisme aux plus hauts sommets des l'Etat est interprété comme un gage que le 50e président des Etats-Unis n'aura plus autant à cœur de s'occuper d'élections transparentes et de droits de l'homme comme le faisait son prédécesseur. L'ancien Monsieur Afrique de Georges Bush, l'ambassadeur Herman Cohen, a même glosé sur la phrase du président Obama prononcée en Egypte lors de sa première tournée africaine, affirmant que l'Afrique n'avait pas besoin d'hommes forts, mais d'institutions fortes. «Donald Trump préfère traiter avec des hommes forts. Donc, je ne crois pas qu'il va beaucoup parler de la bonne gouvernance ou de la démocratie. Il va essayer de faire des accords avec des présidents comme le Rwandais Paul Kagame, le Kenyan Julius Kenyatta ou le Congolais SassouNguesso», selon l'ex-sous-secrétaire d'Etat aux Affaires africaines.
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D'autres présidents africains, comme Macky Sall, ont préféré rester prudents. «Je pense que les propos et les actes du président seront très différents de ceux du candidat», avait estimé le chef de l'Etat sénégalais avant l'investiture de Donal Trump. La promesse de campagne d'interdire l'entrée des Etats-Unis aux musulmans signifie qu'un grand nombre de Sénégalais et d'autres ressortissants africains de pays majoritairement musulmans ne pourront plus venir aux Etats-Unis, qu'au compte-gouttes. Pour les sans-papiers, c'est l'expulsion garantie: après une centaine de Kenyans en janvier, ce sont des Sénégalais en situation irrégulière ou ayant eu maille à partir avec la justice qui ont été expulsés vers Dakar le 5 mars dernier. Et d'autres expulsions vont suivre, même si son premier décret anti-immigration du 27 janvier dernier, dans lequel sept pays étaient visés (Irak, Iran, Libye, Syrie, Soudan, Somalie et Yémen), a été rejeté par plusieurs juges fédéraux.
Christine Holzbauer
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