Le président catalan déclare l'indépendance, mais en différé
Aurélie Chamerois
Aurélie Chamerois
C'est ce que déclarait, dans la soirée du mardi 10 octobre, le président catalan au parlement, lors d'une session plénière que l'on annonçait historique. A quelques dizaines de mètres, la foule s'était pressée pour suivre le discours retransmis sur écran géant.
Dans une certaine effervescence, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour vivre ce moment unique. Alors quand le président annonce une indépendance "en différé", la déception est palpable.
Tiraillé entre la frange radicale qui voulait une indépendance irréversible et la frange plus modérée qui voulait ouvrir une période de dialogue, Carles Puigdemont a donc privilégié son parti, le PDeCAT, effrayé par la fuite des entreprises. Plusieurs grandes sociétés catalanes, dont six cotées à l'IBEX35, ont en effet annoncé cette semaine le déménagement de leur siège social vers d'autres villes d'Espagne, à cause de l'instabilité politique de la région.
L'indépendance a donc été officiellement déclarée, mais elle est sans effet jusqu'à ce que toutes les voies de dialogue aient été épuisées. Une question de semaines selon les indépendantistes.
Carles Puigdemont veut jouer l'apaisement, après des mois de tensions entre Madrid et Barcelone. A Madrid toutefois, la déclaration d'indépendance a été reçue comme une nouvelle provocation.
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Le leader socialiste Pedro Sanchez a rencontré dès ce mardi soir le chef du gouvernement Mariano Rajoy. L'exécutif espagnol pourrait déclencher les mécanismes institutionnels lui permettant de prendre le contrôle des institutions catalanes, notamment de dissoudre le parlement régional et provoquer de nouvelles élections.
Aurélie Chamerois
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