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Togo : la médiation des chefs d'Etats ouest-africains viendra-t-elle à bout de la crise politique ?

Photo de Mounir El Figuigui

Emmanuel Atcha

Publié le 11 octobre 2017 à 15:47 - Mis à jour le 11 octobre 2017 à 15:55

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Au Togo, la crise politique qui secoue le pays depuis quelques semaines pourrait bientôt connaître son épilogue. Attendu pour contribuer à trouver une solution à la crise, le secrétaire général des Nations Unies a mandaté cinq chefs d'Etat de la sous-région ouest-africaine pour faire un travail de médiation. Entre temps, alors que les deux parties viennent de rejeter la médiation de la Francophonie, les manifestations de l'opposition sont encore prévues. Les autorités, elles, ont décidé d'interdire les...

C'est peut-être la médiation à laquelle plusieurs s'attendaient, celle venant des Nations Unies. Une chose est sûre, l'information fait actuellement grand bruit à Lomé. Désignés par le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, les présidents béninois, Patrice Talon, burkinabè, Roch-Marc Christian Kaboré, ghanéen, Nana Akufo-Addo, ivoirien, Alassane Dramane Ouattara et nigérien, Mahamadou Issoufou se posent en médiateurs de la crise politique que traverse le Togo depuis quelques semaines.

D'après les sources officielles, la mission des cinq chefs d'Etat sera d'échanger avec les protagonistes de la crise, à la fois les autorités gouvernementales et les leaders de l'opposition, ainsi que du parti au pouvoir, les organisations de la société civiles et les ambassadeurs accrédités au Togo, afin de rapprocher les points de vues actuellement très divergents sur le processus de la mise en œuvre des formes constitutionnelles exigées par l'opposition réunies au sein d'une coalition.

D'ailleurs, mandaté par le groupe des cinq chefs d'Etat, Nana Akufo-Addo, le président ghanéen, élu il y a moins d'un an, a déjà établi les contacts et commencé les échanges avec certains acteurs. Les sources précisent qu'il poursuivra sur la même lancée dans les jours à venir, afin d'éviter que le Togo, connu pour sa stabilité, ne se transforme en un foyer de tensions. Nana Akufo-Addo devrait faire attention, vu que la classe politique togolaise a déjà rejeté une première tentative de médiation, notamment celle de la Francophonie.

L'OIF boudée, avant même d'avoir commencé

Annoncée depuis la semaine dernière, la médiation de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n'aura finalement aucune chance de se tenir. Celle-ci a été rejetée avant même d'avoir démarré. Autant les leaders du parti au pouvoir que ceux des partis de l'opposition ont rejeté la médiation et ont fait savoir qu'ils ne s'y rendront pas. Si au niveau des premiers, aucune raison officielle n'a été donnée, les seconds quant à eux évoquent la position de la cheffe de mission, la Nigérienne Aïchatou Mindaoudou Souleymane.

Lors d'un point de presse de ce mardi 10 octobre 2017, la coalition des partis de l'opposition a donné sans ambages sa position : «Nous remercions l'OIF pour l'intérêt qu'elle accorde à la situation qui prévaut actuellement au Togo. Nous avons décidé de ne pas rencontrer l'OIF, non pas parce que nous avons quelque chose contre cette institution, mais à cause du rôle que la cheffe de mission, Madame Aïchatou Mindaoudou a déjà joué ici au Togo», a indiqué Brigitte Adjamagbo-Johnson, la première responsable de la coalition qui regroupe quatorze partis politiques de l'opposition. Selon elle, l'opposition togolaise envoie un message à la communauté internationale pour dire qu'elle est déterminée à aller jusqu'au bout de la lutte et qu'elle ne voudrait pas qu'on la «prenne pour servir des intérêts contraires à ceux du peuple togolais».

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Allant plus loin, les quatorze partis politiques de l'opposition ont annoncé une marche dans toutes les localités du pays le 18 octobre prochain, dont le point de chute de celle de Lomé sera devant les bureaux de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Lomé.

«Nous allons dire à l'institution que nous ne sommes pas d'accord avec le référendum qu'elle semble encourager. Elle est allée très loin en incitant le gouvernement togolais à annoncer une date pour ce référendum, alors que ce que le peuple togolais veut, c'est retrouver effectivement sa Constitution  de 1992 que le référendum ne permettra pas d'obtenir», a souligné Brigitte Adjamagbo Johnson. Mais cela risque d'être compliqué !

Le gouvernement interdit les marches des jours ouvrables

Devant se tenir le mercredi 18 octobre 2017, les manifestations de l'opposition, si elles doivent avoir lieu, devront se défaire d'abord des mesures du gouvernement. Face à la presse locale ce mardi 10 octobre, les ministres de l'Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Payadowa Boukpéssi et de la Sécurité et de la protection civile, Damehame Yark ont annoncé que le gouvernement avait décidé d'interdire les manifestations des jours ouvrables dans le pays.

«Compte tenu des désagréments que les dernières marches de l'opposition ont causés à la population, nous avons décidé que la loi sur les manifestations soit appliquée intégralement dans sa rigueur dans les prochains jours. Ainsi en semaine, les manifestations se feront uniquement en un lieu fixe et en weekend les manifestants peuvent marcher et  tenir un meeting», a expliqué Payadowa Boukpessi.

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Selon lui, même si la liberté de manifester reste garantie, elle devra se faire «dans le respect de la loi». Quant à son collègue à la Sécurité, il a exprimé ses regrets pour les écarts observés lors des marches du 5 octobre et ne s'est pas empêché de charger l'opposition : «Je n'ai jamais entendu parler de paix dans les meetings de l'opposition, mais à chaque fois elle parle de manifestations pacifiques».

Emmanuel Atcha

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