Fait rare pour un attentat sur le Continent ! Face à l'ampleur du carnage de ce samedi 14 octobre à Mogadiscio, la Tour Eiffel s'est éteinte ce lundi à minuit. Et pourtant, la proximité géographique aurait voulu que les premières réactions soient d'abord africaines.
Trois jours après le drame, dans les palais présidentiels et les chancelleries africaines, les chefs d'Etat et les présidents des institutions du Continent cultivent un silence interrogateur, à la limite coupable. Peu de réactions encore moins de solidarité avec la Somalie qui vient d'enregistrer l'attentat le plus meurtrier de son histoire avec dernier bilan -encore provisoire- de 300 morts et autant de blessés.
Au milieu de ce désert de réactions, il faut souligner la vivacité salutaire du président de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Premier à réagir dès le lendemain de l'attentat. Au nom de la « famille de l'Union africaine », il a condamné « fermement les attaques effroyables à Mogadiscio ». « Nous sommes du côté du peuple de la Somalie dans la lutte contre la terreur », a-t-il ajouté dans un tweet daté du 15 octobre.
Lui emboîtant le pas depuis la Suisse où il venait d'atterrir après une visite de trois jours à Dakar, Roch Marc Christian Kaboré a adressé un message de condoléances à la Somalie. Dans un tweet signé, le président burkinabé présente ses «condoléances aux familles de l'horrible attentat de Mogadiscio. Solidarité avec le Peuple Somalien».
Au Bénin, la présidence a indiqué au nom de Patrice Talon que «le peuple béninois est solidaire du peuple somalien suite à l'attentat de samedi dernier ayant fait plus de 250 morts à Mogadiscio»
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En visite au Mali où il a adressé un discours de lutte contre le terrorisme, Faure Gnassingbé, le président togolais et chef d'Etat en exercice de la Cedeao, a-t-il oublié la Somalie. Malgré un discours très offensif pour lutter contre l'extrémisme violent et le terrorisme, le chef de l'Etat togolais n'a pas fait mention du pays frappé par ces attaques meurtrières. Même silence d'Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien dont le pays est aux prises avec le terrorisme depuis bientôt une décennie. Silence radio également dans la plupart des chancelleries des pays voisins notamment le Kenya, le Soudan et des institutions africaines. Pour l'heure, seul Djibouti a envoyé 32 médecins pour suppléer les secouristes somaliens à apporter les premiers secours aux blessés dégagés des décombres.
La solidarité africaine prend un sérieux coup notamment avec cette «gifle» de la Turquie aux pays africains. Grand allié de la Somalie, Recep Tayyip Erdoğan, le président turc a eu la réaction la plus remarquée. Son message de compassion s'est accompagnée d'un avion spécialement affrété pour acheminer à Mogadiscio de l'aide humanitaire. Ankara prendra en charge également une partie des blessés. Dans un message, Mohamed Abdullahi Mohamed, le président somalien a exprimé sa gratitude à son "frère Erdogan de rester debout [avec la Somalie] en ces temps difficiles"
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Au chapitre des réactions hors d'Afrique, le roi Salman et le prince héritier Muhammad d'Arabie Saoudite, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le département d'Etat américain ont, soit condamné les attaques soit exprimé leur solidarité à la Somalie.Tout cela devant le mutisme érigé en règle en Afrique dans ces douloureuses circonstances où la Somalie s'attend à recevoir de l'aide pour faire face à l'horreur.
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