Nouveau claquage de porte à La Haye aux Pays-Bas dans la fronde africaine contre la Cour pénale internationale (CPI). En véritable crise de crédibilité et de légitimité sur un continent où elle est accusée d’acharnement anti-africain, l’institution de Fatou Bensouda vient de perdre un de ses 122 pays-membres. Le Burundi de Pierre Nkurunziza qui avait entamé sa procédure de retrait un an plus tôt vient d’acter son départ. Il est le premier Etat en Afrique et dans le monde à aller jusqu’au bout de son...
Retrait entamé sur les traces de la fronde africaine contre la CPI
Mi-octobre 2016, dans les pas de l'Afrique du Sud qui annonçait son retrait de la cour, le parlement burundais avait voté en procédure accéléré, une loi pour se retirer du Statut de Rome, le texte fondateur de la Cour pénale internationale. Selon la procédure de retrait, il s'en est suivi l'envoi d'une lettre au secrétaire général des Nations Unies pour lui spécifier le retrait. Un an plus tard, en l'absence d'une annulation de la procédure, le retrait est acté.
Dans un continent où l'institution judiciaire basée à La Haye aux Pays-Bas n'est plus en odeur de sainteté, le Burundi devient le premier Etat d'Afrique et du monde à claquer la porte de la cour. Et pourtant, l'on pourrait penser que le retrait du Burundi s'inscrit dans cette dissidence africaine contre la juridiction de Fatou Bensouda.
Sous le coup d'une enquête de Fatou Bensouda pour des crimes supposés commis lors de la crise post-électorale qui a suivi sa réélection à un troisième mandat, en déliquescence avec l'Union européenne sur la question des droits de l'Homme, Pierre Nkurunziza avait enclenché la procédure de retrait alors que l'ONU dénonçait une répression proche d'un « risque de génocide ».
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Aujourd'hui, à 53 ans -dont 12 au pouvoir-, le président burundais s'apprête à soumettre à un référendum en 2018, une réforme constitutionnelle pour faire sauter le verrou de la limite de mandat. Cette dernière devrait lui permettre de se présenter à nouveau en 2020 pour un mandat de cinq ans. Puis via un changement de durée, d'être théoriquement candidat à nouveau en 2027.
Face à une communauté internationale qui pousse des cris d'orfraie devant ce qu'elle dénonce comme une « dérive autoritaire » du pouvoir qui s'exerce depuis les collines de la capitale, Bujumbura fait un pied de nez à la justice internationale. Au-delà, Pierre Nkurunziza ouvre devant elle, le parapluie antiatomique de ce retrait face aux poursuites éventuelles de la CPI. Curieuse manière d'échapper à la justice!