La Gambie en décembre 2016, le Kenya entre août et octobre 2017, ont connu cette attente interminable, dans l'angoisse d'un avenir politique incertain. Le Liberia marche peut-être dans leur pas. Après un premier tour salué par les observateurs internationaux, tout le pays est suspendu au verdict de la Cour Suprême sur un éventuel remake voir une annulation de la présidentielle.
Pour l'heure, le scrutin est suspendu. Saisie d'une requête en annulation par trois partis politiques dont l'Unity Party (au pouvoir) pour des « irrégularités systémiques » qui auraient entaché le premier tour, la plus haute juridiction devait rendre sa décision ce jeudi 2 novembre. Après avoir convoqué la NEC, la commission électorale, la Cour a décalé son verdict d'un jour. Elle se prononce ce vendredi 3 novembre.
En attendant, elle a enjoint la NEC de suspendre toute activité liée au second tour devant opposer George Weah à Joseph Boakai. Une décision contestée par la NEC qui a engagé une bataille rangée en déniant à la Cour Suprême le droit d'annuler ou de reporter un scrutin au Liberia. Toutefois le risque de retarder le dernier virage pour désigner le vainqueur de la course à l'Executive Mansion n'en est pas moins écarté et pourrait même s'exacerber.
Cette bataille de coulisses pourrait même déboucher sur une annulation pure simple de cette présidentielle, perçue comme une courroie de transmission de la première transition démocratique pacifique. Mais le risque est ailleurs dans un pays qui espère avoir éteint les dernières braises d'une guerre civile qui a fait il y a 15 ans plus de 250.000 morts.
Pour écarter ce spectre, le sénateur George Weah a joué la carte de l'apaisement en appelant ses partisans au calme et rappelé qu'il se trouvait dans une situation similaire en 2005 lorsqu'il a perdu l'élection contre Ellen Johnson. Pour autant, pourra-t-il écarter les risques de violences de son camp qui s'était précipité à le proclamer président, si l'annulation du premier tour venait à être prononcée ?
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Ce mercredi, le Togolais Faure Gnassingbé, le président exercice de la Cedeao a rejoint à Monrovia, la capitale libérienne le Guinéen Alpha Condé, le président en exercice de l'Union africaine (UA). Avec la présidente sortante Ellen Johnson, sous le coup d'accusations d'ingérences électorales qu'elle nie, les trois chefs d'Etat ont officiellement discuté de « la nécessité de faire aboutir le processus de l'élection présidentielle dans la paix et la quiétude au Libéria».
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Ce début de médiation dans l'entre-deux-tours intervient alors que la requête des partis a été déposée dans les délais et que la contestation suit pour l'heure l'ordre juridique normal de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest. La balle est désormais dans le camp de la Cour Suprême. L'avenir du Liberia est suspendu au marteau de l'Honorable Francis Korkpor mais l'histoire est ici le seul juge.
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