Démarrée jeudi 16 novembre 2017, la série de manifestations programmées par l'opposition est arrivée à son terme ce samedi 18 novembre. Contrairement au premier jour, jeudi, qui selon les sources officielles a vu 7 000 manifestations descendre dans la rue et le second jour, vendredi, où la marche a démarré dans l'après-midi pour finir avec 4 500 à 5 000 personnes, le dernier jour des manifestations a été tout autre.
D'après le ministre togolais de la Sécurité et de la protection civile, le colonel Damehame Yark, la marche de protestation de l'opposition contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, le samedi dernier, a enregistré la participation de quelque 18 000 manifestants. Le ministre a rappelé qu'en dehors de la capitale Lomé, la marche a eu lieu simultanément dans les grandes villes du pays comme Tsévié, Tabligbo, Vogan, Aného, Kévé, Afagnan, Atakpamé, Kpalimé, Kougnowou, Badou, Anié, Guérin-Kouka et Dapaong, soulignant que les manifestations se sont déroulées normalement dans ces localités.
Celui-ci évoquera également le cas du journaliste Prudence Afanou, de l'agence Togoportail, qui a été également été molesté par les manifestants et d'un voleur de téléphone portable passé à tabac par les manifestants, visiblement en colère.
Du côté de l'opposition, même si on les conteste, l'on n'est pas moins content des données publiées par le ministre de la Sécurité. Selon les chiffres du ministre lui-même, le nombre des manifestations aurait doublé. Ce qui suppose que l'opposition gagne du terrain. «Le 4 octobre 2017, le ministre Yark avait compté 7 000 manifestants à Lomé, 60 à Dapaong, 40 à Guerin-Kouka. Ce samedi, lui-même parle de 18 000 manifestants. Qui a dit que la mobilisation aux marches de l'opposition faiblit ? Partout, le nombre a fait plus que doubler», a déclaré un jeune étudiant de l'Université de Lomé, sympathisant de l'opposition.
L'opposition qui est sortie avec les mêmes revendications à savoir, le retour à la Constitution originelle de 1992, le vote de la diaspora togolaise et la libération de tous les détenus politiques, programme encore des sorties pour la semaine prochaine. Mais elle s'attend cette fois-ci au soutien des forces de l'ordre et de sécurité auxquelles elle a «enfin» tendu la main.
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Pour ce dernier jour des manifestations, les leaders de l'opposition, réunis au sein de la coalition des quatorze partis politiques, ont lancé un appel franc à l'armée. A l'instar de Tikpi Atchadam, président du Parti national panafricain (PNP), ils ont invité la «grande muette» à se joindre à eux.
L'opposition ne s'est pas arrêtée là. Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, la coordinatrice de la coalition, a invité les manifestants à lever leurs roses et branchages en signe de fraternité et solidarité à l'endroit des forces de défense et de sécurité du Togo.
Mais la réponse des autorités togolaises ne s'est pas fait attendre. Interrogé sur la question lors du point de presse traditionnel de soirée des manifestations, le ministre Yark n'y pas allé par quatre chemins :
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Brigitte Adjamagbo-Johnson est rapidement revenue à la charge : «Colonel Yark, tu es un officier de gendarmerie qui a fait le droit, mais aussi l'histoire. Tu mériterais tout notre respect. Mais d'abord le bon choix. Dis-lui (Faure Gnassingbé, NDLR) la vérité», a-t-elle publié sur son compte Twitter. «Soldats togolais, j'ai fait le rêve que le peuple togolais et vous, dansez dans les rues du Togo, comme cela se passe actuellement au Zimbabwe», ajoutera-t-elle.
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