« Pays de merde », l’injure de Donald Trump aux pays africains

Donald Trump
Reuters
Silence dans les chancelleries africaines basées au pays de l'Oncle Sam et pas (encore) de réactions de personnalités africaines qui ont du poids dans la vie publique. Mais elles ne sauraient tarder. Pour l'heure, la seule réplique aux propos de Donald Trump vient de Laurent Lamothe, l'ancien premier-ministre d'Haïti. Sur son compte Twitter, il a qualifié la déclaration de Trump d' « inacceptable ».
Mais qu'est-ce qui a déclenché la furie de l'ancien premier ministre haïtien? Jeudi 11 janvier, dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche. Donald Trump reçoit des sénateurs démocrates et républicains afin de dégager un consensus bipartisan autour d'un projet de limitation de l'immigration. Le président est prêt à céder sur le programme Deferred Action for Childhood Arrival (DACA), destiné aux jeunes « Dreamers » souvent arrivés enfants aux Etats-Unis qu'il comptait faire expulser. En échange, l'Administration Trump souhaite réduire de 50%, la loterie pour la Green Card et limiter la politique de regroupement familial.
La discussion qui réunit des protagonistes aux idées opposés s'échauffe. Donald Trump se serait emporté. Parlant des immigrés issus des pays d'Afrique, du Salvador et d'Haïti, il interroge ses interlocuteurs : « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici [aux Etats-Unis] ? », rapporte le Washington Post qui reconstitue la scène à partir de témoignages de personnes ayant participé à la discussion. Pour le président de la première puissance (encore) mondiale, tels sont les "Shithole countries", quand il s'emporte du moins.
Le président américain aurait aussi mentionné préférer une immigration en provenance de Norvège ou encore d'Asie car il seraient plus bénéfiques à l'économie américaine. Sans nier les propos de Donald Trump, Raj Shah, un porte parole de l'exécutif a réagi dans un communiqué qui semble enfoncer le clou de cette polémique naissante.
Dans sa relation avec les pays africains, le président américain semble plus intéressé par le « potentiel commercial» du Continent pour concurrencer la Chine, l'installation de bases de drones dans plusieurs pays africains qu'à construire avec ces pays des relations diplomatiques fondées sur le respect. En témoigne ses bisbilles avec Idriss Déby Itno du Tchad, son ping-pong avec Khalifa Haftar de la Libye, sa relation mi-carotte mi-bâton avec Omar El Béchir du Soudan. Le seul président du Continent qui semble avoir les faveurs du milliardaire-président semble être l'Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi.
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Après l'annonce de la réduction de l'aide américaine à destination des pays africains, certaines décisions du président américain contenues dans sa liste de promesses lors de la course à la Maison Blanche risquent d'avoir des impacts sur l'Afrique. La première conséquence est cette vision restreinte sur l'immigration en provenance de l'Afrique, née dans la polémique. Les propos de Donald Trump interviennent à la veille de sa première visite médicale. Sans douter de sa santé mentale, les médecins présidentiels diagnostiqueront peut-être une autre maladie : le manque de discernement !
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