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Crise à Madagascar : après la fermeté, le pouvoir invite l'opposition à la table des négociations

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 27 avril 2018 à 07:30 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:02

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Reuters

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Avec le discours offensif du président, certains pensaient inévitable l’affrontement entre pouvoir et opposition. D'Antananarivo, le signe d’apaisement est venu de cette ouverture de pourparlers entre politiciens pour tenter de régler la crise sur la Grande île. A quelques mois des élections législatives et présidentielles qui cristallisent tous les chocs, l’on s’attend à voir la fumée blanche s’échapper de ce conclave. Détails

Après la guerre des mots, la détente. Discrètement, sans que l'on en sache le contenu ni les termes, pouvoir et opposition se sont enfermés, depuis ce mercredi 25 avril au soir, dans un conclave pour tenter de trouver une issue à cette crise politique qui exhume les fantômes du passé politique agité de la Grande île. Un signe d'apaisement après le discours offensif du pouvoir auquel la rue malgache a bruyamment répondu

Un impeachment sur la Grande île

«Président dégage !». Nouveau signe du regain de tension politique sur la Grande île, c'est le slogan brandi par des manifestants qui ont escorté des députés de l'opposition venus au siège de la Cour constitutionnelle pour déposer un impeachment, un recours en destitution du président Hery Rajaonarimampianina.

Au milieu de la fièvre d'une contestation entretenue par l'opposition, les manifestations quasi-quotidiennes se multiplient à Antananarivo contre la réforme du Code électoral. Sur l'emblématique Place du 13 Mai, devenue la «Place Tahrir» de la contestation, les manifestations ont pris une tournure exhumée du passé politique depuis que les protestataires n'ont plus qu'une seule exigence : le départ du président !

En guise de réplique, le président Rajaonarimampianina avait qualifié l'attitude de l'opposition de «coup d'Etat». « (...) Je lance un avertissement aux fauteurs de troubles, aux provocateurs qui n'ont pour but que de faire couler le sang. L'Etat malgache va prendre les dispositions nécessaires. J'invite les forces de l'ordre à prendre leurs responsabilités pour défendre cet Etat de droit et la démocratie et ainsi faire leur devoir de protéger les civils et leurs biens», avait martelé le chef de l'Etat dans son discours à la nation, au lendemain d'une manifestation qui a laissé des morts.

Début avril 2018, une majorité de 79 députés sur les 151 de l'Assemblée nationale a voté pour introduire, dans le système juridique malgache, trois nouvelles lois qui régiront les élections législatives et présidentielles, dont le premier tour est prévu entre le 24 novembre et le 25 décembre 2018. Ces nouvelles dispositions modifient les règles de révision des listes électorales, de publication des résultats ou de candidature à la présidentielle.

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La parade de Rivo Rakotovao pour éviter la destitution du président

Pour l'opposition, les nouvelles lois empêchent une candidature des anciens présidents Marc Ravalomana (2002 à 2009) et Andry Rajoelina (2009 à 2014), déjà déclarés comme postulants à la Course pour la présidentielle. Ennemis politiques hier, les deux hommes devenus des «alliés de circonstance» aujourd'hui, entendent en découdre, au moins politiquement, avec leur successeur qui n'a pas encore dévoilé son ambition de rempiler.

La flamme de la contestation dans la rue pour pousser un président à la démission est une expérience que connaît bien Marc Ravalomana. C'est grâce à cette technique que son successeur Andry Rajoelina l'a poussé hors du Palais pour prendre sa place pendant cinq ans. Aussi, la bruyante bronca populaire contre Rajoanarimampianina prend ici des allures de «bis repetita».

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En guise de contre-feu, contre l'avis d'un président qui se disait «hermétique» à tout dialogue avec ses adversaires politiques, le HVM (au pouvoir ) s'est précipité pour appeler les opposants sous l'arbre à palabres. Président du Sénat et chef du HVM, le parti présidentiel, Rivo Rakotovao semble avoir réussi à mettre de l'eau dans le Ranovola présidentiel et le pousser au dialogue. A-t-il aussi trouvé par là un moyen de contrer le sort qui condamne les présidents au départ forcé ? De la couleur de la fumée qui s'échappera du conclave dépendra forcément la réponse.

Ibrahima Bayo Jr.

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