Nigeria : Samuel Ortom, le gouverneur de Benue embraye sur la fronde à l'APC

Nigéria
Reuters

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Au milieu de l'Aso-Rock-Villa Muhammadu Buhari doit se sentir bien seul en ces temps où il s'attend plus à du soutien qu'à cette fronde politicienne qui ronge son parti. Ce 15 juillet, l'élection de John Olukayode Fayemi au Gouvernorat de l'Etat d'Ekiti, a sans doute dopé l'espoir au sein de l'All Progessive Congress (APC, au pouvoir).
Mais à peine le nouveau gouverneur entériné ce succès électoral majeur à quelques mois de la présidentielle 2019, qu'un autre annonçait son départ du parti du général-président. Dans le très stratégique Etat Benue, le Gouverneur Samuel Ortom a décidé de... retourner sa veste. En faveur du People Democratic Party (PDP), le principal parti d'opposition qui happe les transhumants politiques du parti politique au pouvoir.
Après « avoir dûment consulté les parties prenantes concernées», Samuel Ortom a «conclu que la voie à suivre est de rejoindre le PDP», justifie-t-il. Sans doute poussé par les dissensions internes qui secouent le parti au pouvoir, le quinquagénaire a décidé de suivre le vaste mouvement de départ de l'APC. Son annonce se fait dans le sillage d'une fronde de quinze sénateurs qui ont quitté la formation politique au pouvoir, sans explication officielle, pour rejoindre le PDP.
Même s'il ne fournit pas de raison Samuel Ortom sait très bien que l'électorat dans son Etat sera déterminant pour faire pencher la balance de la victoire d'un côté ou de l'autre. L'Etat de Benue est traversé par des affrontements meurtriers entre agriculteurs et éleveurs. L'International Crisis Group estimé à 1.300, le nombre de morts dans les régions du centre du Nigéria depuis janvier.
Malgré les appels du pied de l'APC qui qualifie sa décision de « surprenante», Samuel Ortom semble s'être déjà fait sa religion, lui qui est devenu très critique sur les solutions du gouvernement à la crise entre agriculteurs et éleveurs. Un départ stratégique puisqu'il sera chouchouté par tous les prétendants au fauteuil de l'Aso-Rock-Villa. La thématique de la gestion des terres sera un des grands thèmes de la présidentielle de février 2019 pour laquelle Muhammadu Buhari devra faire face, entre autres candidats, à Atiku Abubakar, lui-même qui a quitté le parti présidentiel après l'avoir rejoint en 2015.
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Ces frondes à répétition sont l'indicateur d'une difficulté du parti au pouvoir à resserrer ses rangs autour de la candidature de Muhammadu Buhari. Une candidature que personne dans les rangs de l'APC n'attendait au vu des problèmes de santé du président de 74 ans. Dans le sillage de ces nombreux séjours à Londres, des cadres du parti voyaient leur heure de gloire arriver. Derrière la bataille de la présidentielle se cachent peut-être aussi des règlements de compte et des test sur le poids politique.
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