Insécurité en Afrique de l’Ouest : pour Buhari, le responsable c’est Kadhafi
Aboubacar Yacouba Barma

collage Buhari Kadhafi Kaddafi
Reuters
Aboubacar Yacouba Barma

collage Buhari Kadhafi Kaddafi
Reuters
Muhammadu Buhari ne décolère pas du lourd héritage laissé par Mouammar Kadhafi dans la sous-région. Confronté de nouveau à une montée en puissance de la secte islamique Boko Haram, le chef de l'Etat nigérian a de nouveau indexé l'ancien guide libyen d'être le principal responsable de la crise sécuritaire que vivent plusieurs pays de la sous-région.
Le président nigérian a remis en cause les accusations selon lesquelles les meurtres commis dans certaines régions sont l'œuvre de bergers, les « Fulani », et de terroristes nigérians. Pour Buhari, c'est « l'héritage peu recommandable de Kadhafi qui hante toujours le Nigeria et d'autres pays ».
Selon Muhammadu Buhari, ce sont ces hommes formés et armés par Khaddafi et qui ont pu s'échapper à la suite de sa disparition en 2011, qui mènent actuellement des attaques notamment dans le nord-est Nigéria et plusieurs pays de la région.
Ce n'est pas la première fois que le président nigérian tient de telles déclarations qui soulèvent parfois la polémique dans le pays. Jusque-là pourtant, il s'est plus limité à imputer la responsabilité de la dégradation de la situation sécuritaire dans son pays, aux répercussions de la guerre en Libye. Un fait que toutes les analyses d'experts confirment et qui est un secret de polichinelle au regard des armes qui circulent dans le Sahel et même en Afrique centrale, depuis la chute de Kadhafi en plein tourbillon du printemps arabe. Cette fois pourtant, Buhari a insisté sur la responsabilité de l'ancien guide libyen, afin de justifier pourquoi malgré ses promesses, Boko Haram continue à perpétrer des attaques meurtrières au Nigéria.
À lire également
Le candidat de l'APC a profité de l'entretien pour rappeler les efforts de son administration à éradiquer Boko Haram et à mettre fin aux violences entre communautés, estimant que c'est un lourd héritage que son régime est en train de gérer. « Le problème est encore plus ancien que nous », s'est justifié Buhari qui a toutefois reconnu que la menace est encore ambiante malgré ses déclarations. « Cela a toujours été le cas, mais l'afflux d'hommes armés dans la région du Sahel et dans différentes parties de de l'Afrique de l'Ouest, a aggravé la situation », a poursuivi Buhari. « Ces hommes armés ont été formés et armés par Mouammar Kadhafi de Libye. Quand il a été tué, ils se sont échappés avec leurs armes. Nous en avons rencontré certains qui se battaient avec Boko Haram », a insisté le chef de l'Etat nigérian qui est en pleine campagne pour une réélection à un second mandat.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Aboubacar Yacouba Barma
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique