Burkina Faso : contesté, le gouvernement de Kaba Thiéba rend le tablier
Aboubacar Yacouba Barma

Paul Kaba Thieba
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Aboubacar Yacouba Barma

Paul Kaba Thieba
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Rétranché dans la solitude du Palais de Kosyam de Ouaga, le président Roch Marc Christian Kaboré va devoir se chercher un nouveau premier ministre ! Celui qui était en poste depuis son élection à la tête du Burkina, Paul Kaba Thiéba, a présenté sa démission ce vendredi 18 janvier dans l'après-midi.
C'est par un communiqué de la présidence de la république, lu à la télévision publique que les burkinabés ont appris que le premier ministre a rendu sa démission ainsi que celle de son gouvernement. « Le président du Faso a accepté la démission du premier ministre ainsi que celle des membres du gouvernement », a poursuivi le communiqué dans lequel le président Roch Kaboré a tenu « à exprimer toute sa reconnaissance au premier ministre Paul Kaba Thiéba et à l'ensemble des Ministres pour leur engagement au service de la nation ».
Selon le communiqué présidentiel, « en attendant la nomination d'un nouveau premier ministre et la mise en place d'un nouveau gouvernement, le premier ministre et les membres du gouvernement sortants sont chargés d'expédier les affaires courantes ». Quelques instants après la confirmation de sa démission, l'ex premier ministre a tenu, quelques heures après sa démission, à traduire « sa reconnaissance au président du Faso », ainsi que ses remerciements aux membres du gouvernement et aux burkinabés, ajoutant qu'il reste engagé dans le « combat collectif pour asseoir un développement durable »
A en croire le message présidentiel, la démission du premier ministre a presque l'air d'une séparation à l'amiable entre le chef de l'Etat et Paul Thiéba Kaba. Bien qu'il soit annoncé à maintes reprises, Roch Kaboré a pourtant déjoué tous les pronostics en maintenant Paul Kaba à la tête du gouvernement malgré plusieurs remaniements depuis son entrée en fonction.
Très contesté au sein de l'opinion, le premier ministre sortant qui est en poste depuis janvier 2016, est particulièrement critiqué pour ses faibles résultats en matière sécuritaire, en plus de manquer de véritable charisme politique qui lui aurait permis de trouver ses marques au sein de l'exécutif et du parti présidentiel, le MPP.
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Il est vrai que l'ancien cadre de la BCEAO n'était, jusqu'à sa nomination, un homme bien connu du « marigot politique » burkinabé, bien qu'il a été toujours proche du chef de l'Etat à qui il a apporté une contribution majeure à l'élaboration de son programme économique de mandant.
C'est ce qui a été par la suite traduit en Plan national de développement économique et social (PNDES), la stratégie de développement en cour d'exécution du pays dont les résultats font aussi l'objet de critiques particulièrement par l'opposition et une grande partie de la société civile malgré l'adhésion des partenaires financiers internationaux.
Ces dernières semaines, des rumeurs d'un probable nouveau remaniement n'ont cessé de cristallisé l'opinion burkinabé. Surtout avec la multiplication des attaques terroristes meurtrières qui ne cessent de prendre des proportions inquiétantes depuis mi-2018. Plusieurs provinces du pays ont dû être placées en état d'urgence en début d'année pour contenir la menace qui a fait des centaines de morts depuis 2015 et qui dégénère parfois en conflit intercommunautaire.
De quoi exacerber une opinion déjà à fleur de peau d'autant que sur le plan social, et en dépit de résultats macroéconomiques assez reluisants selon le FMI, les tensions sont aussi vivaces à cause des hausses des prix du carburant ou des taxes et impôts décidé dernièrement par le gouvernement. Les détracteurs de Paul Thieba Kaba lui imputent, particulièrement sur le plan sécuritaire, un certain manque de réactivité à la hauteur de la menace. La semaine dernière, le chef de l'Etat s'est d'ailleurs résolu à changer de son chef d'Etat-major de l'armée mais visiblement cela n'a pas suffi et certainement poussé dans ses derniers retranchements, malgré le soutien du président Kaboré, le premier ministre Kaba Tchiéba a préféré rendre le tablier.
Le mercredi 16 janvier, le premier ministre et tout son gouvernement ont pris part à l'hebdomadaire conseil des ministres et ce vendredi avant l'annonce, il était prévu que Paul Kaba Thiéba préside une réunion du comité stratégique d'orientation pour le Sahel, une région affectée par l'insécurité ambiante, avant qu'il ne se fasse représenter.
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