Burkina Faso : la statue de Thomas Sankara sera resculptée pour la rendre plus fidèle

Thomas Sankara
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Cette fois-ci les sculpteurs devront être précis dans leurs coups de burin. En attendant le résultat finale, la statue géante du capitaine Thomas Sankara a été recouverte d'une bâche dès le lendemain de son inauguration. Un voile tempérant pour couvrir la représentation controversée de Thomas Sankara mais aussi envelopper la polémique née du dévoilement de la statue érigée en la mémoire du père de la Révolution burkinabè.
Jean-Luc Bambara, l'architecte de la précédente statue, aidé de plusieurs artistes et ouvriers, prépare une nouvelle mouture du buste de Thomas Sankara, une douzaine de photographies du capitaine accrochées au mur de son atelier en guise d'inspiration, selon un reportage de nos confrères de RFI. « Nous nous sommes retrouvés dans l'atelier pour tenir compte de toutes les suggestions et avis qui ont été émis pour sortir quelque chose qui soit conforme à l'attente», confie Jean-Luc Bambara. Et ses talents d'artistes ont intérêt à être précis.
Depuis le 2 mars dernier, la polémique enfle au Burkina et à l'étranger. En compagnie de Jerry John Rawlings, l'ancien président ghanéen, Roch-Marc Kaboré, le président burkinabé, a dévoilé une statue de cinq mètres en bronze placé sur socle en béton de trois mètres de haut en la mémoire de Thomas Sankara, en marge du Fespaco.
Mais très vite, participants à la cérémonie comme commentateurs ont dénoncé une absence de ressemblance entre la statue dévoilée et le visage du Capitaine Thomas Sankara, certains osant même le parallèle entre le visage de la statue supposément inspirée de Moussa Dadis Camara, le capitaine putschiste guinéen. Les justifications du Comité international du mémorial Thomas Sankara (CIM-TS) faisant passer la statue rétrocédée à cette association par le ministère de la Culture pour une «œuvre provisoire» n'ont fait qu'accentuer la polémique.
Face à l'ampleur de la polémique, le CIM-TS avait fait amende honorable dans une conférence de presse, lundi 4 mars 2019 à Ouagadougou.
Le lendemain, au terme d'une rencontre avec Christophe Dabiré, le Premier ministre burkinabé, le colonel-major Bernard Sanou, le président du CIM-TS a pris un engagement solennel. «C'est vrai que nous avons manqué de vigilance, mais nous pensons que c'est quelque chose qui va pouvoir se rattraper. C'est pourquoi, nous avons demandé à l'architecte de rattraper les ratés pour satisfaire tout le peuple burkinabè et tous ceux qui se reconnaissent en Thomas Sankara». La statue sera donc recouverte, le temps que des rectifications y soient apportées.
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Sans qu'on en connaisse la date précise, les sculpteurs vont soumettre un archétype d'un buste de Thomas Sankara rectifié à l'équipe technique du CIM-TS avant validation. Afin d'être intégrée dans le cadre d'un projet de mémorial destinée à Thomas Sankara et ses compagnons assassinés ce 15 octobre 1987 au Conseil de l'entente à Ouagadougou, la nouvelle statue devrait sortir des ateliers d'ici deux mois. « Nous prenons l'engagement de mettre à la disposition de la population une statue qui soit la plus fidèle possible à notre héros», promet Bernard Sanou. Le peuple veille au grain.
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