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Présidentielle aux Comores: 12 prétendants veulent le fauteuil d'Azali Assoumani

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 22 mars 2019 à 15:12 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:48

Azali Assoumani

Azali Assoumani

Reuters

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Sur l’Archipel, certains sont convaincus que le scrutin de ce dimanche 24 mars est calibré pour une victoire quasi-certaine d’Azali Assoumani qui pourrait théoriquement rester au pouvoir jusqu'en 2029. Et pourtant, sur la route qu’il s’est tracé pour rempiler sur le fauteuil de Beit Salam, le palais présidentiel, le président sortant doit faire face à douze candidats. Dans les starting-blocks, ces derniers sont prêts à lui ravir son fauteuil. Sans exhaustivité, La Tribune Afrique tente de dresser...

Ce dimanche 24 mars, sous une nouvelle constitution adoptée en juillet dernier par référendum, 308.311 électeurs sont convoqués dans les bureaux de vote pour choisir le prochain président. D'un côté Azali Assoumani qu'on accuse d'avoir éliminé par des emprisonnements ou des invalidations de candidatures, tous ses rivaux susceptibles de lui barrer la route. De l'autre, douze candidats indépendants font le pari de mettre le sortant en ballottage pour le contraindre à un second tour qui pourrait déjouer les pronostics électoraux pour cette présidentielle anticipée voulue par le président.

Azali Asoumani, l'ancien putschiste qui veut rester jusqu'en 2029

A 60 ans, la carrière de ce colonel de l'Armée comorienne décolle sur un fait d'armes peu glorieux. En avril 1999, prétextant de velléité d'indépendance de l'Île d'Anjouan, Azali Assoumani dépose le président Tadjidine Ben Saïd Massounde pour diriger ensuite le pays pendant près de trois ans avant de se faire élire en 2002. En 2006, il quitte le palais, la révision constitutionnelle qu'il a initiée ne lui permettant de se représenter.

De retour 10 ans plus tard, il se fait à nouveau élire à la présidence de l'Union au second tour après être arrivé troisième au premier tour. Depuis juillet 2018 la nouvelle constitution autorise une présidence tournante entre les trois îles de l'archipel des Comores (Grande Comore, Anjouan et Mohéli), règle instaurée pour éviter l'instabilité politique de ce pays traversé par une succession de coups d'Etat.

Pourtant, la présidence tournante n'est valable que tous les dix ans et le mandat de cinq ans du président est renouvelable une fois. Théoriquement, après avoir dirigé le pays entre 1999 et 2002, entre 2002 et 2006 et entre 2016 et 2019, l'ancien putschiste peut théoriquement rester au pouvoir jusqu'en... 2029 !

Mahamoud Ahamada, plaidoirie pour une présidentielle

Sa verve d'avocat, il va lui en falloir dans cette aventure périlleuse. A 48 ans, Mahamoud Ahamada ne porte pas une mince responsabilité, celui de favori dans l'élection de ce dimanche. Peu connu du grand public avant son adoubement, il devra avant tout rassurer. D'un côté, il devra convaincre les électeurs de voter massivement pour sa candidature ombragée par l'absence de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, le chef du parti Juwa assigné à résidence dans le sillage du référendum.

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En dépit des annonces de soutien qui se succèdent en sa faveur, l'avocat devra plaider sa cause face à deux autres candidats issus des mêmes rangs politiques qui se sont lancé dans la course. Désigné candidat officiel du parti, il tente d'impulser une union nationale autour de sa personne. Mais la fronde contre sa candidature est nourrie par le singulier concours de circonstances qui ont fait adouber Mahamoud Ahamada.

C'est le député Ibrahim Mohamed Soulé qui aurait dû porter les couleurs de Juwa. Mais la candidature de ce proche d'Ahmed Sambi a été rejetée par la Cour suprême. C'est donc Mahamoud Ahamada, avocat formé en France et membre du conseil de l'ordre de Moroni, qui a pris sa place comme candidat de substitution. Après de timides débuts, l'avocat prend petit à petit ses aises dans un paysage politique où il était peu connu. Cette fois-ci les responsabilités sont plus grandes, l'enjeu aussi.

Mohamed Soilihi, le «Campagnard» qui veut le fauteuil

«Campagnard» ! Le surnom de Mohamed Soilihi renvoie à la classe sociale modeste dont il est issu, ce qui lui permet par ricochet d'incarner l'image d'un homme du peuple. Formé à l'Académie royale militaire du Maroc, il complète sa formation par un diplôme d'ingénieur civil en France.

Colonel dans l'armée où il a gravi les échelons, sans expérience politique antérieure, «Campagnard» est surtout connu comme principal résistant aux troupes du mercenaire français, Bob Denard, venues en 1995 pour renverser le président Saïd Mohamed Djohar. Entrepreneur et directeur de Cobaten, une société de service, il est appelé pour redresser la Mamwe, la société comorienne d'eau et d'électricité.

Mohamed Soilihi n'est pas loin d'être un homme issu du sérail du président sortant dont il a été le compagnon d'armes d'Azali Assoumani. Ce dernier a fini de le limoger de la société nationale d'électricité. Veut-il lui faire payer cet affront? En tout cas, c'est en indépendant qu'il ne présente pour lui ravir son fauteuil. Mais faute d'argent pour sa campagne, l'homme s'est attaché à cultiver sa popularité qu'il compte mesurer, ce dimanche dans les urnes.

Mouigni Baraka Saïd Soilihi, l'homme qui veut dédouaner la politique

Lors de la dernière présidentielle, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, le président Rassemblement démocratique des Comores (RDC) s'était classé troisième au second tour. A 51 ans, c'est en indépendant qu'il veut grimper les deux places qui le séparent de son entrée au Palais de Beit Salam, le cœur du pouvoir.

Douanier formé au Sénégal et en Côte d'Ivoire, Mouigni Baraka occupe plusieurs hauts postes dans l'administration douanière locale avant de se laisser convaincre de faire son entrée en politique. D'abord au sein d'un parti formé par des membres de sa corporation puis au sein du RDC (allié du pouvoir) d'où il finira par être exclu.

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Entre temps, le douanier a fait une entrée remarquée au Palais du Mrodjou, le siège du gouvernorat de la Grande-Comore qu'il a dirigé de 2011 à 2016. Le balcon de son «manoir» blanc s'ouvre sur une vue sur le Beit Salam, le palais présidentiel. De quoi faire naître des ambitions de conquête du pouvoir surtout lorsqu'on a pu se placer devant l'actuel président dans un scrutin du même type.

Ibrahima Bayo Jr.

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