« Mamba » au Gabon : nettoyage de printemps au Palais du bord de mer

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Ike Ngouoni Aila Oyouomi est devenu, malgré lui, le symbole de la fin des privilèges de quelques intouchables dans la haute administration gabonaise. Ce désormais ex-chargé de communication de la présidence gabonaise se pensait protégé sous le parapluie de son titre de conseiller politique d'Ali Bongo. Jusqu'à ce jeudi 21 novembre 2019 lorsqu'il est pris dans les filets de la Direction générale des services spéciaux (DGSS), cette super-police chargée des enquêtes de l'opération « Mamba ».
« Mamba » a repris !
Avant la chute du quasi-intouchable chargé de communication de la présidence, Renaud Allogho Akoué, ancien directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Ismaël Ondias Souna, ancien directeur DG de la Société équatoriale des mines (SEM) et de la Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab) ou encore Jeremy Ayong, ancien DGA de Gabon Oil, ont aussi fait les frais de cette opération « mains propres ». Tout comme ses compagnons d'infortune, bien souvent des proches de Brice Laccruche Alihanga, l'ancien directeur de Cabinet d'Ali Bongo, pourraient voir leur garde à vue prolongée à huit jours de détention et d'auditions.
Officieusement, cette reprise de l'opération « Mamba » a tout d'un nettoyage de printemps dans les bureaux du Palais du bord de mer notamment parmi les proches collaborateurs du président gabonais et de tenanciers d'entreprises (semi)publiques. Laisse-t-elle présager d'une reprise en main de la gestion du pays par un chef d'Etat qu'on disait affaibli et sous influence depuis son retour à Libreville?
Sous couvert de lutte anticorruption, la relance de « Mamba » permet d'entretenir l'image d'un président certes convalescent, mais qui est en capacité de gouverner, même s'il fallait en passer par la distribution de punitions qui n'épargnent personne. Même pas le premier cercle autour du chef de l'Etat. Le remplacement de Brice Laccruche - devenu ministre - par Théophile Ogandaga à la direction du cabinet présidentiel entre peut-être dans cette démonstration d'une prise en main complète d'Ali Bongo de la gestion du Gabon.
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A l'analyse, ces arrestations en série sont un nouvel épisode de la guerre de tranchées entre les factions au sein du clan au pouvoir. Avec en toile de fond une tergiversation sur la (possible) vacance du pouvoir, l'accident vasculaire cérébral qui a foudroyé Ali Bongo fin octobre 2018 à Riyad, couve sous les cendres des arcanes du pouvoir gabonais, les braises d'une lutte de positionnement pour l'après-Bongo. La faction des sécurocrates perd son mentor avec l'éloignement du demi-frère Frédéric Bongo, ancien patron des Renseignements, nommé à l'ambassade du Gabon en Afrique du Sud.
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Désormais, celui des « légalistes » autour de l'indéboulonnable Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, et plusieurs hauts fonctionnaires semble avoir repris du poil face aux «PDGistes» (Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et du bloc autour de l'ancien directeur de cabinet qui aurait les faveurs et les oreilles de Sylvia Bongo, la Première Dame. La série d'arrestations, deuxième du genre depuis l'arrivée au pouvoir d'Ali Bongo en 2009, semble avoir atteint son climax. Sans grande visibilité sur la suite des événements, elle laisse présager d'une recomposition de l'échiquier politique et institutionnel. D'un côté comme de l'autre, on guette et se prépare à ce qui semble bien enclenché : la succession d'Ali Bongo.
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