Tchad: un policier mort et des dizaines de blessés lors d’une manifestation qui tourne court
Marie-France Réveillard

Photo d'illustration
DR.
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« Nous avions prévu d'organiser une marche dans la journée du 2 septembre à 7 heures du matin, mais avant même de commencer la manifestation, le siège des Transformateurs à N'Djaména, a été encerclé par les forces de sécurité », explique Succès Masra peu après les tirs entendus dans la capitale.
Le leader du parti « Les Transformateurs » indique qu'il s'agissait d'une marche pacifique pour exiger une transition « au service de tous les Tchadiens » et assure que la demande de manifester avait été faite en bonne et due forme dès le 18 septembre. Un désaccord sur le tracé de la manifestation est à l'origine des incidents qui ont plongé le 7e arrondissement de N'Djaména sous un nuage de gaz lacrymogène.
« La veille de la marche [le 1er octobre, ndlr], nous avons reçu notre autorisation avec un itinéraire restreint qui nous éloignait de la base de nos marcheurs [...] Dès 6 heures du matin, constatant une foule impressionnante, les forces de sécurité sont intervenues pour disperser les manifestants. A l'heure où je vous parle [samedi en début d'après-midi, ndlr] peu avant 15 heures), les tirs ont cessé et nous comptabilisons déjà plus d'une quarantaine de blessés dont certains dans un état sérieux, ainsi qu'une dizaine d'arrestations [...] L'un de mes bureaux a été directement visé, mais par chance, je ne m'y trouvais pas », précise-t-il depuis son quartier général.
Peu après les faits, Paul Manga, le porte-parole de la police a déclaré à l'AFP que les militants de l'opposition n'avaient pas respecté l'itinéraire autorisé, ce qui avait conduit les forces de sécurité à réagir pour éviter des troubles à l'ordre public. Il a précisé qu'une douzaine d'agents des forces de l'ordre avaient été blessés lors des échauffourées.
Les autorités tchadiennes ont réfuté les accusations de l'opposition qui impute les violences contre les manifestants aux forces de sécurité, jugeant anachroniques les photographies de blessés qui ont rapidement envahi les réseaux sociaux.
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Dans la soirée du 2 octobre, un communiqué de Wakit Tamma indiquait la mort d'un policier « en se rompant le cou suite à une chute libre lors d'une course poursuite des manifestants dans les quartiers » ainsi qu'une « vingtaine de blessés dont certains à balles réelles -et- un nombre indéterminé de personnes arrêtées (dont 8 avaient été libérés samedi soir). Au regard des derniers événements, Wakit Tamma a prévenu qu'elle se réservait le droit de manifester sans prévenir le ministère de la Sécurité publique et de l'Immigration.
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« Nous sommes dans l'opposition, mais nous sommes ouverts au dialogue. Nous avons adressé nos propositions au Conseil militaire de transition [CMT]. Elles sont sur leur table, mais on nous répond par les armes [...] Aujourd'hui, ma tête est mise à prix », déclare Succès Masra qui appelle ses partisans à rester mobilisés.
Marie-France Réveillard
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