L'élection de Dominique Reynié (LR) au Conseil régional est annulée
Florine Galéron, Sophie Arutunian et Gael Cérez
Florine Galéron, Sophie Arutunian et Gael Cérez
Dominique Reynié "est inéligible au Conseil régional Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées", a conclu le Conseil d'État ce vendredi 27 mai. Cette décision intervient à la suite d'un recours déposé par le sénateur LR de l'Hérault Jean-Pierre Grand (opposant de Dominique Reynié au sein de Républicains). En cause : la validité de sa domiciliation électorale. Pour se présenter aux élections régionales, Dominique Reynié avait fourni un bail de location d'une chambre chez sa mère, dans l'Aveyron, daté de mars 2015, alors que le code électoral impose une domiciliation dès janvier pour être éligible.
Pour justifier sa décision, le Conseil d'État a relevé que :
Le Conseil d'État a donc annulé l'élection de Dominique Reynié et a proclamé élu M. Saint-Pierre, premier candidat non-élu de la liste à relever de la même section départementale. Ce dernier devient donc conseiller régional.
À l'annonce de la demande d'annulation de son élection par le rapporteur public le 18 mai dernier, Dominique Reynié avait déjà suspendu ses fonctions au Conseil régional.
Mais en plus d'être conseiller régional, Dominique Reynié a pris la tête de l'opposition régionale pour le groupe des Républicains. Hier en assemblée plénière, c'est Christophe Rivenq, conseiller régional du Gard, qui l'a remplacé au nom du groupe LR-UDI.
Sollicité par La Tribune Toulouse, Dominique Reynié a réagi :
La présidente des Républicains de Haute-Garonne Laurence Arribagé réagit avec distance : "Tout ceci est parfaitement regrettable", a-t-elle fait savoir :
L'initiateur du recours, le sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez Jean-Pierre Grand, explique à La Tribune Toulouse :
Gérard Onesta (EELV), président du bureau de l'Assemblée du Conseil régional LRMP, estime de son côté que "sa défense était fragile".
Pas surprise par cette décision, la présidente du groupe FN-RBM France Jamet s'est en revanche étonnée de la décision du Conseil d'État de "ne pas remettre en question toute l'élection régionale".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Du côté du PS, on refuse de commenter une décision de justice. "Nous avons adopté hier notre premier budget de la nouvelle Région. J'observe que c'est un moment fondateur auquel M. Reynié n'a pas participé, remarque la socialiste Nadia Pellefigue, vice-présidente de Région en charge du Développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur. C'est aussi la preuve par épreuve des faits que les électeurs ont eu raison de confier la responsabilité à Carole Delga de faire avancer notre territoire."
À lire également
Né en 1960 à Rodez dans l'Aveyron, Dominique Reynié est agrégé en sciences politiques, professeur à Sciences Po et il est l'initiateur de la Fondapol, fondation pour l'innovation politique. Le politologue est également régulièrement invité dans l'émission C dans l'air sur France 5.
En avril 2015, il a mis entre parenthèses cette activité pour briguer l'investiture LR-UDI comme tête de liste aux élections régionales Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Contesté par une partie de la droite régionale l'accusant de ne pas être rompu aux usages de la politique de terrain, le candidat a peu à peu gagné en légitimité. Il a néanmoins donné le sentiment d'être bien seul à son QG de campagne le soir du premier tour avec ses 18,84 % des voix. Dominique Reynié prend finalement la tête du groupe LR-UDI au Conseil régional. .
L'annulation de cette élection signe-t-elle la fin de la carrière politique de Dominique Reynié ? L'intéressé a expliqué ce vendredi qu'il s'agissait "d'un échec important dans sa vie" et qu'il ne sait pas encore s'il se représentera à de nouvelles élections.
Florine Galéron, Sophie Arutunian et Gael Cérez
Budget 2025 : Carole Delga boycotte la COP Occitanie après « un recul majeur »
Autoroute A69 : la justice rouvre l'instruction sur l'utilité du projet
Budget 2025 : Toulouse fait des arbitrages sous tension
« Notre action municipale se veut ouverte et pluraliste » (Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse)