La BAD part en croisade contre la corruption en Afrique
Didier Assogba
Didier Assogba
Les chiffres sont édifiants sur la réalité de la corruption e Afrique. Elle coûte 148 milliards de dollars au continent chaque année et les flux illicites qui partent de l'Afrique sont évalués à 60 milliards de dollars. Cette proportion représente 1,5 fois les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique soit 120% de l'aide publique au développement reçue par l'Afrique.
Pour Akinwumi Adesina, le président de la BAD, l'accélération de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites sont des urgences pour permettre la transformation économique de l'Afrique. Le constat est en fait un euphémisme puisque les investissements et les capacités des entreprises qui travaillent en Afrique sont considérablement ralentis par les dessous de table et la corruption.
Pour faire face au fléau, la BAD compte lancer à l'issue de la conférence internationale sur la corruption en Afrique lancée ce 27 octobre à Abidjan, un guide qui invite les entreprises africaines à se conformer à la politique de lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. Le guide sera publié en collaboration avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Objectif affiché? "Aider les compagnies africaines de toute taille à mettre en place des mesures pour arrêter le soudoiement des agents publics dans les transactions commerciales », indique la BAD. L'institution financière panafricaine envisage également une consultation sur son cadre stratégique et son plan d'action (2016-2020) pour la prévention des flux financiers illicites en Afrique.
Pour élargir la participation, les délégations des Etats membres vont présenter leurs plans d'action nationaux élaborés dans le cadre du partenariat de lutte contre le financement illicite. Les résultats des travaux sur les activités financières illicites en Afrique seront aussi présentés à la clôture de la conférence.
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