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Politique - La Tribune AfriqueLeadership - La Tribune Afrique

Mali : IBK renonce finalement à son projet de révision constitutionnelle

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 19 août 2017 à 13:50 - Mis à jour le 19 août 2017 à 13:53

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Dans un message à la nation qu’il a adressé dans la soirée du vendredi 19 Aout, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, a annoncé qu’il allait surseoir finalement au projet de révision constitutionnelle qu’il a engagé il y a quelques mois. Pour le chef d’Etat malien, il s’agit avant tout de préserver la cohésion nationale du pays au regard des divergences que l’initiative a engendré, ce qui laisse clairement entendre qu’IBK a reculé face à l’amplification de la contestation populaire contre le projet...

Il l'a finalement fait alors que tous supposaient jusque-là qu'en dépit de la contestation populaire, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) n'avait aucune intention de reculer dans sa volonté de réviser par référendum la constitution du Mali. Ce vendredi 18 Août, c'est pourtant ce que vient de faire le président malien. Dans un message à la nation qu'il a adressé dans la soirée et qui a été diffusé sur les ondes de la télévision publique (ORTM), IBK a décidé d'abandonner pour le moment l'initiative qui lui tenait pourtant tant à cœur. « J'ai décidé, en toute responsabilité, de surseoir à l'organisation d'un référendum sur la révision constitutionnelle » a annoncé IBK qui a invoqué, en plus des tensions que cela a engendrée sur le climat sociopolitique du pays, « l'intérêt supérieur de la nation».

« J'ai constaté que ce qui était à l'origine des divergences est hélas devenu au fil du temps de profonds clivages menaçant d'ébranler durablement notre cohésion nationale. J'ai enregistré avec inquiétude la montée des radicalités. Ces alarmes, nous les avons partagées, vous et moi. Je vous ai entendu exprimer vos craintes de voir notre cher pays dériver vers des affrontements tragiques (...). Au regard de tout ce qui précède, et en considération de l'intérêt supérieur de la nation et de la préservation d'un climat social apaisé, j'ai décidé, en toute responsabilité, de surseoir à l'organisation d'un referendum sur la révision constitutionnelle. Pour le Mali, aucun sacrifice n'est de trop ».

Estimant que la fonction qu'il occupe fait de lui, « le principal garant de la cohésion sociale et le premier défenseur de l'intérêt national », le chef de l'Etat malien a aussi motivé sa décision par la situation sécuritaire que traverse le pays. « Je l'ai fait, parce qu'à l'heure où notre pays est confronté à tant de défis majeurs, on ne saurait ajouter aux périls existants ceux que font naître la mésentente, la polémique et le malentendu ».

Victoire pour les opposants au projet de révision

Cette décision du président malien constitue une victoire pour les détracteurs du projet réunis au sein d'une plate-forme « Touches pas à ma constitution », un regroupement de partis politiques, d'organisations de la société civile et de diverses associations qui estiment que cette révision est opportune au regard de la situation que traverse le pays.

Depuis le début de la procédure, la plate-forme a organisé plusieurs gigantesques manifestations à Bamako et dans les autres grandes villes du pays. La contestation populaire était si forte que le gouvernement a dû déjà, le 21 juin dernier, reporter le référendum prévu dans un premier temps le 9 juillet dernier.

Le président IBK avait estimé à l'époque que l'initiative, qui a pourtant reçu l'onction du Parlement et de la Cour Constitutionnelle, n'a pas été suffisamment expliquée aux maliens. Après avoir reçu tour à tour les principaux acteurs politiques, associatifs et religieux du pays, le chef de l'Etat malien a finit lui-même par se convaincre que les explications « peinent à être entendues et acceptées ». D'autant que parallèlement, la contestation des opposants au projet n'a pas faiblit d'un iota.

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Face à l'intransigeance du président à mener à terme le processus référendaire, la plate-forme « Touches pas à ma constitution » a même adressé un ultimatum au chef de l'Etat pour qu'il retire son projet avant le 15 Août, au risque de le poursuivre en justice pour « haute trahison ».

Les leaders religieux ont conduit la médiation de la dernière chance et ce vendredi quelques heures avant son annonce, IBK a reçu les représentants de la plate-forme qui s'apprêtait à organiser une nouvelle manifestation ce samedi 19 Août à Bamako.

Avec la décision du chef de l'Etat malien, la tension va baisser d'un cran mais l'épreuve a été d'une alerte sans précédent pour IBK qui, c'est un secret de polichinelle, s'apprête à briguer un nouveau mandat, le second et dernier, en 2018. Au fil du temps, la contestation du projet de révision a en effet pris les allures d'une véritable remise en cause de la gouvernance du président IBK.

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Pour rappel, la constitution actuellement en vigeur datait de 1992 et le président malien entendait lui apporter quelques modifications à travers une révision qui devrait également intégrer certaines dispositions de l'accord d'Alger de 2015 avec les groupes rebelles indépendantistes qui contrôlent depuis 2012 le nord du pays. Cependant pour les opposants, cela ne constitue en rien une priorité surtout au regard des tensions sécuritaires que connait le pays.

Aboubacar Yacouba Barma

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