Égypte : la police démantèle un vaste réseau de trafic d'organes
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Il s'agit d'un réseau international, engageant Égyptiens et Arabes, dont l'opération se déroule dans une dizaine de centres médicaux du pays. Grâce à une opération policière, le gouvernement égyptien a annoncé officiellement avoir mis la main sur le réseau. Bien ficelée, l'organisation impliquait des professeurs d'université, des médecins, des infirmiers et tout un tas de personnes. Selon la police, dont les enquêteurs continuent de rechercher des indices dans les ordinateurs et dans les téléphones des malfrats, les clients du réseau provenaient principalement des pays du Golfe.
Les fouilles policières ont permis de tomber sur des lingots d'or et des millions de dollars. Des saisies qui prouvent l'importance du réseau et sa portée internationale. Si aucune information n'a filtré sur l'origine des lingots d'or, d'aucuns pensent qu'il doit s'agir d'un moyen de paiement de certains bénéficiaires du Golfe.
Les achats d'organes et même leur vol à des Égyptiens démunis ont commencé dans les années 1980. Pour éviter de tomber sous le coup de la loi, les trafiquants faisaient croire à un don libre. Un artifice d'un don fictif avec un dessous-de-table était organisé. Selon un rapport du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), datant de 2012, de nombreux migrants africains vers Israël avaient été tués dans le Sinaï et dépouillés de leurs organes.
En 2010, le gouvernement égyptien avait fait voter une loi interdisant le don d'organes à des étrangers sauf en cas de parenté du premier degré. Elle a permis de réguler les greffes illégales afin de freiner le commerce d'organes illicite qui progressait en Egypte. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, des centaines d'égyptiens pauvres vendent leurs organes pour acheter de la nourriture et régler des dettes. Une pratique qui faisait de l'Egypte une région centrale pour le trafic d'organes.
La loi elle-même dans le fond a reçu des avis controversés. Certains défenseurs des droits humains estiment que cette loi pourrait renforcer le trafic d'organes et transformer l'Egypte en marché mondial pour le commerce d'organes. Hafez Abu Saeda, secrétaire général de l'organisation égyptienne des droits de l'homme pensent lui que la loi ne « profiterait qu'aux riches ». Hussein Gezairy, directeur régional de l'OMS pour la Méditerranée orientale n'est pas de son avis.
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La loi dispose que le don d'organes à partir de donneurs vivants soit limité aux « membres de la famille jusqu'au quatrième degré », et que la transplantation d'organes effectuée sans autorisation officielle soit traité au même titre qu'un meurtre, et punie de mort. Une autorisation qui ne peut être accordée par un jury composé de trois personnes désignées par le Haut comité pour la transplantation d'organes
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En ce qui concerne les donneurs morts, le jury devra prouver de manière sine qua non que le donneur est mort, un point sur lequel tout le monde n'est pas d'accord. Les organes sont généralement en très bon état si le donneur est en mort cérébrale. Certains voudraient que le donneur puisse être déclaré mort à ce niveau-là, alors que son cœur continue de battre. Ce contre quoi les leaders religieux musulmans et les députés luttent.
Emmanuel Atcha
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