Le Botswana dénonce la décision des Etats-Unis de réautoriser l'importation de trophées d'éléphants
La Tribune Afrique

trafic ivoire Etats-Unis saisie
Reuters
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Gaborone est actuellement très remonté contre les Etats-Unis. Le gouvernement botswanais ne comprend pas la décision de l'administration américaine d'autoriser l'importation de défenses et de peaux d'éléphants en provenance de six pays africains, notamment de l'Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe.
Intervenant à l'occasion d'une conférence sur la conservation des éléphants d'Afrique dans son pays, le président botswanais, Ian Khama, a indiqué que cette décision était inacceptable et contraire aux les lois botswanaises qui interdisent la chasse aux éléphants.
«Je veux profiter de ce moment pour condamner dans les termes les plus fermes la décision prise par l'Administration Trump qui a publié le 1er mars un mémorandum avec effet immédiat, selon lequel le gouvernement américain envisagerait de délivrer des permis pour certains trophées d'éléphants provenant de six pays africains», a déclaré le chef de l'Etat botswanais.
Selon le dirigeant africain, en prenant la décision d'annuler l'interdiction d'importer des «trophées» de chasse sportive, le gouvernement américain est en train de mettre en danger les 415 000 éléphants que compte actuellement le continent africain (soit 111 000 de moins que durant la dernière décennie, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature). «Je pense que cette administration sape nos efforts et encourage aussi le braconnage, car elle sait que nos lois interdisent la chasse au Botswana», le président botswanais.
Le gouvernement du Botswana n'est pas le seul pays à avoir condamné la décision du gouvernement américain. Plusieurs pays africains sont déjà très engagés dans la lutte contre la chasse d'éléphants et l'exportation de leurs défenses et peaux. Lors d'un sommet au Botswana consacré à la protection des éléphants et à la lutte contre leur braconnage, plus de 30 pays africains, dont le Botswana, l'Ouganda et le Gabon, ont signé des pétitions pour demander à la Grande-Bretagne et au reste de l'Union européenne (UE) de «fermer leur marché d'ivoire» afin de permettre aux éléphants africains menacés de disparition de prospérer
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Le président Ian Khama avait alors exhorté les autres puissances à suivre l'exemple de la Chine qui, depuis quelque temps, a interdit strictement la vente d'ivoires et de peau d'éléphant sur son territoire. Mais ce combat pourrait aussi souffrir d'un manque de volonté de la part du reste des dirigeants africains.
«Des responsables européens nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas interdire l'ivoire parce qu'il n'y avait pas assez de responsables africains qui le souhaitaient», a déclaré Bert Wander, responsable des campagnes chez Avaaz, cité par l'AFP. «Le reste du monde tourne le dos au trafic d'ivoire. Pourquoi pas l'Europe ?», s'est-il ensuite interrogé.
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Rappelons que pour l'organisation Avaaz, à l'origine de la pétition, l'Europe, à elle seule, a exporté 1 258 défenses entre 2014 et 2015 (un nombre dépassant les exportations d'ivoire lors des huit années précédentes), devenant ainsi «le plus grand exportateur au monde d'ivoire légal».
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