Climat : l'aggravation du réchauffement aura des conséquences graves sur les populations d'Afrique [Rapport]
Maimouna Dia

Sahara Sahel climat sécheresse
Pixabay
Maimouna Dia

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L'étude de 400 pages du GIEC publiée ce 8 octobre remet en cause les objectifs de l'accord de Paris, jugés peu ambitieux face aux dangers qui guettent l'humanité et différentes espèces sur Terre, dans les prochains siècles. Le rapport porte sur les impacts mondiaux du réchauffement climatique de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les voies d'émission de gaz à effet de serre dans le monde.
L'objectif est de renforcer la réponse mondiale à la menace du changement climatique, du développement durable et des efforts pour éliminer la pauvreté. Résumé à l'intention des décideurs, le texte a été officiellement approuvé lors de la première session conjointe des groupes de travail I, II et III du GIEC et accepté par la 48e session du GIEC, en Incheon en Corée du Sud le 6 octobre.
L'étude précise que les impacts du changement climatique sur le développement durable, l'éradication de la pauvreté et la réduction des inégalités seraient moindre si le réchauffement de la planète était limité à 1,5 °C au lieu de 2 °C. Pour y parvenir, il faut créer des synergies en matière d'atténuation et d'adaptation optimisées tout en maintenant des compromis. «Les options d'adaptation spécifiques aux contextes nationaux, si elles sont soigneusement sélectionnées avec des conditions favorables, auront des retombées positives sur le développement durable et la réduction de la pauvreté avec un réchauffement de la planète de 1,5 °C, bien que des compromis soient possibles», précise le rapport du GIEC.
Les options d'atténuation déployées dans chaque secteur peuvent être associées à des effets positifs potentiels ou effets négatifs avec les objectifs de développement durable (ODD). Cependant, le potentiel réalisé dépendra du portefeuille d'options d'atténuation choisi, de la conception de la politique d'atténuation, et les circonstances et le contexte locaux. Lesquels passeront par une augmentation des investissements d'adaptation et d'atténuation, de l'engagement politique, l'accélération de l'innovation technologique et le changement de comportements. La réduction des hausses de températures passera en partie par le renforcement des capacités d'action des autorités nationales et internationales en faveur du climat, de la société civile, du secteur privé, des peuples autochtones et des communautés locales. Ces derniers sont les mieux placés pour soutenir la mise en œuvre d'actions ambitieuses pour la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C. La coopération internationale peut créer un environnement favorable à la réalisation de cet objectif, sachant qu'elle est un catalyseur essentiel pour les pays en développement et les régions vulnérables.
Le passage de 1,5°C à 2°C va provoquer une forte hausse de la sécheresse qui sévit déjà dans la région du Sahel, caractérisée par un stress hybride permanent. En Afrique, où les populations doivent font face à d'énormes challenges, socio-économiques, le maintien des températures à 1,5 °C produira une nette amélioration, explique le rapport.
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Un point important pour le Continent où les températures avoisinent déjà les 50° notamment dans le Sahel, pendant certaines périodes de l'année. Globalement, si des actions concrètes ne sont pas prises, le Continent à l'image d'autres pays assistera à une dégradation des conditions socio-économiques avec les conséquences habituelles notamment sur l'immigration.
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Aujourd'hui, il faut reconnaître que la voie est mal engagée pour limiter la hausse à 1,5 °C. Si quelques pays notamment en Europe respectent leurs engagements pris à la COP 21, d'autres parmi les plus gros pollueurs comme les Etats-Unis (qui se sont retirés de l'Accord de Paris) en ont décidé autrement. Les analystes s'attendent à un réchauffement de la planète de 3 °C d'ici à la fin du siècle.
Maimouna Dia
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