La nouvelle région Occitanie est née
Cécile Chaigneau
Cécile Chaigneau
Sans qu'il n'y ait aucun rapport entre l'une et l'autre, l'adoption du nom de baptême de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées aura quelque peu été éclipsée par la surprise générée par le vote des ressortissants britanniques pour la sortie du Royaume-Uni de l'Europe... Les deux événements avaient lieu ce même 24 juin.
L'Assemblée plénière de la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées réunissait ce jour-là les conseillers régionaux (155 sur 158) au Parc des Expositions, à Pérols (34). Le premier sujet inscrit à l'ordre du jour était la résolution comportant avis au gouvernement relatif à la fixation du nom définitif de la région.
Pour rappel, le Conseil régional avait lancé une grande consultation citoyenne durant un mois, jusqu'au 10 juin. Parmi les cinq noms proposés (Languedoc, Languedoc-Pyrénées, Occitanie, Occitanie-Pays catalan, Pyrénées-Méditerranée), c'est « Occitanie » qui était arrivé en tête des classements opérés par les participants.
Depuis la fin de cette consultation citoyenne et la préférence affichée pour le nom « Occitanie », les commentaires et désapprobations avaient fleuri de toutes parts, notamment du côté des Catalans qui se sentaient exclus par ce terme. En ardent défenseur de la démarche participative, la présidente de Région Carole Delga devait alors se livrer au délicat exercice d'arbitrer tout en prenant en compte la voix citoyenne exprimée.
Et c'est finalement bien le nom « Occitanie » qui était proposé au vote des conseillers régionaux, la résolution à discuter proposant « au gouvernement que la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées soit dénommée définitivement "Occitanie". Ce nom sera enrichi dans la communication institutionnelle de la Région par une référence permanente aux Pyrénées et à la Méditerranée. Ces termes pourront être, dans certaines occasions, traduits en langues catalane et occitane ».
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L'ajout de Pyrénées et Méditerranée permet notamment de délimiter un territoire occitan qui s'étend normalement au-delà des limites de la nouvelle région, de Bordeaux à l'Italie. Mais aussi de satisfaire un pan de la population, les Catalans, qui se sentent exclus du seul nom d'Occitanie.
La présidente ajoute qu'enrichir Occitanie de ces deux termes, « c'est avoir conscience de ce formidable carrefour de culture ». Les deux noms accolés avaient notamment remporté la préférence du monde économique régional.
En réponse aux inquiétudes et protestations du monde catalan, Carole Delga se veut rassurante.
Le sujet faisait bien entendu l'objet d'un vif débat. Et le ton était donné d'entrée par le président du groupe de l'Union des élus de la droite et du centre (UEDC), Christophe Rivenq.
Stephan Rossignol, conseiller régional UEDC, par ailleurs maire LR de La Grande Motte (34) et président de la Communauté d'agglomération du Pays de l'Or, a surenchéri.
L'élu annonce que son groupe a déposé deux amendements et qu'il saisira le gouvernement pour faire valoir sa proposition de nommer la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Les élus de la droite et du centre ainsi que du Front National déposaient des amendements, tous rejetés par l'assemblée. Sacha Briand (UEDC) réclamait le vote électronique de l'assemblée sur les 5 noms qui avaient été soumis à la consultation citoyenne. Christophe Rivenq formulait la même demande, et exprimait le souhait de « dénommer la région définitivement Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées pour motifs de lisibilité externe et d'économie ».
France Jamet et ensuite Elisabeth Pouchelon (UEDC) demandaient que l'alternance territoriale soit respectée sur la question de la fixation du lieu des assemblées plénières et des commissions permanentes et commissions sectorielles.
Au terme de presque trois heures de débats, la résolution unique était adoptée. Les votes traduisaient le partage des convictions : 85 voix « pour », 60 « contre », 9 abstentions et 1 non votant. C'est le Conseil d'État qui aura le dernier mot, puisqu'il devra valider (ou invalider) ce choix au plus tard le 1er octobre prochain.
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Comme attendu, la résolution fixe donc également Toulouse comme chef-lieu de la région et l'aire urbaine de Montpellier comme lieu d'organisation des assemblées plénières (au parc des expositions de Pérols) et des commissions permanentes (à l'ancien Hôtel de Région Languedoc-Roussillon). Les commissions sectorielles, quant à elles, se tiendront alternativement à Toulouse et Montpellier, ou par vision-conférence.
Cécile Chaigneau