Fusion : pourquoi Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon lancent deux tarifs TER différents

Sophie Arutunian

La dégradation du service TER conduit Martin Malvy à suspendre les paiements de la Région à la SNCF.
Rémi Benoit

Sophie Arutunian

La dégradation du service TER conduit Martin Malvy à suspendre les paiements de la Région à la SNCF.
Rémi Benoit
Après la généralisation du TER à 1 € en janvier, la SNCF et la Région Languedoc-Roussillon prolongent leur expérimentation sur le transport ferroviaire avec un abonnement autorisant un nombre de trajets illimité. L'offre, baptisée "IllimiTER" est ainsi déclinée en deux formules ("illimiTER Pro" à 80 € pour toute personne voyageant fréquemment, et "illimiTER Étude" à 60 € pour les étudiants du secondaire et du supérieur). Selon les estimations de la Région, 6 500 personnes devraient souscrire un de ces abonnements dès la première année de mise en route. Le dispositif coûtera 500 000 euros à la collectivité sur 2015.
Cette nouvelle expérimentation sur les transports ferroviaires, sans équivalent dans d'autres régions, vient se rajouter à la généralisation du TER à 1 €, actée par les deux mêmes partenaires le 5 janvier 2015 (à noter que cette tarification s'applique à environ 5 % des trajets, soit 460 000 trajets en 2015).
Hasard du calendrier, le lendemain (ce mardi 1er septembre), Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, a lui aussi présenté une nouvelle offre tarifaire pour les TER. Il s'agit de l'élargissement des tarifs TikéMouv, créés en 2011. Ce tarif, sans carte ni abonnement, s'adresse essentiellement aux voyageurs occasionnels qui souhaitent bénéficier d'une réduction sans engagement.
Désormais, les tarifs évoluent ainsi : 2,5 euros de 1 à 40 km, de 5 euros de 41 à 80 km, suivi d'un tarif unique de 7,5 euros à partir de 81 km. Tikémouv' concerne environ 20 000 voyages par an et 4 000 nouveaux usagers. L'offre peut être utilisée dans 123 TER de Midi-Pyrénées, chaque jour. Pour rappel, en Midi-Pyrénées existent d'autres abonnements TER : le "Pack illimité" pour les trajets quotidiens, qui permet de bénéficier de 75 % de réduction, le "Pack liberté" (2 à 3 voyages par semaine) avec ses 25 % de réduction et "Multimouv", le carnet de 6 à 10 trajets avec 25 % de réduction sur un parcours défini.
À trois mois de la fusion des deux régions, les présentations simultanées de ces deux offres différentes peuvent surprendre. En effet, dès janvier 2016, la nouvelle assemblée régionale va travailler à l'harmonisation des politiques en matière de transport ferroviaire. Alors que le lancement de ces nouvelles offres peut apparaître comme un manque d'anticipation, Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, explique que ces expérimentations "n'ont rien de contradictoire avec la fusion prochaine des régions" :
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Ainsi, les négociations pour établir une nouvelle convention entre la grande région et la SNCF pouvant durer plusieurs mois, il est probable qu'il n'y ait pas de tarifs des trains unifiés sur les 13 départements avant début 2017.
Une donnée ne vient pas faciliter l'harmonisation des tarifs : la structure de la clientèle, qui est très différente entre les deux régions. En Midi-Pyrénées, elle se compose de 60 % de réguliers et 40 % d'occasionnels. La proportion s'inverse en Languedoc-Roussillon : 40 % de réguliers et 60 % d'occasionnels.
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Pour Midi-Pyrénées comme pour Languedoc-Roussillon, le ferroviaire représente un poste de dépenses important, surtout pour la rénovation des trains, des gares, des rails et des passages à niveau.
En Midi-Pyrénées c'est le deuxième poste de dépenses après la formation avec 250 millions d'euros de budget.
En Languedoc-Roussillon, c'est également le 2e poste de dépenses, à égalité avec l'éducation (la formation est le 1er poste de dépenses). Le ferroviaire représente ainsi 15 % du budget régional en 2015 (194 millions d'euros consacrés au ferroviaire).
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