L'assurance française divisée sur les garanties « catnat »

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Un an après la tempête Xynthia, mutuelles et assureurs s'opposent sur les tarifs de garanties « catnat ».

Il y a un an jour pour jour, l'ouest de la France se réveillait douloureusement après le passage de la terrible tempête Xynthia. Il est maintenant temps pour les assureurs, dont les finances ont été durement affectées par la tempête, de tirer les leçons de la catastrophe. La Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) propose pour cela de modifier les tarifs de primes d'assurances dommages pour les catastrophes naturelles. Elles représentent aujourd'hui 12 % dans les contrats offrant une garantie dommages.

modulation

Les assureurs suggèrent un « zonage, de maille communale, qui tiendrait compte de l'exposition de la commune et de l'existence ou non d'un plan de prévention des risques correspondant au péril approuvé ». Le tarif acquitté pour la garantie catastrophes naturelles serait ainsi modulé en fonction de l'ampleur du risque identifié. Mais « les primes n'évolueront pas de 0 % à 20 % en fonction du risque, les modulations seront plus modérées », explique-t-on à la FFSA. Les assureurs ont envoyé leur proposition aux députés, aux sénateurs et aux pouvoirs publics.

De son côté, le Gema (Groupement des entreprises mutuelles d'assurances) se montre peu « emballé » par la modulation des surprimes selon la situation géographique. « C'est remettre en cause le principe de solidarité nationale à la base du régime de la garantie catastrophes naturelles », estime Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Gema. Pour lui, modifier le seuil de 12 % des surprimes « ouvre une brèche ».

Jean-Luc de Boissieu estime que la modulation peut avoir un effet positif sur la prévention des risques des entreprises. « Mais pour les particuliers, le contrat d'assurance habitation ne coûte que 100 à 150 euros par an. Les gens ne s'apercevront même pas de l'augmentation des tarifs. Ils n'auront pas d'intérêt à prendre en compte l'aspect prévention dans leur habitation. » Autrement dit les assureurs ne feront que récolter plus de cotisations, alors que peu de choses changera au niveau de la prévention des risques pour les particuliers. Mathias Thépot

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