Prêts immobiliers : les assurances emprunteurs au banc d'essai

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Depuis la Loi Lagarde, le souscripteur doit pouvoir choisir son assurance. Surprise, les contrats les plus protecteurs sont parfois les moins chers.

Mine de rien, cette étude risque de faire du bruit dans le petit monde de l'assurance emprunteur, ce contrat souscrit au moment du prêt immobilier. Le cabinet de conseil BAO vient en effet de comparer les garanties proposées par 35 contrats du marché, et de les noter sur 100 (méthodologie disponible sur baofrance.com). Une première qui livre son lot de surprises...

Tous reposent sur un principe : prendre en charge les mensualités de remboursement en cas de décès ou d'invalidité de l'emprunteur. Dans le détail, les écarts peuvent atteindre 40 % dans la notation attribuée par BAO. Normal, puisque, selon son âge et son état de santé, on a plus ou moins intérêt à avoir de solides garanties ? Sauf que, surprise, ce ne sont pas toujours les plus chers qui couvrent le mieux ! « Certains contrats coûtent 30 à 50 % moins cher pour les moins de 40 ans. Et ils sont plus riches en garanties. On ne s'explique pas pourquoi leur part de marché n'a pas explosé », s'étonne Isabelle Delange, associée chez BAO.

Le cabinet a distingué les grandes catégories de contrats, sachant que le banquier propose d'abord le sien mais que, depuis la Loi Lagarde, on peut exiger un contrat « alternatif ». À condition, toutefois, qu'il apporte des garanties au moins équivalentes. Voilà pourquoi les contrats des courtiers (April, Alptis...) et ceux des mutualistes, nouveaux sur le marché, couvrent mieux que ceux de la plupart des banques (voir graphique).

« La Macif, la Maif ou MMA font partie des mieux-disants. Et offrent de bons tarifs, ce qui leur confère un excellent rapport qualité/prix », juge Isabelle Delange. Entre les établissements bancaires aussi les écarts sont gigantesques. Ainsi, le contrat de La Banque Postale est noté 91/100 contre 64/100 pour celui du Crédit Foncier. Et pourtant, il est bien moins cher sur son tarif de base : 0,32 % du montant emprunté contre 0,38 % pour le Crédit Foncier, soit 15 % d'économies.

Les auteurs de l'étude déplorent toutefois un manque global de transparence chez les assureurs. Ils ont souvent dû dénicher des emprunteurs récents pour obtenir les conditions générales de vente, inaccessibles autrement. Et le principe des garanties - forfaitaires ou indemnitaires - était parfois complexe à déterminer, même pour eux. La différence est pourtant de taille : les garanties forfaitaires remboursent la mensualité due alors que les garanties indemnitaires couvrent seulement la perte de revenus, souvent compensée par les dispositifs de prévoyance mis en place par l'employeur.

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