L'assurance-vie traverse une mauvaise passe

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L'assurance-vie sera vraisemblablement en situation de décollecte au mois de septembre, les versements sur les contrats ne compensant plus les rachats.

Depuis huit mois, l'assurance-vie patine. Et le mois de septembre risque d'être particulièrement douloureux. Plusieurs sources concordantes assurent que l'assurance-vie sera en collecte nette négative (ou « décollecte ») en septembre alors que la FFSA s'apprête à publier les statistiques. Ce qui signifie que les versements ne compenseront pas les rachats effectués sur les contrats au mois de septembre. Une situation qui ne s'est pas produite depuis la fin de l'année 2008.

Le mois d'août avait déjà été difficile, avec une accélération des rachats. Les prestations versées par les assureurs à ce titre étaient en augmentation de 16 % par rapport à août 2010 et la collecte nette (cotisations collectées moins sorties) avait donc décroché de 50 %, s'établissant à 0,1 milliard d'euros. Pour autant, la collecte nette sera positive sur l'année et un « insurance run » (liquidation de contrat) n'est pas à l'ordre du jour.

Raisons multiples

Les raisons de cette débâcle sont multiples. « Un grand nombre de contrats d'assurance-vie ont été souscrits il y a plus de trente ans avec l'objectif de constituer un complément de retraite ou de transmission. Nos clients ont tout simplement vieilli et ils utilisent leur épargne comme prévu. Une autre explication est la forte concurrence d'autres placements comme le livret A, les livrets bancaires ou même l'immobilier », explique Nicolas Moreau, directeur général d'Axa France.

Alors que le taux du livret A a été relevé de 2 % à 2,25 % le 1er août, c'est justement ce mois-ci que l'assurance-vie a le plus souffert. Les petits revenus ponctionnent quant à eux leurs contrats pour faire face à des dépenses de consommation courante. Et comme dans toute période de crise, les ménages cherchent aussi à assainir leurs finances : ils remboursent donc leurs mensualités de crédit en puisant sur leur assurance-vie. Autre fait à ne pas négliger : il existe toujours une période d'attentisme dans un contexte d'élections présidentielles, ce qui engendre de moindres versements.

Revenus moindres

La baisse continue des taux de rendement joue également sur l'attractivité de ce placement. Elle devrait se poursuivre en fin d'année pour se situer autour de 3 %. « Les assureurs seront confrontés, pour les deux ans à venir, à des revenus des placements moindres, liés à la baisse des taux d'intérêt et à la chute des plus-values latentes sur actions », confirme une étude de Raymond James. Pour continuer à dégager des marges sur ce produit, et compenser la baisse de rendement des placements financiers et la baisse de la collecte, l'augmentation des frais de gestion sur les nouveaux contrats semble alors inéluctable.

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