Régionales 2021 : en pleine envolée, ce que veut l’écosystème du vélo "made in AURA"
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
"La force de notre région est aussi d'avoir un tissu d'acteurs industriels qui ne sont pas nécessairement fléchés vélo, mais que l'on aurait toute intérêt à orienter dans cette direction", affirme le Cluster MAD. Car parmi ses 10 propositions, figure...
Depuis 2019, l’industrie du vélo en Auvergne Rhône-Alpes à son propre Cluster : MAD, pour Mobilités actives et durables. Depuis, il accélère fortement dans sa stratégie d’unifier l’ensemble de la filière pour composer un vélo « made in AURA ». Une occasion de soumettre aux candidats aux Régionales leurs priorités, alors que le Cluster MAD pourrait bientôt fusionner avec un plus gros joueur, le pôle de Compétitivité dédié à la mobilité, CARA, afin de peser encore davantage.
« L'idée de départ était de rassembler les acteurs d'une filière qui se croisaient plutôt jusqu'alors sur des salons en dehors de la région, ou dans le même espace de travail, comme c'était le cas des deux sociétés fondatrices, AddBike et Doctibike », explique Geoffroy Bing, chargé de développement au Cluster Mobilité Active et Durable (MAD).
À ce jour, ce réseau compte 70 entreprises adhérentes à l'échelle de la région. Et il n'est pas exclu que d'ici septembre prochain, cette branche ne fusionne avec une plus grande : celle du pôle de Compétitivité dédié à la mobilité en Auvergne Rhône-Alpes, le CARA, qui compte elle même 230 membres au sein de bientôt 6 filières dédiées à la mobilité.
En attendant qu'une telle fusion, qui vise à favoriser l'intermodalité et à créer de nouvelles opportunités d'innovation, ne soit approuvée à l'automne prochain par les conseils d'administration, le Cluster MAD avait déjà engagé la marche au niveau régional.
Car la région Auvergne Rhône-Alpes possédait déjà une histoire et surtout des savoir-faire dans le domaine du cycle, avec également, des problématiques communes :
« Nous sommes aujourd'hui sur un marché du vélo qui explose, et qui est composé d'une multitude de petits acteurs qui ont besoin d'appui », explique Geoffroy Bing. Et pour cause : aujourd'hui, près de47 % des entreprises de la filière ont moins de cinq ans et 71 % sont des microentreprises, selon l'étude de l'Agence Auvergne Rhône-Alpes Entreprises, réalisée fin 2020.
Actuellement, ces acteurs partagent par exemple les mêmes enjeux en matière d'approvisionnement, puisque la hausse des cours des matières premières a engendré de fortes augmentations des prix, que la filière anticipe jusqu'à 2023-2024.
« La situation est très délicate notamment pour les jeunes pousses qui n'ont pas beaucoup de trésorerie pour faire face à la hausse du prix de l'acier et des autres métaux », souligne le chef de projet.
Mais selon lui, c'est surtout la logistique et notamment les retards d'approvisionnement qui posent actuellement le plus de problèmes aux jeunes pousses locales : "les délais d'approvisionnement sont passés de 3 mois en temps normal à 18 voire 24 mois actuellement du fait d'une forte croissance de la demande, pas seulement chez nous en Europe, mais aussi en Asie, couplé au contexte Covid qui a mis à mal les usines de fabrication", note Geoffroy Bing.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.