#PLTJE : les jeunes entrepreneurs du Sud Ouest affichent leurs ambitions

 |   |  1049  mots
Voici les cinq lauréats qui viendront représenter les jeunes entrepreneurs d'Aquitaine lors de la finale du PNJE à Paris.
Voici les cinq lauréats qui viendront représenter les jeunes entrepreneurs d'Aquitaine lors de la finale du PNJE à Paris. (Crédits : Reuters)
Les premiers finalistes du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur ont été sélectionnés lundi dernier au Conseil régional d'Aquitaine à Bordeaux. Ils ont impressionné les jurés par l'ambition de leurs projets, et l'excellence de leurs dossiers.

Ils ont moins de 36 ans, et ils œuvrent pour changer le monde. Les 18 jeunes entrepreneurs aquitains réunis au Conseil régional à Bordeaux lundi dernier pour "pitcher" devant le jury du Prix La Tribune du Jeune entrepreneur ont séduit par l'ambition de leurs entreprises. A commencer par Thomas Samuel, le fondateur de Sunna Design âgé de 32 ans. Il a mis au point des systèmes d'éclairage public pour les pays émergents, peu gourmands en énergie et capables de résister aux conditions climatiques tropicales. Il a déposé cinq brevets, dont deux avec le CEA, et fabrique en France. Schneider Electric est vivement intéressé par sa solution, qui a convaincu également plusieurs investisseurs renommés, comme Demeter le fonds de capital investissement européen dédié au green business.

 

Après avoir levé un million d'euros l'an dernier, Thomas Samuel projette déjà une deuxième levée de fonds pour accélérer le développement de sa société, qui a déjà installé ses lampadaires dans douze pays, en Afrique et en Inde. "Perdre la majorité au capital ne me dérange pas, ce qui compte c'est de pouvoir répondre à la demande des pays émergents", souligne le souriant Thomas Samuel, qui représentera les couleurs de l'Aquitaine en finale nationale du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur, dans la catégorie Green Business.


"Nous allons créer jusqu'à 150 emplois" 

Finaliste en Industrie, Arnaud Desrentes prévoit lui aussi de solliciter des investisseurs pour accompagner la croissance de son entreprise, Exoes, dont la technologie permet de réduire la consommation des camions."Nous venons de signer un partenariat avec un équipementier automobile américain de renom. L'industrialisation de notre solution va créer jusqu'à 150 emplois", indique l'entrepreneur de 33 ans.

 

Un collier pour retrouver son animal égaré

Entrepreneur dans le numérique depuis sept ans, le dynamique Matthieu Glayrouse, 31 ans, qui a confondé Octopepper avec Mathieu Cholon, prépare une offensive dans les objets connectés. En complément de son réseau social Yummypets, qui réunit les Européens sur le thème des animaux de compagnie, il souhaite proposer un collier connect pour retrouver un animal égaré. "Nous venons de nouer deux partenariats industriels pour mener à bien ce projet. Nous comptons fédérer un million de membres d'ici à la fin de l'année", assène Matthieu Glayrouse.


Des bijoux solidaires et de l'émotion

Elodie Guillerm, elle, ne compte pas par millions d'utilisateurs, mais par dizaines de bénéficiaires. La fondatrice de la marque de bijoux de mode éthiques Nodova travaille avec douze femmes andines, qui lui fournissent l'ivoire végétal qui compose ses créations, réalisées par une coopérative en Equateur dont elle impulsé la constitution. En trois ans, son activité a permis de financer 105 bourses pour la scolarisation des enfants dans les Andes. De quoi faire la fierté de cette entrepreneur de 27 ans, qui veut "montrer qu'il est possible de gagner sa vie en menant un projet solidaire". La détermination et la conviction de cette femme douce et frêle ont suscité l'émotion du jury, qui a questionné longuement tous les candidats sur leur bilan et leurs projections financières.

Bousculer le monde du e-commerce

Ces questions pointues ont déstabilisé bon nombre des aspirants entrepreneurs, qui concourent dans une catégorie spécifique intitulée Start. Mais Samuel Roy, lui, a su détailler le modèle économique de Pricemetry, l'entreprise qu'il a fondé à Pau en février dernier, embarquant dans l'aventure deux collègues rencontrés alors qu'il travaillait dans un SSII. A 27 ans, il entend bousculer le monde du e-commerce, avec son logiciel qui traque les variations de prix d'un produit chez les e-commerçants.


S'inspirer d'Israël, la nation des startups

Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine, a salué l'audace de ces jeunes entrepreneurs, et a rappelé l'engagement de la Région aux côtés de tous les créateurs d'entreprises:

"Vous pouvez être fier de vous. Et je vous invite à porter haut les couleurs de l'Aquitaine lors de la finale nationale. Vous savez combien il me tient à coeur d'encourager l'innovation et la création d'entreprise dans notre région. Je m'inspire pour cela de ce qui se pratique en Israël, qui est, comme vous le savez, la nation des start-ups"

Le président de la Région Aquitaine avait confié à Fabrice Voisin, directeur du service Petites Entreprises et de l'Economie Solidaire, la mission de porter la voix de la Région lors du jury.

 

"Je sais combien il est difficile d'entreprendre"

Patrick Rivière, directeur du Marché professionnels de Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou, a salué le courage des jeunes entrepreneurs présents. "Mes deux fils ont choisi comme vous d'entreprendre, et je sais combien cela est difficile, même quand on a un père banquier", a-t-il confié. Christophe Guilbault, directeur Grandes Entreprises d'EDF Commerce Sud Ouest, a distillé des conseils aux entrepreneurs candidats actifs dans les industries de l'énergie, après les avoir challengés sur leurs technologies. Patrick Bertoux, directeur Qualité Parcours client d'Orange, s'est concentré sur les technologies et les plateformes de e-commerce des candidats, "en veillant à ne pas être influencé par la forme du discours et l'émotion qui a paralysé certains candidats".

De nouveaux partenaires emballés

 

Ces partenaires historiques du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur ont été rejoint cette année par Bpifrance et AG2R La Mondiale. Georges Carpentier, directeur régional Aquitaine d'AG2R La Mondiale, a souligné l'importance pour l'assureur mutualiste de soutenir les jeunes entreprises sociales et solidaires, et il a apprécié "la fraîcheur et la qualité des candidats". De son côté, Yannick Cambacedes, directeur régional Aquitaine Nord de Bpifrance, a rappelé les actions de son groupe pour identifier et soutenir l'innovation en France, notamment grâce à des dispositifs d'aides financières. Mikaël Lozano, rédacteur en chef d'Objectif Aquitaine, et Thierry Ulmet, directeur Accompagnement de l'Auberge Numérique, ont commenté les dernières actualités des candidats qu'ils connaissaient. Fier des finalistes du Sud Ouest, les jurés leur ont promulgué des conseils et certains ont prévu de se revoir pour un coaching avant le "pitch" national… Voire, pour faire affaire.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :