A 200 ans, la Verrerie de Saint-Just cherche un nouveau souffle dans le luxe
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La Verrerie de Saint-Just est une des deux dernières usines à souffler le verre plat à la bouche.
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La Verrerie de Saint-Just est une des deux dernières usines à souffler le verre plat à la bouche.
Stéphanie Gallo Triouleyre
Cela fait plus de vingt ans que la Verrerie de Saint-Just, à Saint-Just-Saint-Rambert dans la Loire, n’est plus rentable. Sur ces 20 dernières années, son résultat net a oscillé entre -1 million d’euros et - 500.000 euros. En 2024, derniers chiffres publiés, elle a ainsi enregistré un résultat net négatif de 961.000 euros et un EBITDA de - 600.000 euros, pour un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros.
Si l’entreprise d’une trentaine de salariés survit, c’est grâce au groupe Saint-Gobain (46,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025), son actionnaire unique depuis 1961, qui continue, année après année, à alimenter ses fours (à gaz). La verrerie, qui fête cette année ses 200 ans, représente en effet une vitrine pour la maison mère avec un savoir-faire devenu exceptionnel : elle est une des deux dernières usines au monde à maîtriser la technique du verre plat soufflé à la bouche (l’autre est l’entreprise Lamberts en Allemagne). Ici, pour fabriquer un mètre carré de verre soufflé à la bouche, l’action coordonnée de dix métiers est nécessaire : le composeur, le cueilleur, le souffleur, le fendeur etc. Avec des compétences dont l’apprentissage nécessite entre deux et dix ans de pratique.
En soutenant sa petite verrerie ligérienne, labellisée entreprise du patrimoine vivant, Saint-Gobain se pose ainsi en gardien à l’échelle mondiale de ces savoir-faire français, renforçant son leadership dans la filière.
Pour autant, préservation des savoir-faire et développement économique ne sont pas antinomiques. Pour ses 200 ans, la Verrerie de Saint-Just et son actionnaire veulent impulser une nouvelle orientation. À sa clientèle historique des maîtres verriers pour les vitraux (religieux notamment) et des architectes du patrimoine (pour les monuments historiques), la PME bicentenaire veut désormais ajouter celle du luxe.
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