Bretagne : l’agroalimentaire préserve l’économie régionale
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
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Photo d'illustration
Richard Revel/Pixabay
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L'impact économique de la crise sanitaire et du confinement a été moindre en Bretagne. Alors que la crise du Covid-19 rapproche les producteurs et les consommateurs, la Région va sans doute tirer avantage d'être la première région agroalimentaire française (70.000 salariés). Selon un point de conjoncture publié par l'Insee le 7 mai, ce secteur connaît une légère baisse de 5 % depuis le 16 mars et semble « faiblement affecté ». Surtout, son poids dans l'économie contribuerait à limiter le décrochage de l'industrie bretonne. La Bretagne, dont l'activité est historiquement en recul de 31 %, serait ainsi la zone métropolitaine la moins frappée. A titre de comparaison, l'activité économique est en baisse d'un tiers au niveau national par rapport à une situation normale, et de -35 % en Corse.
De même, l'institut de la statistique précise que la Bretagne, qui a aussi été plus épargnée au niveau sanitaire, serait moins pénalisée par le net recul de 44 % des activités scientifiques, services administratifs et de soutien en raison de leur moindre présence sur le territoire.
Ce tableau général est toutefois à pondérer en fonction des départements. Si le recul de l'activité se situe à 29 % en Finistère et à 30 % dans les Côtes d'Armor, il bondit à 33 % en Ille-et-Vilaine enregistre. Dans ce département dominé par l'agglomération rennaise, le poids des activités les plus ralenties que sont les activités scientifiques, les services administratifs et de soutien est beaucoup plus marqué.
Sur le front de l'emploi, l'Insee évalue respectivement à 23 % et 39 % le nombre de salariés et non-salariés exerçant leur emploi « dans un secteur dont l'activité serait réduite d'au moins deux tiers » comme la restauration, l'hébergement, le commerce et la construction. 80 % de ces salariés travaillent dans des établissements de moins de 50 salariés.
Corroborant les chiffres de l'Insee, une enquête menée par la Région et le Comité régional du tourisme détaille que le secteur du tourisme accuse déjà 800 millions d'euros de pertes entre mi-mars et mi-mai. 82 % des entreprises ont recours au chômage partiel et 60 % d'entre elles vont attendre avant de contracter des emplois saisonniers. Ceux-ci concernent d'ordinaire un total annuel de 80.000 personnes. Dans ce contexte, l'office du Tourisme Golfe du Morbihan Vannes Tourisme vient d'annoncer la mise en place pour juin d'un plan de relance économique afin de « sauver l'été et faire durer la saison » d'un secteur qui représente 10 % du PIB de l'agglomération vannetaise. Destiné entre autres à attirer une clientèle de proximité, il va notamment se traduire par la mise en place de trois campagnes médias, nationales et de proximité, et par la mise en ligne d'un site web enrichi.
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