Des Bretonnes plus diplômées, avec des salaires inférieurs d'un quart

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Neuf Bretonnes sur dix travaillent dans le secteur tertiaire selon le recensement Insee de la population en 2017, complété par des exploitations complémentaires de janvier 2020. (Photo by Lieselotte De Bie on Unsplash)
Neuf Bretonnes sur dix travaillent dans le secteur tertiaire selon le recensement Insee de la population en 2017, complété par des exploitations complémentaires de janvier 2020. (Photo by Lieselotte De Bie on Unsplash) (Crédits : Photo by Lieselotte De Bie on Unsplash)
Davantage diplômées que les hommes, les femmes bretonnes occupent moins souvent des postes de cadres. Selon une étude de l’Insee Bretagne, elles sont plus souvent employées à temps partiel ou en CDD et gagnent en moyenne un salaire inférieur d’un quart à celui des hommes. En 2017, dans le secteur privé, cet écart se situait autour de 5.620 € net par an. Neuf femmes sur dix travaillent dans le secteur tertiaire.

Comme à l'échelle nationale, les femmes de la région Bretagne sont davantage diplômées que les hommes. Au niveau du Bac d'abord, où elles affichent un taux de réussite supérieur de trois points à celui de garçons mais aussi dans le post-Bac. Selon une étude de l'Insee Bretagne, publiée lundi, 45% des femmes de 25 à 54 ans sont diplômées de l'enseignement supérieur contre 35% des hommes. Contrairement aux garçons qui choisissent davantage des filières sélectives (IUT, BTS), les femmes de 18 à 24 ans présentent un taux de scolarisation plus élevé parce qu'elles se dirigent plus fréquemment vers des études longues à l'université.

L'écart salarial s'accentue au fil de la carrière

Pourtant, dans la vie professionnelle, elles occupent moins souvent des postes de cadres et des professions intellectuelles supérieures (6% contre 9%). Moins d'un quart des cadres dirigeants des grandes entreprises bretonnes sont des femmes.

Elles sont aussi moins rémunérées. Dans le secteur privé, en 2017, les femmes gagnaient 5.620 euros net de moins par an que les hommes (17.240 euros contre 22.860 euros), chiffre l'Insee. Cet écart s'explique par un salaire horaire net moyen plus faible dès l'entrée sur le marché du travail et qui s'accentue au fil de la carrière pour représenter 23% parmi les salariés de plus de 50 ans.

Le recours au travail partiel pour 30% des femmes (une proportion quatre fois supérieure à celle des hommes) et des secteurs d'activité moins rémunérateurs (enseignement, santé, action sociale) sont aussi des facteurs aggravants. Près de 13 % sont en contrat de travail à durée déterminée comparé à moins de 9% des hommes.

Un tiers des créations d'entreprises à l'actif de femmes

En revanche, un tiers des créations d'entreprises individuelles (hors micro-entreprises) est à mettre à l'actif des femmes, « avec autant de chances de réussite que celles créées par les hommes », précisent les auteurs de l'étude, Agnès Palaric et Jean-Marc Lelardoux. Ces créatrices sont particulièrement présentes dans les secteurs du commerce, de la santé et des services à la personne. De façon générale, près de neuf femmes sur dix travaillent dans le tertiaire. L'Insee calcule ainsi qu'en 2017, sur 635.000 emplois occupés par des femmes, 46 % étaient liés au secteur « administration publique, enseignement, santé et action sociale » et 40% au « commerce, transports et services divers. »

En Bretagne, le taux de chômage des femmes est légèrement inférieur à celui des hommes, à 6,9% contre 7,1%. Toutefois, la proportion de femmes actives de 25 à 54 ans (91 %) s'affiche en deçà de celle des hommes (96 %) et, lorsqu'elles ne sont pas diplômées, seules 59 % exercent un emploi contre 71 % des hommes dans ce cas.

La comparaison avec l'ensemble de la population féminine du pays âgée de 25 à 54 ans montre cependant que « les Bretonnes affichent un taux d'activité et un taux d'emploi des non diplômées supérieurs, de respectivement 3 et 6 points ».

Des femmes plus souvent seules

En Bretagne comme ailleurs, les inégalités hommes-femmes sur le marché du travail « vont de pair avec des écarts de situation familiale et de mode de cohabitation », analyse l'Insee.

Les jeunes femmes quittent le domicile parental plus tôt et accèdent à la parentalité plus rapidement, en moyenne à 30 ans et demi contre près de 33 ans pour les hommes.

Plus de 10 % sont aussi à la tête d'une famille monoparentale, comparé à moins de 3 % des hommes. Disposant en général de revenus moindres, ces femmes en situation de monoparentalité sont beaucoup moins souvent propriétaires de leur logement (33 %) que les hommes dans la même situation (53 %). L'espérance de vie plus élevée des femmes induit aussi qu'elles vivent plus souvent seules (22 %) que les hommes (17 %).

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Commentaires
a écrit le 09/03/2021 à 18:56 :
La Bretagne a été traitée comme une colonie avec interdiction de pratiquer sa langue; mais n'en a-t-il pas toujours ainsi dans la création du Royaume de France (et de Navarre)?
Réponse de le 10/03/2021 à 6:15 :
Les bretons ont toujours été discriminés. Même le Covid ne supporte pas le breton... ;)
Réponse de le 10/03/2021 à 9:28 :
@ Pafo,
la limite de ce que nous avons subi en tant que Bretons, dépasse tout ce qu'on imagine maintenant, ça vient d'archives militaires, au 3 grandes guerres, il a été tué 2 Bretons pour un Parisien.
le mot des généraux, les Vendéens et les Bretons devant, la réalité.
Réponse de le 10/03/2021 à 10:04 :
Tient il a longtemps que l'on avait pas entendu ou lu de la victimisation ??? L' air du temps certainement. Moi je n'ai pas eu de caviar avec mon pain.
a écrit le 09/03/2021 à 17:32 :
'Des Bretonnes plus diplômées, avec des salaires inférieurs d'un quart'

La-bas c'est plutôt le quatre-quarts
a écrit le 09/03/2021 à 14:02 :
Ben oui, comment inciter les Bretonnes à choisir des formations donnant sur des emplois réels et passionnants?
Je suis passé quelquefois à Rennes beaulieu, un des pôles français avec Grenoble Nice en informatique du plus haut niveau, il y avait très peu de nanas.
Ou je travaillais à Vitré comme technicien supérieur, je me suis trouvé avoir sous mes ordres comme ouvrières spécialisées des jeunes filles avec licences et Dut, franchement gênant pour moi avec mon niveau bac+2.
C'était une place en fixe plutôt bien payé, ça leur convenait sans doute, ça me faisait de la peine quand même.
Réponse de le 09/03/2021 à 14:35 :
On ne doit pas être payé en fonction de son diplôme, mais en fonction de la richesse qu'on produit. J'ai gagné en tant que technicien plus d'argent que certains ingénieurs, mais c'était largement mérité au regard de ma productivité. C'est une très mauvaise mentalité française que la rémunération soit en fonction du diplôme, sachant que seule une certaine caste de la population a aujourd'hui les moyens de poursuivre des études longues. Si on prend l'exemple des nouvelles technologies, elles ont été développées majoritairement par des jeunes qui n'avaient pas fini leurs études. Certains n'ont même obtenu que des titres honorifiques.
Réponse de le 10/03/2021 à 9:17 :
Le souci n'a rien avoir avec le sexe, allez faire un entretient et proposez de travailler pour moins cher que l'autre candidat avec CV comparable, vous décrocherez le poste... L’entreprise en vous embauchant aura peut être fait une erreur de casting (ou pas) mais comme elle connaît pas comment les deux candidats travaillent elle a pas le choix et prend le moins cher. Vous agissez de la même façon naturellement en allant faire vos courses...

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