Trois mois après la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), l’enthousiasme suscité par l’annonce d’un appel d’offres hydrolien de 250 mégawatts retombe. Car, derrière ce signal politique fort, l’absence d’un arrêté tarifaire bloque les projets pilotes, indispensables à l’industrialisation.
L’inscription d’un appel d’offres hydrolien de 250 mégawatts dans la PPE3, publiée en février dernier, a été saluée comme un tournant pour cette technologie fondée sur l’exploitation des courants marins.
Dans un courrier adressé au Premier ministre le 20 mai dernier, la députée Anna Pic évoque « un signal fort et attendu par l’ensemble des acteurs du secteur », soulignant les atouts de la filière : production prévisible, souveraineté énergétique et retombées locales. Mais cette impulsion reste incomplète sans concrétisation.
Avant tout déploiement à grande échelle, la filière doit passer par des fermes pilotes. Deux projets sont prêts : FloWatt (17 mégawatts) développé par Hydroquest et NH1 (12 mégawatts). Tous deux disposent des autorisations et d’une large part de leurs financements. FloWatt bénéficie notamment de75 millions d’euros d’aides publiques, dont 25 millions de subventions et 50 millions d’avances remboursables, complétés par 20 millions d’euros de financements européens.
Ces projets doivent tester les technologies et valider leur viabilité économique. « Ils permettent de dérisquer les systèmes », rappelle Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables, lors d’un échange avec La Tribune. Sans cette étape, aucun appel d’offres commercial crédible n’est possible.
Un verrou réglementaire déterminant
Or, ces projets sont aujourd’hui à l’arrêt. En cause : l’absence d’arrêté tarifaire fixant le prix de rachat de l’électricité. Ce mécanisme est indispensable pour sécuriser les revenus et obtenir des financements. « Sans cet arrêté, on ne peut pas faire le closing financier du projet […] et donc on ne peut pas commencer la construction », souligne Guillaume Gréau, directeur du développement d'Hydroquest. « Pour que la banque signe, il faut qu’elle soit sûre que le prix de l’électricité est garanti. »
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